TRISTE SITUATION DE LA PALESTINE
qui ne comptât parmi les princes , les seigneurs ou les .ordres de là Palestine, un parent, un ami , un frère d'armes , compagnon de ses trayaux. Sorte de colonie pour F Europe chevaleresque, le royaunke de Jérusalem et la principauté d'Antioche, offraient alors des ressources à tous les courages aventureux. Un pèlerinage à la terre sainte , était une sorte d'épopée nécessaire dans la vie toute romanesque d'un chevalier , et la gloire n'était point entière si Ton n'avait rompit une lance contre un émir de Saladin. Des idées d'ambition se mêlaient à pet enthousiasme. Le pauvre feudataire , les cadets des races , y gagnaient à coups d'épée des fiefs considérables, des cites entières, des comtés , des baronaies ; et la tille qui n'avait souvent pour tout héritage dans les fiefs paternels qu'un capel de ro$e, trouvait de riches états en Orient. Cesliens intimes , ces seiitimefts puissant, faisaient des malheurs des chrétiens dans la Palestine , une sorte de catastrophe commune que ressentait toute l'Europe féodale.
Aussi la ruine du royaume de Jérusalem , la bataille die Tibériade où tant de seigtoeufs et de vaillans baroijs étaient {tombés spus le
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glaive musulman , avaient porté le deuil dans toute la chrétienté. Les nobles jeux des tournois n'exerçaient plus le courage des vaillans châtelains; la vielle des ménestrels ne faisait plus entendre que les malheurs de la ville sainte. « Seigneurs chevaliers, par nos péchés la puissance des Sarrazins s'est accrue ; Saladin a pris Jérusalem , et Ton ne Fa pas encore recouvrée ; laissons-là nos héritages , allons contre ces chiens de renégats pour ne pas encourir la damnation. Barons français et allemands, et vous chevaliers anglais, bretons, angevins, béarnais, gascons et provençaux, soyez sûrs qu'avec nos épées nous trancherons la tête à ces misérables. Ces chiens seront mis à mort , et Dieu sera honoré et sanctifié dans les lieux où Mahomet est servi '. » Parmi les troubadours qui chantèrent à cette époque les malheurs de Jérusalem , l'histoire a conservé le nom de Pons de Capduel, riche baron du Puy : long temps l'ami d' A zalaïs, fils du seigneur d' Anduse , la mort , l'impitoyable mort l'avait arraché de ses bras ; il parcourut alors les châteaux et les manoirs , faisant enten-
i Le troubadour Geoffroi Rudel. Raynouard,t v.