Partage
Les grands seigneurs ne jouirent point tout d'un coup d'une influence et d'un pouvoir aussi étendus. Diverses circonstances, et surtout les querelles deZbigniev et de Boleslav III leur furent déjà profitables. La Pologne partagée leur offrit plus souvent de semblables occasions dans les dissensions continuelles dés princes qui divisaient et déchiraient la Pologne entre euï en différents duchés. (Voyez la carte n® 4.) Les cartes géographiques facilitent toujours la mémoire et l'intelligence : vous y remarquerez la monarchie de Boleslav III et comment elle fut partagée. Henri reçut, de son père, Sandomir ; Mieczislav, la Pologne proprement ditej Boleslavle-crépu, Mazovie et Kuiavie; Vladislav II eut le reste en partage, c'est-à-dire la Poméranie, la Silésie, le Siéradz, la Lènczica et la province de Kxakovie avec le titre de monarque.
&S. Vladi&lav II chassé.
Vladislav II avait près de 30 ans que ses frères étaient très-jeunes encore, car le plus âgé, Boleslav-le-crépu, n'avait guère plus de douze ans. La femme de Vladislav II, Agnès, née en Allemagne, n'aimait pas les Polonais -, elle ridiculisait leur chaussure et leurs costumes, et leur faisait des af-< fh)nts. Ce mépris qu'elle ne dissimulait pas mécontenta
44 LÉCHIE EN PARTAGE.
tont le monde. Elle conseilla à son mari de chasser ses frèref afin de régner seul. Longtemps auparavant Boleslav-legrand, obéissant à une inspiration personnelle^ avait réussi dans la même tentative ; mais YladislaV II n'avait pas leë capacités de Boleslav, et les circonstances ne lui furent point favorables. Il assiégea Posen, où ses jeunes frères s^taient retirés. Le haut-clergé et les seigneurs, e'esl-à-dire, les évèques et les palatins, avec d'autres personnes de qualité, se rangèrent du parti des opprimés, conduisirent les combattants de leurs districts à leur secours et forcèrent Vladlslav II, vaincu, à se réfugier, avec sa femme, en Allemagne.
b^. Boleslav IT, le crépu.
Les évèques et les seigneurs reconnurent Boleslav IV le crépu comme leur souverain. L'empereur Frédéric II barberousse envahit la Pologne pour rétablir Yladislav II sur le trône. Boleslav IV ne repoussa point l'ennemi avec l'énergie de ses prédécesseurs, et accepta une paix humiliante conclue à Krisgové, en 1157, où il ût de grandes promesses (18); mais,
(18j Boleslav (disent Temperear Frédéric, dans sa lettre adressée à Tabbé Yibald, et son historien et chancelier Kadevic) supplia la paix par ses ambassadeurs , et c*est à fore e de prières et de larmes qu*ll versa en se présentant personnellement, quMl recouvra la grâce et que sa soumission fut acceptée. Il jura , pour lui et pour tous les Polonais, que son frère exilé ne fut point expulsé dans le but de faire quelque aflVont à l'empire; Il promit de payer 2,000 marcs à Tempereur, 1,000 marcs à ses seigneurs, 20 marcs d'or à Timpératrice et 200 marcs d'argent à la cour impériale, pour avoir manqué de se pré*senter lorsqu'il était mandé et pour avoir négligé de rendre l'hommage dû pour sa terre; il jura aussi d'assister à l'expédition de l'Italie et de se rendre aux prochaines fêtes de Noël, à Magdeburg, pour répondre aux accusations portées par son frère expulsé; enfin, pour gage de ses promesses, il donna en Otage son frère, Kazimir, et plusieurs notabilités de son pays. — On dit que, Boleslav, dans son humble présentation à Krisgové, aborda Fempereur nu-pieds, nu jusqu'à la ceinture, tenant un glaive au-dessus de sa tête. Celte cérémonie, comme amende expiatoire pour Tbomicide, fut connue dans la législation polonaise et
par un nouyeau traité, il consentit seulement à céder la Silésie aux fils de Yladislav II, ayec la condition de renoncer à tous leurs droits sur la couronne de Pologne! Ce traité, qui déplaça les limites de la Pologne et donna lieu à de nouveaux partages, fut l'origine des duchés de Silésie, très-nombreux dans la suite à cause de l'accroissement de la branche atnée de la famille de Boleslay-bouohe-torse. Les princes de cette branche oublièrent souvent leur renonciation, car ils considéraient leur expulsion comme un tort qu'on leur avait fait injustement. A cette époque, Henri ayant été tué dans une guerre contre les Prussiens , le Sandomir échut à Kazimir, qui était le plus jeune de sa famille et n'avait rien reçu en partage. Après la mort de Boleslav-le-crépu , son fils Leszek hérita de laMazovie et de la Kuiavie, et Mieczislav III, le vieux, prince de Pologne, monta sur le trône.