‹ Histoire de Philippe-AugusteChapitre 242 sur 248 · tome · texte numérisé non relu

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ronage , de cette rie des châteaux , qu'on retrouve dans tous les monumens du moyen âge ; beaucoup d'amour et de respect pour les dames , quelques principes d'une grossière dévotion, Fart de donner de grands coups d'épée , telle était l'éducation du varlet accompli , telle fut celle aussi que reçut Philippe- Auguste. On l'a vu, presque au sortir de l'enfance, associé à la couronne; depuis l'avènement de la race des Capets, les droits de l'hérédité étaient encore trop mal affermis pour que les princes ne cherchassent point à éviter les violentes secousses de la succession royale; une sorte d'élection de l'héritier présomptif, sous l'influence du suzerain , liait d'avance les suffrages, et ne laissait plus d'interruption entre les règnes.

Philippe- Auguste, associé à la couronne, fat presque aussitôt appelé à régner, par la mort de Louis VU. Enhardis par l'inexpérience et la jeunesse du suzerain , les grands vassaux veulent violemment briser les liens de la féodalité. Parmi eux, les comtes de Flandres et de Champagne se disputent la tutelle et l'autorité; des ligues, des combats signalent

cette époque; mais ces mouvemens ch< resques n'ont rien de national, ce son ambitions isolées > et sans intelligence s'éteignent sans résultats ; aussi la paix s elle bientôt entre le suzerain et les vassau comtes de Flandres, de Champagne, le à Bourgogne rentrent dans l'obéissance fé

C'est à ce commencement du règne du Philippe que nous voyons se renouve brillant spectacle des cours plénières , baronage de France venait prêter sera* féauté au suzerain; la hiérarchie enco certain des rangs et des dignités de h ronne commence à s'y régulariser ; ch de ces hautes fonctions a son origine d< service de corps auprès du roi ; la p* brille de son éclat naissant. C'est da grands parlemens de chevalerie que le lu dal étalait sa grossière prodigalité. La s gaie des ménestrels excitait le rire des et des barons , tandis que la chasse , le les tournois occupaient tour à tour la lante activité des chevalier*.

On voit aussi germer à cette époqu ques principes d'administration générale

règle dans son parlement les libertés de plusieurs communes , les droits respectifs de l'Eglise et de ses barons ; un ordre 9 quoique imparfait* s'établit dans les revenus de la couronne; ils se multiplient par des exactions contre les communes et les juifs; toutefois cette administration n'a rien encore de régulier , et les historiens qui ont voulu trouver à cette époque un ensemble monarchique, un système complet de gouvernement, ont confondu les époques.

La lice des combats s'ouvre sur une plus vaste échelle ; ce n'est plus une lutte de vassaux, cherchant à conquérir leur indépendance contre un jeune suzerain, c'est la rivalité de la France et de l'Angleterre , qui se montre avec énergie ; alors nous avons le spectacle, au milieu d'un siècle que l'on nous vante encore pour sa loyauté , des trahisons , et des complots des fils de Henri contre leur père ; la guerre v cinq fois suspendue par les tristes nouvelles arrivées de Jérusalem et la prédication de la croisade , se réveille autant de fois , jusqu'à la mort du roi d'Angleterre. Ce prince , qui , pendant sa vie , ne

connut jamais d'obstacle à ^'exercice de son pouvoir violent, est abandonné, à peine art-il cessé d'exister, et son cadavre reste nu sous la garde d'un jeune page qui le couvre de son manteau. La pensée d'un pèlerinage à Jérusalem absorbe toutes les volontés du nouveau roi d'Angleterre , Richard I er , et de Philippe de France ; on se prépare au voyage d'outre-mer ; une série de traités , d'actes publics, signalent les royales intentions, règlent la police des armées et l'administration du royaume. Durant le pèlerinage , des querelles ne cessent de diviser les monarques rivaux de puissance et de gloire. Il y a dans ce passage en Palestine quelque chose qui tient tout à la fois du désintéressement chevaleresque et de la cupidité perfide , inexplicable et triste mélange qu'on ne rencontre que trop souvent à l'époque dont nous écrivons l'histoire !

Les caractères de Philippe et de Richard commencent à se dessiner plus fortement ; dès-lors le récit va s'empreindre d'une couleur plus dramatique , et de cette unité qu'il n'a pu conserver au milieu de ce chaos, où les événemens

se pressent et se confondent. Nous allons avoir à raconter la captivité du roi d'Angleterre , les conquêtes de Philippe- Auguste , son divorce 9 les querelles avec le souverain pontife; le sujet, comme on le voit, s'agrandit beaucoup pour la période , qu'embrasse le volume suivant.

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