‹ Histoire de Philippe-AugusteChapitre 142 sur 248 · CAUSES DE GUERRE AVEC LES ANGLAIS · texte numérisé non relu

CAUSES DE GUERRE AVEC LES ANGLAIS

lippe. Les conseils et les représentations étaient inutiles; le roi anglais avait' même renfermé dans la tour de Witsand sa femme Éléonore, jalouse d'une jeune rivale qui absorbait les affections de l'héritier des Plantagenets.

L'affront fait à la couronne de France était trop grave pour que Philippe-Auguste ne cherchât point à le venger. La puissance redoutable d'un vassal , possesseur de la moitié du territoire de la monarchie , et les troubles delà minorité l'avaient seuls empêché de donner un libre cours à ses ressentimens; mais de nouvelles causes de division ayant éclaté , les deux rois se précipitèrent dans la lice avec une incroyable fureur. Voici quels furent les motif» apparens de cette guerre '.

Henri, fils aîné du roi d'Angleterre, associé à la couronne , s'était uni à Marguerite de France, autre sœur de Philippe -Auguste.

Marguerite avait reçu comme dot le territoire de Gisors et du Vexin. Prince ambitieux et turbulent , Henri avait fatigué la vieillesse de

i Robert du Mont, ad ann. ii83, p. 67$ , Chroniq. du prieur de -VigBois, p. 1 , eap. 19, et de Roger de Hovedeo, Annal, angl., p. 631 , Rigord* gesl. de Philipp »Ang«, Dnchera. , t. V,p. n.

DOUAIRE DE MARGUERITE DE FRANGE. Cfji

son père par «es révoltes; il venait d'expirer i

Château -Martel, dans la vicomte de Limoges

et le troubadour Bertrand de Born avait dit

* J'ai perdu le sens le jour que le vaillant fil

» du roi d'Angleterre est mort. » H ne restai

pas d'enfans de ce mariage, ce qui constituai

le retour à la couronne des terres données e:

dot à Marguerite , et la jouissance d'un douaire

toujours accordé à la veuve des barons, par 1

législation féodale. Cependant la princesse s'c

tait vainement adressée au vieux Henri qui

au lieu de lui répondre , plaça un corps nom

breux d'hommes d'armes et de Brabançona

dans les châteaux fortifiés du Vexin comme dar

les villes de son domaine. Marguerite eut d's

bord recours au pape , à cette juridiction spir

tuelle, qui connaissait alors de toutes les caus<

relatives aux veuves et aux êtres faibles. Le poi

tife écrivit à l'injuste détenteur : « Le paj

Luce au roi des Anglais: O mon fils, songe

Fétat de notre très-chère fille la reine Margu

rite , rends - lui tout ce qui lui a été prom

comme dot et donation , afin de n'avoir pas

i En perdi lo seo, el saber et la corniaissensa. Raynouard, t. p. 87. —

276 GARDE FÉO^À^E d'aRTHU8 Bfi BRETAGNE.

ctaindre la terrible justice de celui qui protège la veuve et les orphelins \ » Cette prière fut inutile ; le roi anglais ne voulut point rendre La dot territoriale , il maintint ses garnisons dans toutes les villes fortifiée! du Yexin, et se contenta de lui payer une rente pécuniaire de 750 liv. par an ♦ franche et quitte de toute charge et risques de transport \ Philippe- Auguste ne pouvait se contenter d'une (die satisfaction; ses droits lui paraissaient envahi* tant que les gonfanops des chevaliers anglais se déploieraient sur les hautes tours de Gisors.

Un autre objet de discussion était survenu dans cps circonstances. Geoffroi * troisième fils de Henri , ayait épousé Constance , héritière du duché de Bretagne* Ge jeune prince, foulé aux pieds des chevaux, avait succombé, comme ou Ta vu * d^ns le tumulte d'un tournois : il ne laissait qu'une jeune fille; mais Constance était enceinte. Trois mois après, elle accoucha d'un fils qu'attendait une destinée bien malheureuse; il reçut le nom d'Àrt/hus des barons et des chevalier* bretons ,

1 h roniq. de Raoul de Dicet , p. 624.

2 Cette somme représente à peu près 7,500 francs. Roger de Hoveden. Annal, angl., p. 622.

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