Force armée, dispositions militaires
Tout habitant du pays de quelque condition qu'il fôt, s'il était en état déporter les armes, était appelé, en cas de
besoin, à la défense générale. Les cultivateurs, les plus pauvres désignés sous le nom de kmetons, c'est-à-dire paysans, veillaient à la sûreté des châteaux et places fortes; ils y montaient la garde en se promenant d'un bout à l'autre et chantant continuellement. Le plus grand nombre d'entre eux s'exerçaient au maniement des armes et aux manœuvres Ceux des kmetons qui avaient les moyens de se procurer un cheval, entraient dans les rangs des sléchites (szlachcie^ nobles)qui,étantles plus riches, composaient l'élite deParmée Par ce service ils s'ennoblissaient, car, pour avoir un cheval, un bouclier, une cuirasse, une armure complète enfin, il fallait posséder une fortune considérable. Un homme ainsi arméen valait plusieurs autres qui ne l'étaient pas.Dès que la guerre était déclarée, ou si l'ennemi faisait une invasion inopinée, la nouvelle s'en transmettait rapidement par tout le royaume. On brûlait le feu, on allumait des tonneaux remplis de résine et de poix, placés sur les montagnes, dans les places fortes et au milieu des champs ouverts, pour avertir du danger commun; les gardes s'avertissaient mutuellement; des courriers étaient envoyés de tous côtés pour porter les ordres du roi, et aussitôt les châtelains rassemblaient les guerriers de leurs districts et les conduisaient à Boleslav. Tout le royaume était en mouvement. Point de délais ni de retard, partout de la bonne volonté et de l'empressement, car Boleslav avait su gagner la confiance et l'attachement des peuples dont il cherchait toujours à épargner le sang, tout en le conduisant à la victoire. Il aimait mieux voir la dévastation d'une partie dé pays, que d'exposer les hommes qui défendaient les places fortifiées et assuraient l'indépendance de leur patrie*
30. Fin de la guerre avec Henrt IL Paix de Budisztn (Bautzen).
Pendant la guerre avec Henri II, celui-ci envahit plusieurs fois avec toutes ses forces les possessions de Boleslav et y porte le pillage; mais jamais il ne réussit à s'emparer d'aucune place fortifiée; ses armées fatiguées par des escarmouches et des attaques imprévues, furent enfin détruites, et il
fut obligé de s'enfuir sans butin. Boleslav voulant éviter une bataille décisive avec ses forces inférieures, et cependant vaincre son ennemi, faisait des excursions jusqu'à l'embouchure de la Saal et envoyait des détachements jusqu'en Bavièrej ayant séduit à force d'argent quelques seigneurs allemands, il suscita par leur moyen des embarras à Henri II en Allemagne et même en Italie, en i)rovoquant contre lui des rébellions et des révoltes. Plusieurs fois Henri II cherdia à faire lia paix, mais les Allemands désiraient que Boleslav vînt chez eux leur en faire la demande. Boleslav répondit qu'il ne passerait pas même un pont pour se rapprocher d'eux. Les Allemands furent donc obligés de venir trouver Boleslav à Budiszin (Bautzen), ville conquise, où ils conclurent en 1018 une paix définitive, par laquelle, Boleslav renonça à ses prétentions sur la Bohème et la Misnie, mais il conserva la Moravie et la Luzace, comme on le voit sur la carte n. 3. De plus les Allemands s'obligèrent à fournir un contingent composé de quelques centaines d'hommes armés pour servir dans la guerre que Boleslav était dans l'intention d'entreprendre contre les Russiens. Tels furent la paix et le traité de Budiszin qui terminèrent la guerre de quinze ans.