Objet de commercet eselafes
Ces routes de commerce et beaucoup d'autres étaient fréquentées par des caravanes de marchands , qui tenaient leurs foires dans les villes les plus considérables de la Pologne. Les Anglais et les Danois se rencontraient avec les peuples de la Grècef les Français et les Allemands avec les Russiens. Les précieuses marchandises de Byzance abondaient sur ces marchés. Outre les marchandises grossières de {^Allemagne, l'argent des Allemands et des Anglais, restait en Pologne et y circulait, car les Polonais avaient beaucoup de produits en grain, fourrures, bétail et chevaux, qu'ils vendaient et échangeaient contre les armes d'Allemagne ou les riches étoffes de l'Orient. Dans ces temps-là les esclaves
PREMIÈRE PÉRIODE» DE 860 À 1139. 8i
étalent aussi un objet de trafic. C'étaient des prisonniers de guerre qui ne pouvaient être rachetés par leurs parents ou amis. Mais ^ n Pologne la population étant encore peu nombreuse, Boleslav donna des terres à des milliers de ces prisonniers et en fit des colons agricoles, qui recouvrant ainsi leur liberté, devenaient kmetons et citoyens. Les seigneurs en faisaient de même dans leur terres et changeaient leurs prisonniers en colons, qui ordinairement étaient établis au milieu des forêts qu'ils devaient défricher et changer en culture pour devenir libres. Au reste, à cette époque, des mesures étaient déjà prise en Pologne, pour diminuer et abolir le trafic barbare de l'esclavage.
3i^ Divertissements de Boleslav.
Le pays étaitboisé et contenait d'immenses forêts, des forêts vierges pleines de gibier. Tous les seigneurs et Boleslav lui-même se livraient avec ardeur à la chasse, chacun dans les forêts qui lui appartenaient. Quoique gros, gras et d'un embonpoint gênant (18) Boleslav aimait beaucoup cet exercice. Dans les grandes chasses on ordonnait des battues générales, et les populations voisines se mettaient en mouvement pour faire lever le gibier et le pousser sur un seul point. Le gibier ofTraitalorsdes espèces d'animaux devenus aujourd'hui trèsrares, telsqu'élans,bizons,urus, ours, sangliers. Dans les petites chasses au lièvre, aux oiseaux on employait quelquefois des faucons dressés. Pour ces chasses, dans plusieurs cantons, les habitants étaient soumis à certains services et à cer-
(15) Nous avons restitaé répithéte de Grand à Boleslav. Cette épithéte loi a été donnée par les premiers écrivains qnî traitent son histoire , même par les annalistes russiens, et aucun de ces derniers ne connatt d*épithéte ehrobri, ehrabri, vaillant, que les historiens polonais du xvc siècle disent avoir été donnée par les Russiens, quoique le mot ehrobri soit aussi bien polonais que russien. Les Russiens, et partlticulièreraent les Russiens-Yarègues qui avalent des motifs de se plaindre de Boleslav, rappelèrent pore, par dérision de sa corpulence» comme attestent les annalistes russiens. Les Allemands, qui se fâchaient beaucoup plus contre lui, le nommèrent trink-bier, buveur de bièrei et se moquaient de sa respiration difficile.
taines redevances. On soignait beaucoup le castor, qui était aussi l'objet d'une cbasse particulière. La pècbe était considérable, très-variée et imposait des redevances^locales qui furent comptées au nombre des cbarges publiques.