‹ Histoire de Philippe-AugusteChapitre 144 sur 248 · S80 ARRIVÉE DES ANGLAIS · texte numérisé non relu

S80 ARRIVÉE DES ANGLAIS

Eour son salut et pour sa patrie. L'un est *appé à la tête d'une lance ou d'une massue* à l'autre une hache à deux tranchans fait jaillir la cervelle loin de la tête; mais, ni l'épée, ni la lance ne produisent aucun résultat décisif; les jeunes gens du dehors et ceux de l'intérieur sont animés d'une égale fureur ; rien ne peut les arrêter lorsqu'ils s'élancent pour accomplir leurs destinées *. »

La résistance de Châteauroux , permit au roi anglais et à Richard son fils , de réunir leurs chevaliers et d'arriver autour de la place assiégée. On vit briller de loin plus de millelancesentremêlées de bannières où paraissaient brodées en relief les armes des barons de Normandie et d^ Aquitaine Aussitôt des trompettes sonnent , et les messagers de Henri viennent dans le camp du suzerain, porteurs de chartes conçues en ces termes: « Abandonne-nous notre patrimoine, et retire-toi promptement avec les Français sur les terres qui sont ta propriété* Crains notre valeur en la guerre; point de milieu , il faut absolument combattre ou se retirer. Que les coureurs, les valets de l'armée

\ Philipeid. de Guillaume le Breton , chaut x.

LES CHEVALIERS EN PRÉSENCE. a8l

et les torches incendiaires , soient écartés. Un seul jour doit mettre un terme à ces longues querelles; la fortune et nos bras décideront enfin du juste et de l'injuste 1 . »

Le roi de France répondit : « Que mon Tassai me fasse justice pour la dot de Marguerite; qu'il me restitue donc Gisors et le Vexin; quant à Richard , qu'il fasse son devoir en épousant ma sœur Alix ; je prétends aussi recevoir son hommage de l'Aquitaine, Si l'on ne veut pas ces conditions , j'accepte la bataille , et les lances se croiseront plus d'une fois. » Les messagers retournèrent vers le roi des Anglais , et dans les deux camps on se disposa à la bataille.

« Philippe range ses soldats en ordre régulier, afin que chaque troupe de lances soit placée sous les ordres de son chef et sous sa bannière. Les barons peuvent ainsi compter facilement leurs feudataires et leurs vassaux. L'armée des Anglais sort aussi de ses tentes et se place sous les ordres des comtes de Eeicester et Chiçester. On n'entendait aucune voix ; aucun cri ne troublait le recueillement militaire des guerriers d'Angleterre et de France* Tous

i Philipeul. de Guillaume le- Breton, chant 2

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