Poméranie et DantzUc* — Svèntopelk
Tranquille du côté de la Russie, Leszek éprouva de plus grandes difficultés du côté de la mer Baltique. Les pays entre rîle de Rugen et la rivière de Pregel avaient appartenu à Boleslav III; mais aux temps de Boleslav IV-le-crépu , les Allemands dans leurs croisades réitérées conquirent jusq*j'à l'Oder les pays habités par les Lutices, peuples païens. Peu de temps après Kazimir-le-juste donna les contrées situées à l'embouchure de l'Oder, aux seigneurs du pays, et leur permit de prendre le titre de duc. Il établit des gouverneurs dans le reste de la Poméranie où était la ville de Dantzik. Ces nouveaux ducsde la Poméranie et les gouverneurs se défendirent contre les Danois, très- puissants à cette époque sur la mer Baltique. Cependant, ceux-ci dans leurs invasions en Poméranie, s'emparèrent entin de Dantzik. La Léchie, morcelée, négligea ces fertiles et spacieuses provinces; les indigènes, , afin de mieux résister aux envahissements, choisirent unanimement pour gouverneur Svèntopelk qui parvint à chasser les Danois de la Poméranie, et reconquit Dantzik. Leszek-le-
blanc le reconnut comme gouverneur de cette vaste province : mais Svèntopelk désirait être prince et duc indé< pendant. Bien que quelques-uns des princes de Piast se montrassent disposés à lui accorder ce titre, Leszek n'y voulut point consentir et indiqua un congrès général des princes à Gonsava pour mettre fin aux mésintelligences. Svèntopelk, qu'on y avait aussi appelé, s'y rendit en effet; mais comme un lâche assassin , il s'empara de Leszek par trahison, tandis qu'il était au bain de vapeur, l'emporta sur son cheval aussi loin qu'il put et le tua lorsque ses forces ne lui permirent pas d'aller plus avant avec ce fardeau. Ainsi périt Leszek. Svèntopelk acquit par ce meurtre le titre de duc et affermit son autorité sur la Poméranie et le Dantzik.
6&. Les Prussiens et les chevaliers teutoniques?
Conrad, duc de Mazovie, frère deLeszek-le-blanc, était d'un caractère tout-à-fait opposé; violent et farouche, il tua de sa propre main son palatin Rristian, digne vétéran célèbre par sa valeur dans les guerres contre les Prussiens dont il était devenu la terreur (21). Dès ce moment, Conrad s'op-
(21) Le même duc Conrad se rendit célèbre par an antre forfait sur Czapla, chanoine scolastique de Plock. Soupçonneux et impérieux, ayant envoyé son fils cadet sous la conduite de ce prélat à Bresia?, pour y régler le mariage avec Constance, fille du duc Henri : Kazimir épris des charmes de sa future et flatté de la réception brillante qu'on lui avait faite, y prolongea son séjour au-delà du temps que son père lui avait prescrit. Imputant ce délai à quelques trames secrètes de Czapla, Con-> rad le rappela sous prétexte d*une affaire importante. Revenu en Mazovie, ce prélat fut mis k la question et ensuite pendu publiquement. Agasie, épouse de Conrad, qui n*almait pas ce prélat, on ne sait pourquoi, renchérit encore snr les atrocités commises sur celte malheureuse victime. L*oatrage fait k Czapla glaça d'horreor tout le clergé et l'excommunication ftrappa bientôt f auguste coupable. Conrad chercha à se réconcilier avec le clergé. En expiation, il conféra k Tarchevéque, Loviez, avec ses appartenances; Varchevéque, de son côté, devait annuellement payer un marc d'argent au duc, et faire partie du chapitre de Plock comme chanoine. Indépendamment de cette amende , Conrad octroya encore des immunités aux églises de Kuiavie et de Plock.
posa sans succès aux invasions des Prussiens qui pillaient, dévastaient, et occupaient les province limitrophes. Conrad fut forcé de leur payer un tribut : il opprima à cet effet ses sujets^ il leur faisait payer des taxes exorbitantes, et les dépouillait de leurs pelisses et de leurs vêtements pour satisfaire les Prussiens qui demandaient à être payés en objets de cette nature. Afin d'être plus capable de repousser leurs invasions prochaines, il eut recours à l'assistance de Tordre teutonique, composé de moines aguerris qui portaient une croix noire sur des vêtements blancs, et avaient fait vœu de combattre les idolâtres. Il leur donna en possession la terre deChelmno (Culm), sous la condition, de lui subjuguer les Prussiens. Svèntopelk, duc de Poméranie, désapprouva qu'on permît à ces Allemands de s'établir au centre de l'état, prédisant que cela amènerait de grands dangers pour la Léchie, et des suites funestes. Bientôt on put voir clairement qu'ils songeaient plutôt à leur intérêt qu'à celui de la Mazovie. Peu après, ils conquirent la Prusse, renforcés par l'affluence continuelle des Allemands, ils entreprirent des expéditions contre les Jadzvingues et les Litvaniens.