‹ Histoire de PologneChapitre 50 sur 219 · Przemislav roi* — Vladlslav-Ickéték chassé · texte numérisé non relu

Przemislav roi* — Vladlslav-Ickéték chassé

Przemislav fut, de tous les compétiteurs, le premier qui eut du succès. Le fils de Svèntopelk, Mestvin, duc de Poméranie, lui donna en mourant ses états avec la ville de Danzik, et agrandit ses états déjà considérablement étendus. En 1295, tous les évêques de laLéchîe se réunirent dans l'antique métropole à Gniezno où ils le couronnèrent roi avec toute la pompe religieuse. L'allégresse que cet acte fit nattret ne dura pas longtemps, car les mark-graves de Brandebourg

l'assassinèrent dans une surprise nocturne qu'ils entreprirent et accomplirent comme des brigands (23). Avec ce prince s'éteignit la branche masculine de Mieczislav III, et Vladislav-lokéték vint régner sans obstacle sur la Pologne, qui prend le nom de Grande-Pologne, sur la Poméranie, le Sieradz, la Lènczica, la Kuiavie et la Petite-Pologne, comprenant Krakovie et Sandomir. Jamais, depuis la mort de Boleslav-boucbe-torse, aucun prince des Piast n'avait possédé autant de provinces, qu'un heureux concours de circonstances avait réunies sous le sceptre de Vladislav-le-bref. On se réjouissait de voir renaître le royaume de Pologne : mais la satisfaction générale, cette fois même, ne fut pas de longue durée. Tant de prospérité enivra Lokéfcék au point qu'il s'oublia et indisposa les habitants delà Grande-Pologne, qui appelèrent inopinément au trône Vènceslav , roi de Bohème, et le couronnèrent roi de Pologne. Les autres suivirent bientôt cet exemple et Lokéték abandonné resta sans asile et mena une vie errante.

76* VèiiceslaT. — Vladlsla¥-lok6t6k se corrige.

Ce fut une dure leçon pour la Pologne que ce court règne de Vènceslav et de ses lieutenants ou gouverneurs, qui por-

(23) Przemislay était allé à Rogozno pour s*y distraire. Satisfait d*uii honnête délassement, il était prêt à retourner à Krakovie , lorsque le mercredi des cendres ses gardes étant endormis, ou peut-être encore troublés des vapeurs de leurs débauches, il fut assassiné dans son lit par une foule de satellites qui avaient à leur tête les markgraves de Brandebourg, Olton-Ie-long, un autre Otlon et Jean , qui étaient tous les trois les propres neveux de ce prince.— Les sceaux et les enseignes ou armoiries des duchés de la Léchie variaient à cette époque et n'offraient rien de fixe. Les ducs de Mazovie se servaient d*un aigle; ceux de Krakovie d*un dragon, de Poméranie d*un griffon, de Pologne, tantôt d*un lion, tantôt d*ttn aigle; ceux de Kuiavie prirent les mi-K^orps d'un aigle et d'un lion adossés. Przemislay ressuscitant le titre royal , donna aussi Torigioe des armoiries pour FÉtat en entier. Il fit graver un sceau majestatique où Ton voyait sa personne assise sur le trône, ayant sur sa tête une couronne et un globe en main, avec la légende : Sigillum Premislai Polononem régis et dueis Pomeraniœ, Le contre-sc^u offrait un aigle éployé entouré de la légende : Reddidit ip$e fut> vic' tricia signa Polonis.

talent le titre de starostes. Mais elle fut bien plus pénible pourVladii^laV'lokéték. Comme un pèlerin, le bâton à la main, il se rendit à pied en 1300 au jubilé à Rome. Là, il médita et se rappela ses fautes, réfléchit sur les malheurs dont il était accablé par la volonté divine, et qu'il devait considérer comme une juste expiation de ses fautes. 11 prouva que l'infortune l'avait corrigé entièrement lorsqu'il fut de retour dans sa patrie, où, à la mort de Vènceslav, qui ne tarda pas à arriver, il parvint à rentrer, non sans difficultés. Il était plus facile de perdre une couronne que de la recouvrer. Bien qu'ayant à souffrir sans cesse des pertes et des malheurs, son courage ne fut point abattu. Il déploya sa fermeté et sa grandeur d'âme en consacrant tous ses moyens, tous ses instants au salut delà Pologne, que des dangers imminents entraînaient à une perte presque inévitable. Il en fut le sauveur. Apprenez, mes amis, par l'exemple de ce grand roi, comment on doit se corriger de ses fautes, supporter les revers et se montrer courageux dans l'adversité. L'espérance adoucit les peines de l'homme probe et vertueux, elle le console^ une activité constante et infatigable manifeste son courage.

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