‹ Histoire de PologneChapitre 62 sur 219 · DEPUIS 1333 JUSQU'A 1587. — 250 ANS · texte numérisé non relu

DEPUIS 1333 JUSQU'A 1587. — 250 ANS

Les nations se réunissent à la Pologne. Bi^gne des Jagellons. Défflocralie nobiliaire (29).

Lokéték laissa à son fils Kazimir un royaume peu étendu mais en bon ordre, fort, et ne craignant plus ses voisins. Il était déjà dans un état florissant. Sa grandeur et sa richesse devaient s'accroître chaque jour de plus en plus. Aussi appellerons-nous cette période de deux siècles et demi, la Pologne florissante, parce que pendant ce temps elle fut constamment grande et prospère. Pendant cette période la noblesse prédominait. C'était une république nobiliaire, une démocratie nobiliaire, elle correspond au règne delà plupart des Jagellons.

(29) Les mémoires de Fauteur qui ont du rapport avec celle période, EonL :

Esquisse de Thisloire de la Litvanie ;

Analyse critique du statut de VIslîca ;

Reînc Bone et la guerre des coqs, dans les dernières années du règne de SI gîsmond-le- vieux et le commencement de celui de Sigismond- Auguâte : fragment historique;

Parnlléle historique entre FEspagne et la Pologne;

Histoire des bibliothèques et histoire de la typographie en Pologne. — Notices sur les historiens et sur les preini«rs typographes de la Pologne.

90* Kazimir-le-grand, recherche la paix.

Ce petit royaume qui échut à Kazimir après son père, prouve que la richesse d'un état ne dépend pas de l'étendue du territoire, il suffit d'y établir une sage administration et le bon ordre. Kazirair-le-grand fut le plus riche des rois de l'Europe ses contemporains, aussi habile que son père à gouverner, il économisa les dépenses; ses règlements furent même plus perfectionnés. Pour remplir son but il s'efforça d'affermir la paix et d'éviter la guerre. Cependant il fut trop confiant dans le roi de Bohême et dans le roi de Hongrie ses voisins, qui le trompaient et ils intervinrent avec leur mauvaise foi dans tous les traités que Kazimir conclut au détriment de l'état. Le traité de Kalisz en 1343, lui rendit la Kuiavie et la terre de Dobrzin, mais il renonça à la riche province de la Poméranie dantzikoise, qui restant dans la possession des chevaliers teutoniques, depuis lors fît partie et prit le nom de la Prusse (30). Pour obtenir du roi de

(30) Diplomatie i>b KAsmm-LB-ORATfD. — Lokéték^ dans les ins • tractions qu*il donna sur le Kt de mort à son fils, ne lui recommandt rien si eTpressément que d*eniployer tous ses eiïorts pour recouvrer la Poméranie et toutes les terres envahies par les chevaliers teutoniques. « Si vous aimez votre gloire, luidlt-il» gardez-vous de leur rien céder, et prenez plutôt le parti de vous ensevelir sous les débris de votre trône, que de leur abandonner ces portions de votre héritage qu*ils possèdent et que vous devez k vos peuples et k vos enfants. Ne laissez point k vos successeurs un exemple de lAcheté capable de ternir vos vertus et tout . réclat de votre régne. Punissez les perfides, et plus heureui que votre père, chassez'Ies, s'il se peut, du royaume : asile respectable que la pitié leur avait ouvert et qu'ils n'ont pas craint de profaner par la plus noire ingratitude. (Dlugosx chez Solignae, liv, ix.)

Mais le nouveau roi estimait plus la paix que des victoires; sa seule ambition fut de se la procurer, au hasard même de l'acheter. Avec ces dispositions très-contraires k l'instruction de son père, Kazimir se trouva entre les deux maisons émules en acquisition et domination. La maison d'Anjou, outre ce qu'elle possédait en France, occupa la couronne des Deux-Sicîles, s'empara delà couronne de la Hongrie, etalliét à la famille de Lokélék pensait k convoiter la possession de la Pologne. La maison de Luxembourg, outre les comtés et les daehéi qu'elle aval

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Bohème une renonciation à la Mazovie et an titre de roi de Pologne, il renonça de son côté à la Silésie possédée par le roi de Bohème. £lle fut ainsi détachée pour toujours de la Pologne et fit partie de la Bohème. Il assura la succession du trône de Pologne à son neveu Louis de Hongrie. Cependant le prince de Kuiavie Vladislav-le-blanc et les autres princes de Mazoyie de la famille de Piast, de la branche de

aa-delà da Rhin, avait été honorée de la couronne impériale et noorrissait une expectative indubitable de la ressaisir bientôt ; elle Jouissait de la couronne de Bohème, tenait sous sa domination une partie de la Pologne, c*est-à-dire la Silésie, et prenait le titre de roi de Pologne, disposant en suzerain des terres qui n*étaient point en sa possession. Kasimir fils de Lokélék, succédant à son pérc, se vit placé au milieu de ramitié hypocrite et perfide du roi Jean de Luxembourg, et de Tamitié intéressée et avide de la cour d* Anjou. Ces deux cours convenaient entre elles d'avancé des traités, auxquels Kazimir adhérait avec une facilité scandaleuse. (Lelewel dans l'Histoire de Pologne de Vaga^ p. lie.)

Les deux cours , dans un congrès tenu à Yissegrad en 1335, convinrent que les chevaliers rendraient à Kazimir la Kuiavie et le district de Dobrzin, en lui payant 10.000 florins pour les dommages causés à la Pologne, et que d*un autre côté , Kazimir renoncerait pour lui et pour ses successeurs à la Poméranie et la céderait purement et simplement aux chevaliers. Quant à l*afl^ire avec la Bohême, ils stipulèrent que pour la renonciation du titre de roi de Pologne, que prenait Jean roi de Bohême, Kazimir payerait h celui-ci iO,000 marcs et renoncerait à ses droits à la Silésie possédée par Jean, et h la Hazovie qui reconnaissait Jean pour suzerain. Kazimir délégua d*abord ses plénipotentiers, Spytek castellan de Krakovie, Zbigniev chancelier de la province de Krakovie, Pierre castellan de Sandoroir, Thomas de Zaîonczkovo et Niemira, avec. un plein pouvoir. Ils étaient choyés et salariés par le roi de Hongrie et ils acceptèrent toutes les conditions sans réserve. A la fin arriva Kazimir lui-même pour partager les festins monarchiques, et qui sans hésiter sousorivit à toutes ces conditions. La facilité avec laquelle Kazimir acceptait la cession de la Poméranie étonna les chevaliers : Ils lui firent signifier qu*il eût auparavant i faire approuver cette convention par tous les ordres du royaume.

h convoqua en 1337 une diète générale et y proposa la ratification du traité. Tous ses efforts furent inutiles; on rejeta les conditions qu*il

Kazimir-le-juste étaient ses héritiers les plus proches. Kazimir-le-grand, ayant convoqué une diète à Krakovie, en 1339, soumit à sa décision la question de Louis qu'il désignait pour son successeur : elle y fut acceptée et ratifiée. Un peu plus tard, en 1355, à Bude, Louis, roi de Hongrie et

avait acceptées, et Ton résolut qu'en aUendant qu'on put prendre les armes contrôles chevaliers, on implorerait encore l'autorité du pape pour les mettre à la raison.

Jean Grot de Siupcza, évéqne de Krakovie, fut choisi pour aller à ÀYigoon représenter à Benott XII les injustices des chevaliers; il j trouva tous les esprits disposés à écouler ses plaintes et à venger le saint-siége si souvent outragé par ces religieux. Les commissaires nommés pour informer de leur conduite furent, Gothard , prévôt de Tulle et Pierre Gervais, chanoine du Puy en Yalay .Leurs pleins pouvoirs étaient extrêmement étendus. Ils surent en faire usage. Arrivés en Pologne, ils établirent leur tribunal à Varsovie et après un mûr examen de tous les chefs de raccusalion formée contre les chevaliers, sans égard à leurs subterfuges et à leurs protestations , ils les condamnèrent à restituer aux Polonais la Poméranie, la province de Culm, le territoire de Michalov, la Kuiavie, le district de Brzesc et celui de Dobrzin. ils leur enjoignirent en même temps de rétablir au plus tôt, à leurs frais, les églises et les monastères de ces provinces quMIs avaient pillés et détruits, et de payer à Kazimir, pour dommages et intérêts, -194,500 marcs de Pologne et 1,600 pour les dépens du procès.

L'excommunication suivit de prés cette sentence. Les ^ chevaliers n'en furent ni étonnés, ni abattus; méprisant les décrets du pape, ils lui opposèrent un rescrit de l'empereur Louis de Bavière, par lequel C6lui-ci défendait sous de graves peines, à Thierry d'AItemburg, leur grand-mattre, de se dessaisir des biens de l'ordre sans son consentement; 11 lui ordonnait de tenir comme frivoles et non avenus les jugements de quelque puissance que ce pût être, qui voudrait s'arroger te droit d'en disposer.

La chose en resta là. Quelques années après, Kasimir résolut définitivement de leur accorder la paix aux conditions dont les rois de Hongrie et de Bohême étaient convenus au congrès de Vissegrad. Les chevaliers surent à peine ses intentions qu'ils envoyèrent en 1343 des députés à Kalisz, où il fut décidé que le roi leur céderait la province de Culm , le district de Michalov et la Poméranle , s'engagerait à ne plus prendre les titres, ni les armoiries de ce duché, et que d'une

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successeur présomptif de la couronne de Pologne, promit à la nation polonaise que, de son gré, jamais elle ne serait chargée d'impôts. Depuis lors on a regardé la couronne de Pologne, comme élective

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