XVJ LETTRE A M. DE BAR AN TE
vie d'un peuple a été l'objet de ces pénétrantes recherches.
L'école descriptive a produit, comme déjà je l'ai dit, Y histoire des Ducs de Bourgogne ; c'est la vivante et naïve peinture des époques les plus animées du moyen âge, c'est la chronique reproduite et dépouillée avec goût de toutes ses longueurs ; on assiste , pour ainsi dire , à ces grandes scènes de chevalerie , à ces magnifiques coy.rs des Ducs de Bourgogne, aux essais d'une politique imparfaite et encore dans l'enfance. Le malheureux Charles VI nous apparaît avec ses infortunes , ses faiblesses et sa folie; Charles VII , Agnès Sorel , Jeanne d'Arc avec leurs poétiques aventures ; Louis XI avec ses grandes idées , son égoïste caractère et ses finesses, déçues j c'est comme une suite de tableaux, tou-
SUR L'HISTOIRE DE FRANCE. XVlj
jours pleins, toujours complets, des plus dramatiques époques.
Cette forme de chronique a , ce nous semble, le double avantage d'intéresser le lecteur par un récit toujours animé , et de l'instruire par les descriptions ellesmêmes. Une coutume paraît plus en relief, lorsqu'on la fait ressortir par une scène de la vie publique et privée , au lieu de la rapporter morte et sèche, comme une disposition d'un code. Ainsi le récit de la chronique n'exclut pas les savantes recherches sur les lois et la législation; le règne de Louis XI, M. le baron , en est la preuve dans votre beau travail des Ducs de Bourgogne.
M. Thierry a cherché à opérer la fusion de l'école purement rationnelle et de l'école exclusivement descriptive ; sa conquête de l'Angleterre par les Normands i. b