TRA\ERSÉE POUR LA FRANCE
pagnons, revêtus de l'habit des pèlerins, <
rent dans la petite Arménie ; ils travers
le fleuve Salef , où l'empereur Frédéric
trouvé la mort. En avançant dans ces tl:
,ies pèlerins ne manquèrent pas d'honoi
lieu d'où, selon la tradition , les trois n
Gaspard, Melchior et Balthasards étaient
pour adorer Jésus enfant ; ils passèrent ei
le Scalandre , qui séparait l'Arménie de
pire de Constantinople. Un château où il
le gonfànon des Césars , et qui portait 1 :
d' Antiochette , leur servit de retraite p<
huit jours; ils furent accueillis avec joii
le seigneur , du nom de Constantin ,
amusèrent beaucoup avec les dames grci
Philippe reçut chevalier le fils du seigne
telain ' ; il vint ensuite à la nouvelle $ i
cité protégée par lamubificence des emp :
Les serviteurs du roi détruisirent quatre ;
remplies de pirates qui fuirent dans les : i
gnes. Après un pénible voyage , la troi
pèlerins entra dans les fertiles terre
Romanie ; arrivé sur les rivages de la m<
i Benoît Peterborough , ibid.
43o ARRIVÉE A ROMB.
que , on loua des navires à des Génois , et leur petite flotte promptement armée vogua vers l'île de Rhodes. Tout cet archipel était alors rempli dé robeurs mariniers ; le roi le traversa avec bonheur f N et vint débarquer à Corfou , d'où il annonça à Tancrède de Sicile la nouvelle de son arrivée , lui demandant lapermission de passer par ses domaines avec ses compagnons; quinze jours après , la licence arriva; six vaisseaux à une seule voile transportèrent les pèlerins sur le rivage de la Pouille. Des confins de l'Italie jusqu'à Rome , le voyage fat heureux ; le pape Célestin reçut le roi et ses barons avec bonté , "leur fournissant toat ce qui était nécessaire, et par amour pour Dieu* il leur concéda les honneurs du pèlerinage , est les dispensant de l'accomplir; tous reçurent la palme , selon l'usage , et la croix lut suspendue à leur cou, comme aux pèlerins qui avaient baisé le saint tombeau et touché les palmiers à Jéricho ; Célestin ne leur cacha aucun des pieux trésors de Rome chrétienne , le bras des apôtres Pierre et Paul, et la sainte véronique, c'est-à-dire le morceau de linge qui, appliqué sur la face sanglante du Christ , par