‹ Histoire de PologneChapitre 18 sur 219 · Conquêtes de Boleslav-le-grand · texte numérisé non relu

Conquêtes de Boleslav-le-grand

Vous savez très-bien, mes amis, que quand un père riche meurt, il divise sa fortune entre ses enfants. Dans ces tempslà, la même coutume existait entre les familles régnantes, de sorte queMieczislav partagea la Pologne entre ses fils. Boleslav l'aîné conçut d'autres idées à cet égard. Voulant amener l'unité de la Pologne, il employa un moyen extrême, ce fut de chasser ses frères et de régner tout seul. Ses frères excitèrent ses voisins contre lui. Boleslav attaqué se défendit et conquit sur eux plusieurs pays. Il prit aux Bohémiens la Silésie, Krakovie avec tout le pays avoisinant les monts Karpats. D'un autre côté, toute la Poméranie le reconnut pour son chef et maître. Par ces conquêtes, Boleslav étendit les frontières de son royaume, et lebruit de ses hauts faits se répandit non-sèulement chez les Allemands ses voisins, mais dans le monde entier; la réputation qu'il acquit, par sa richesse et son bon gouvernement parvint à un tel degré, que l'empereur Otton III, bien disposé en sa faveur, résolut de faire conhaissance particulière avec un héros si célèbre.

• 25. Arrivée d*Otton Itl.

Otton III, prince très-dévôt, conçut le projet, en l'an 1000, de visiter le tombeau de saint Adalbert, dont le martyre était arrivé depuis peu chez les païens de la Prusse qui le tuèrent et dont le corps fut racheté par Boleslav et déposé à

Gniezno. Boleslav reçut un hôte si distingué avec la plus grande distinction^ Dè$ la frontière, il fut' accueilli par une foule immense accourue au-devant de lui. Boleslav luimême était à la tète avec ses guerriers. L'or, Fargent, le cuivre ou Pacieretle fer bien poli, que chacun portait selon ses moyens, éblouissaient tous les yeux. Les plus riches escortaient les deux princes, Boleslav et Otton; ils portaient une robe de dignité nommée zupan et autres habits en couleurs claires et voyantes, écarlate, vert, bleu, cramoisi, avec des chaînes d'or. L'or, les pierreries ornaient leurs sabres, leurs cuirasses et leurs boucliers; leurs chevaux étaient richement enharnachés. Les plus riches composaient de nombreux corps de cavalerie couverts de cuirasses; mais plus nombreux étaient les guerriers à pied, armés d'arcs et de boucliers, avec la lance à la main. Les uns portaient des capotes blanches, d'autres des rousses, d'autres encore des noires , mais tous avaient un cœur aussi brave que les plus riches seigneurs. C'est avec ces' guerriers que Boleslav allait habituellement à la guerre; mais, cette fois, il les dirigea au-devant d'Otton qui se rendait à Gniezno. C'était en son honneur que Boleslav ût tout cela et pour lui faire voir de près la nation pour laquelle les Allemands avaient de l'antipathie. Otton aperçut donc dans la vaste étendue des champs et prairies qui bordaient son chemin, de nombreux corps arm^ qui l'escortaient. Ce fut un coup-d'œil magni* fîque.

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