‹ Histoire de Philippe-AugusteChapitre 132 sur 248 · ÔO CIMETIÈRES ET HALLES · texte numérisé non relu

ÔO CIMETIÈRES ET HALLES

lés rois de France étaient tous descendus de cette lignée 1 .»

Le cimetière des innocens fiit environné def murs , cette même année : « Gil cimetière solait être une granz et large commune à toutes getïS , et on y vendait communément toutes manières de marchandises ; et cependant cette place y estait où les borgeois de Paris enterraient leurs morts. Maïs parce que li morte ne pouvaient estre honestement pour l'abondance d'iceux qui là descendaient, et par le» ordures de fanges et de boues , lors commanda li roi que cil cimetière fiit fermé de murs de bonnes pierres , forts et hauts , et que portes y (tissent mises, qui .cl ô tissent la nuit, pour que bête ni.gens ne pussent y faire aucune ordure*. »

Des halles furent aussi construites parles ordres du roi : « Fit faire li jeune prince , une grande halle , en une place qui est appelée Champïaus, ou ïi marchands pussent être, quand il pleuvait, clotre la fit et bien fermer

i Cette lignée des rois francs est une de ces fables vaniteuses , adoptées parles légendes, sous la première race. — a Chroni?de Saint-Denis , 1 183.

BOIS DE VINCEKNB. 2Ôl

pour que les marchandises qui demeuraient là pendant la nuit , pussent être gardées ; par dehors fit faire bauge et estiaus , les fit bien couvrir pour que 4 s'il plovaît, ce ne fût pas pour les débitai»* »

Lorsqu'une société est encore dans le chaos, et que des forces diverses luttent entre elles sans que des lois générales , des institutions protectrices* embrassent et défendent lesmtëréts commuas, leacorporations privilégiées ontdes avantages. U faut bien que des associations puissent s'opposer à des prétentions hostiles. Tel était le moyen âge : commune», commerce, sciences, arts, tottt se Causait par l'esprit d'association. C'était autant depetitessociététf qut s'opposaient à celte autoritéeUe-naètne morcelée des barons, des châtelains , en un mot à kt féodalité avec ses privilèges et sa puissance. Les corporations marchandes fixèrent pafeticuKèremeirt Fattention décrois de la seconde race; ils lès envisageaient sous deux napports, ou comme matière facile. à impôt,, ou comme moyen de procurer le luxe nécessaire ara cartels* et à F église \ Quelques rég*emeiw de police mtmicipalésur

i Le savant abbé, de Campa a réuni dam ton pftéciérii tfartQlaire toutes lès Chartres, diplômes relatifs aux corporations marchandes , soûs le r^gne de Philippe- Augas te <

?6a PRIVILEGE DES BOUCHERS.

les corporations de métiers signalèrent les premières années du règne de Philippe-Auguste.

«Nos bouchers de Paris sont venus en notre présence, nous demandant de les maintenir dans leurs anciennes coutumes , comme notre père et notre aïeul les avaient eux-mêmes maintenus. Surleursprières,etparlesconseilsdeceuxquise trouvaient avec nous, nous leur avons accordé ce qu'ils demandaient. » Voici les coutumes : a Les bouchers de Paris peuvent vendre et acheter des bêtes vivantes et mortes, et tout ce qui regarde leur profession , avec une entière liberté , et sans être soumis à aucun droit de quelque côté que ces choses viennent. Ils peuvent également vendre et acheter des poissons de mer et des poissons d'eau douce \ Personne ne peut être boucher à Paris, sans la permission des maîtres au fait de boucherie ; tous ceux qui exercent cette profession nous donneront d'abord 1 2 deniers ; puis 1 5 deniers à l'octave de Pâques , & celui à qui nous concéderons ce bénéfice. Tous les dimanches .

lorsqu'ils auront dépecé un bœuf ou un porc , ils porteront une obole à notre prévôt , et de plus , chaque année , ils nous doivent une me-

1 Les bouchers ont eu long-tems le privilège de \ endre du poisson.

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