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Justice et tribunaux

Boieslav rendait ses jugements d'après les lois et les coutumes adoptées depuis longtemps, et conservées par des traditions et usages, ainsi que d'après des règlements qu'il établit lui-même. Il accueillait avec une égale bienveillance les ' requêtes des seigneurs léchites ou nobles , et celle des plus

pauvres kmetons ou paysans, contre les employés qu'il jugeait sévèrement. Il surveillait la perception des impôts et autres redevances , pour qu'ils fussent exactement perçus , sans injustice ni vexation. Il veillait aussi à ce que les magistrats ne négligeassent rien de ce qui était nécessaire pour la sûreté des districts contre toute invasion extérieure ou pour la tranquillité publique; que les rapines et le brigandage fussent réprimés et que les fonctionnaires ne commissent point d'abus dans l'administration de la justice. Boieslav lui-même, comme la dernière haute instance, entendait avec assiduité les litiges des habitants, et rendait des sen- . tences toujours justes et équitables. A l'égard des criminels,

\, il poussa quelquefois la sévérité à l'extrême; pour les fautes

moins graves il était indulgent, espérant toujours que les bons conseils et une bonne admonition suffiraient pour ramener les coupables au devoir. D'après les usages de ce temps-là, il arriva quelquefois à Boieslav d'appliquer lui-

3i POLOGNE CONQUÉRANTE.

même une correction paternelle aux réfractaires. Quand des seigneurs avaient commis quelques fautes, ils étaient invités par le roi à un banquet et à un bain à vapeur; ils devaient d'abord écouter une réprimande, après quoi ils recevaient une fustigation qui devait les réconcilier avec la probité. De là vient le proverbe polonais: «Donnerun bain à quelqu'un.» Beaucoup de personnes en reçurent, mais comme c'était toujours avec équité, personne ne s'en plaignit. Si les voisins de Boleslav le reconnurent comme grand à cause de ses conquêtes et de ses richesses, combien les peuples slavons et léchites ne devaient-ils pas le bénir, lui qui était si bien connu par sa justice Aussi, long-temps après sa mort, surtout, au moment des revers et du malaise, son nom seul rappelait le vieux temps prospère, Tâge d'or, et ramenait la concorde fraternelle parmi les habitants.

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