‹ Histoire de Philippe-AugusteChapitre 84 sur 248 · LE CONNÉTABLE · texte numérisé non relu

LE CONNÉTABLE

Après le service de la table affecté au bouteillier, venait celui des écuries, auxquelles le connétable ( cornes stabuli ) présidait. Souvent il avait sous ses ordres toute l'ost et la chevauchée du roi . Lorsque Louis VII partit pour la Guyenne afin de conclure son mariage avec Àliénor, il fit inviter et semondre jusqu'à sept cents chevaliers les meilleurs , et fit d'eux seigneur et connétable , le noble comte Thibaut de Champagne , son cousin . La charge de connétable n'était point uniquement confiée àam seul vassal : lorsque le suzerain marchait àla tête de ses barons, l'armée se divisait quelquefois en plusieurs corps , chacun desquels avait un seigneur et connétable.

Dix mille hommes eurent chacun , Et en chacun dix connétables , Tous à cheval, preux et notables 1 .

Le connétable jouissait d'une juridiction trèsétendue sur toute la chevalerie ; il jugeait les différens entre les hommes du roi , et maintenait la paix dans les camps. Il tenait l'épée du

1 Ko m an de Judas Machabée.

le maréchal. 17 r

suzerain en fief, et la conservaitpour lui en faire hommage dans les occasions solennelles, telles que son sacre et les hauts tournois de chevalerie.

Au-dessous de lui él aient les maréchaux , dont il est déjà question dans la loi salique : « Si un maréchal qui commande à douze chevaux est tué , on paiera onze sous de composition. * »Un vieil auteur s'exprime ainsi sur la dignité de maréchal : ce Pausanie , auteur grec , dit que madré signifiait cheval en vieil langage gaulois , ce qui me fait croire que celui qui ferre et médecine chevaux en a pris son nom. » Il paraît que les maréchaux se trouvaient chargés , sous l'autorité du connétable , de ce service de guerre , « parce que ces gentilshommes nourris à l'écurie étaient phïs forts et mieux dressés à mener et piquer les chevaux \ » Dans un siècle où le coursier du paladin était son compagnon le plus cher , les fonctions de l'étable ou de l'écurie devaient être très-élevées dans l'ordre des dignités féodales; aussi les maréchaux corn-

1 Si Marescallus qui super duodecim caballos est, occiditor, undecîm solidus cpmpomtur ( Lex Aile m an. Tit. 79, $ 4 )• — 2 Le président Fauchet. Origine de» Dignité» , p. 76.

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