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Mort de Kosciuszko

Grâce aux bonnes dispositions et à la condescendaqoe d'Alexandre, l'esprit de nationalité fut ranimé sans obstacle sur tous les points de l'ancienne Pologne. L'empereur se montrait évidemment favorable atout ce qui s'y rattachait, et je vais vous citer pour preuve les cérémonies funèbres célébrées en l'honneur de Kosciuszko. Cet illustre citoyen mourut en Suisse, loin de sa chère patrie, dans le courant de l'année 1817. Il avait présidé aux destinées de la Pologne, lorsqu'après avoir fait un dernier effort pour se relever et défendre son indépendance , elle allait descendre dans le tombeau. Dès le momentqu'ii fut fait prisonnier, il fut perdu pour la Pologne , qui conserva toujours le souvenir de ses

vertus civiques et de sa grandeur d'âme. Personne n'a songé à reprocher à Kosciuszko de n'avoir pas fait ce qui était au-dessus de ses forces. On pourrait signaler quelques fau • tes dans sa yie politique, maison ne saurait s'empêcher de reconnaître , qu'il a marqué sa place parmi les grands citoyens de notre époque. Homme non [exempt de faiblesse , mais probe et républicain intègre, il ne s'est pas laissé prendre aux avances de Napoléon. Séduit pour un instant dans sa vieillesse par les cajoleries d'Alexandre, il fut le premier à pénétrer l'astuce et l'hypocrisie profondes de ce monarque. Dans les derniers moments de sa vie, il sentit toutes ses forces défaillir; enfin il s'éteignit, et sa mort même contribua à ranimer dans les cœurs de ses compatriotes l'amour de la patrie. A Poznan, à Varsovie, à Vilna, à Krakovie, partout en Pologne, les chrétiens de toutes les communions, catholiques^ luthériens, calvinistes, rendirent à Kosciuszko les honneurs funèbres. A Vilna, des religieux de l'ordre de St.-Bernard dressèrent un catafalque dans une église de protestants. De leur côté, les sectateurs de MoYse et ceux de Mahomet célébrèrent aussi un service funèbre ; ces derniers prièrent Dieu avec une ferveur sincère d'appeler à lui l'àme juste du chrétien Kosciuszko. Ainsi, tous les cultes chrétiens et non chrétiens, sans s'arrêter à ce que Kosciuszko était catholique, s'accordèrent à honorer ses vertus , chacun à sa manière. Remarquez, mes amis, que la Pologne seule donna l'exemple d'une pareille fraternité entre les différentes religions, et ce fût un pauvre citoyen polonais qui en fournit l'occasion. La nation éleva une montagne près de Krakovie, pour perpétuer son souvenir.

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