SACBB DU ROI A REIMS
pôle , Tinrent processionnellement au devant de lui ; le jeune roi descendit de cheval, se prosterna en présence de l'archevêque» et se joignit au nombreux cortège qui était venu le recevoir; le soir même , les hommes d'armes au blason de France prirent possession de l'église, selon l'usage, et la gardèrent conjointement avec ceux de la métropole. Le roi n'entra point dans l'enceinte sacrée; il vint habiter le manoir de l'archevêque en vertu du droit de giste l , toujours dû au patron des églises par les évéques et les abbés *.
Le lendemain, dès que matines furent sonnées, les hommes d'armes avec leurs masses et leurs arbalètes, se placèrent au devant du monastère , et bientôt le chant des chanoines et des clercs se mêla au bruit des cloches; ce jour-là les serf» n'allèrent point à leurs travaux. Les bourgeois, selon leur charte municipale, se réunirent en armes, afin d'empêcher que les hommes du roi n'attentassent k leurs privilèges \
1 Hébergement. — » MSS. de l'abbé de Camps (Camille de Philippe- Auguste). Dutillet, recueil des Rois, p. 187. Cérémonial-dé France , V 1 » p. 1 et «uiv. —3 MSS, déjfccité.
SACfiB DU ROI k REIMS. s 97
Avant l'aspersion de l'eau bénite, le roi sortit du manoir de l'archevêque accompagné "d'une multitude de prélats et de barons; les premiers en cbappes et eu mitres, les autres, vêtus de tuniques ou dalmatiques de toile d'argent à grand feuillage rouge , et sur le tout le grand manteau d'escarlate doublé d'Hermine; les ducs portaient sur leur chef la couronne d'or à fleurons , et les comtés seulement le cercle à boutons ^maillés de blanc en façon de perle , marque de leur dignité respective.
On vit dans ce cortège royal, Henri II, roi d'Angleterre, qui comme duc de Normandie, élevait sur ses mains la couronne destinée au jeune Philippe, un de ses devoirs féodaux. Le comte de Flandre tenait Ia bonne joyeuse vieille épée de Charlemagne, aussi pour le service de son fief. Le duc de Bourgogne portait les éperons. Chacun des barons et des prélats remplissait aussi un office à raison de sa tenure et des services auxquels il était obligé envers le suzerain*. Des héros d'armes devançaient le roi criant d'une voix forte : « que ceux des baron» qui ont été convoqués et ne se sont point rendus
. i Rigord Gest dé Philippe- Aug., ad ann. 1179.