H PHILIPPE DEMANDE SON CONGÉ DE DÉPART
de Leicester, le comte du Pertuis , le comte de Ponthieu et de Sancerre , le vicomte de Tu-* rame , Josselin de Montmorency , Guy de La Rochefoucauld , de Chatillon , Jean, comte de Vendôme, surnommé le veneur du sanglier, et un grand nombre de preux chevaliers de France, d'Angleterre et d'Allemagne 1 . Le 22 juillet, Richard était à jouer aux échecs avec le comte de Glocester. Autour de la table , et les yeux fixés sur de riches écharpes qu'elles brodaient de leurs mains , se trouvaient la jeune Isabelle de Navarre , Jeanne de Sicile, et la princesse de Chypres , que Richard regardait de temps en temps avec un œil amoureux. Tout à coup la porte s'ouvre, ètundesservansd'armesannonce que Robert , évêque de Beauvais f Hugues , duc de Bourgogne, etDrogon, d'Amiens, désirent .communiquer un message au nom du roi de France. On les fait introduire , et les trois envoyés f sans ouvrir la bouche , versent d'abondantes larmes. « Ne pleurez pas , leur dit Richard , je sais ce que vous allez me demander : votre sire veut revoir sa patrie , et vous venez de sa part m'en demander le congé et la
2 Benoît Pcterborough , ad aao. 1191-
INSOLENTE RÉPONSE DB RICHARD. I\l5
permission. — Seigneur , tu sais tout ; nous venons en effet pour obtenir la permission du départ ; car le roi dit que s'il ne l'obtient , il va mourir. Hugues , s'écria Richard , déshonneur éternel pour Philippe et son royaume s'il quitte cette terre sans achever l'ouvrage 1 . Il doit mourir , ajouta-t-il avec un sourire moqueur , parce qu'il ne voit plus sa belle cour de Paris ! Qu'il parte , et qu'il fasse ce qui lui conviendra. »
Cependant le bruit se répandit dans le camp que le roi de France allait s'embarquer pour la voie d'occident ; la plupart des barons et des chevaliers vinrent le voit sous sa tente royale , • pour le détourner d'un tel conseil ; ils lui rappelèrent le dévouement et la piété de ses prédécesseurs. Philippe s'écria : Eh bien ! alors que Richard me donne la moitié de l'île de Chypres ; elle m'appartient selon notre traité. Il n'aura pas ce qu'il demande , dit l'Anglais , à qui on porta cette réponse : il peut partir * .
i Dedecus est et opprobrium sempiternum illi et regno Francise . si imperfecto negotio pro quo venit recesserit ( Benoît Pcterborough, p. 5a5 , t. XVII , de la grande collection des historiens , de D. Brial. )
a Benoît Peterborough , ibid.