‹ Histoire de PologneChapitre 65 sur 219 · Kazimir est riche · texte numérisé non relu

Kazimir est riche

Kazimir-le-grand mérita l'épithète de grand par ses actions qui firent beaucoup de bien à la Polognej mais trop porté à la volupté par ses mœurs relâchées et par quelques démarches indignes et scandaleuses qui en furent la suite, il encourut une réprobation générale (32). La nation ne put

(32) La dissolution des moeurs de Kasimir parut de bonne heure etcausa d'abord d'affreux malheurs. Marié depuis cinq ans avec Anne- Aldone, fille de Gedlmln, il fut envoyé en 1330 en Hongrie à l'occasion des affaires des chevaliers teutoniques, pour s'aboucher avec le roi Charles-Robert d'Anjou, qui était marié avec sa sœur Elisabeth. Là il devint amoureux d'une fille d'honneur de la reine, et fut fort étonné delà trouver àfépreuve de ses recherches. Il s'imagina que la violence aurait plus de succès que la persuasion; la reine sa sœur, à ce qu'on dit, approuva, favorisa même l'enlèvement, qui le fit triompher de la vertu qu'il n'avait pu séduire.

Cette fille a ppelée Claire, était de la maison de Zaach. Rendue à dle-méme, elle sentit son malheur, et osa l'avouer à Félicien son père, qui sur le champ résolut de la venger. Kazimir ne parut plus après son crime et son absence ne fit qu'irriter davantage la colère de Félicien. Transporté d'une fureur dont il n'était plus le mattre, ce malheureux père épia moment : le roi étant à table, Félicien lui porta un coup de poignard que le prince évita par hasard. Le meurtrier à son tour se précipita sur la reine et lui blessa cruellement les mains, il allait s'élancer sur les fils du roi, lorsque les domestiques, revenus de jGur surprise, tombèrent sur lui le sabre à la main, le mirent k mort et Ju bachèrenl en pièces,

Prt'^que aussitôt, toute la maison du roi, ayant pris les armes, on courut à ï'hdtel de Tassassin. On attacha son fils à la queue d'un cheval et on le traîna vivant dans les rues. On n'épargna point l'infortunée CJttïre; on lui coupa le nc2, les lèvres, tous les doigts des mains et dans * cel état, on la donna en spectacle k toute la ville, indignée d'un traite ment si nffrcuï, Cbarles-Robert n'avait aucune part à ces mouvemeoU chïrage. mais sans les arrêter , il parut les approuver par les peines qu'il infligea dnns la suite, à tous les parents, à tous les alliés, k tousles amis de Rlicien, qu'il condamna , les uns à l'exil, les autres k une mort honiouse.

TEOISIËME PÉRIODE, DE 13S3 À 158 85

approuver la cession de la Poméranie. Les sommes énortnes qu'il paya et donna avec profusion , ou celles qu'il prêta pour ne les recevoir jamais, aux voisins dont il ftit tant de foisrla dupe; l'éclat des noces de sa nièce avec l'empereur Charles IV, en 1363, prouvent ses richesses immenses. Par un heureux hasard, il se trouvait en même temps à ces noces, à Krakovie,

Onxe ao5 plus tard, en 1341, Kazimir déjà veuf résolut de se remarier, el il épousa Adélaïde fille de Henri, landgrave de Hesse. Celle femme pleine d*un orgueil austère, semblait dédaigner tous les plaisirs et secroyant seule digne des empressements deKazimir, elle ne cessait de rinquiéter par des Jalousies, souvent affectées, et qui étaient moins un effet de la délicatesse de ses sentiments, que de la bizarrerie de son caractère. Excédé des reproches continuels de celte femme altiére, le roi prit bientôt la résolution de 8*en séparer. 11 Texila à Zarnoviec, où il la retint quinze ans dans une espèce de prison.

Kazimir porta alors ses dérèglements è Vexcès. Epris d*unc fille de qualité de Bohême, nommée Rokiczana, il lui faisait espérer le divorce avec Adélaïde et de Pépouser, car cette fille déclarait que le mariage seul pouvait triompher de sa vertu; elle voulait même pour témoin de ses engagements Tévéque de Krakovie, mais elle ne le connaissait pas. Le roi ne cherchait qu*i la tromper. Il substitua à ce prélat Tabbé de Tynietz, qui revêtu de ses habits pontificaux, présenta l'acte du divorce, les dispenses du pape et administra la bénédiction nuptiale. Cette amante séduite, n'ignora pas long-temps son malheur et le brava; elle consentit à changer en intrigue une passion à laquelle elle avait cru ne se rendre que par devoir. Une fille juive, appelée Esther lui succéda, et céda bientôt la place à une foule de rivales qui se remplacèrent tourà-tour. Esther habitait dans les splendides palais de Lobzov et de Kazimir, et jouit assez longtemps de la tendresse de son auguste amant. Kazimir eut de cette concubine deux fils, Niemira et Pelka qui furent élevés dans la religion chrétienne , mais Kazimir permit que les filles qu'elle lui donna fissent profession du judaïsme comme leur mère.

II régnait alors en Pologne un vice, que le temps, ni la raison n*y ont point encore flétri : on y aimait indiscrètement les plaisirs de la table. Ce fut un des nouveaux goûts de Kazimir et il se livra à ses excès. Ce dérèglement en fit revivre de plus honteux, son incontinence devint plus effrénée et elle ne supposa, non plus qu'auparavant, ni un choix fort scrupuleux, ni un goûtdélicat, ni des attachements bien durables. Le Salomon de Pologne se fit des idoles de toutes les femmes qui

l'empereur, les rois de Hongrie, de Danemarck, de Chypre, plusieurs ducs et princes souverains, ce qui contribua à l'éclat des fêtes. Tous ces hôtes couronnés furent aussi invités et régalés particulièrement par le trésorier de Kazimîr, le bourgeois krakovien Vierzinek.

9/i. Louis néglige la Pologne, mais il accorde des privilèges ft la noblesse.

Louis, successeur de Kazimir-le-grand, eut aussi le surnam de grand. Il mérita ce titre que les Hongrois lui décernèrent, car il se voua tout entier à leur pays. Il augmenta son étendue et sa puissance, assura un grand nombre de

troublaient sa raison; il n'employa plus le pouvoir que son rang lui <Jonnail, qu'à les enivrer des mêmes passions qu'elles lui avaient inspirées. A l'exemple des princes de l'Orient, il en renferma plusieurs (laos des palais et il multiplia si fort ces lieux de licence, que les évé- 4]ues prièrent le pape de les faire abolir. La crainte ou la politique les f^mpôchaient de porter leurs remontrances. Une autre affaire semblait animer le baut clergé contre le roi. Kazimir donna ordre de demanrlcr à l'évéque de Krakovie Tacquiltement des imp<^ls allacbés aux doniaioes de Tévéché. L*évéque excommunia le slaroste et ensuite le roi, ^nais il n'osait lui notiûer ses foudres. Martin Rariczka, vicaire de Tégiise cathédrale de Krakovie. se chargea de cette mission; il biéma la conduite pusillanime desévéques et, moins sage, ou plus hardi, il alla rf^procher à Kazimir toute Thorreur de ses scandales. Il fut puni de sa lémérité. Le roi le fit jeter dans la Vistule, où il péfit. (En 1352.)

Peu de temps après, Kazimir, à la vue de l'austérité des Flagellants conçut des regrets de la mort de Bariczka et en envoya denruinder l'absolution au pape. Il subit la pénitence qui lui fut imposée et il l'accomplit de meilleure foi que les Flagellants n'en montraient dans leur conduite. Adélaïde, délivrée de sa captivité, venait de mourir dans le pays de liesse, où le landgrave son père l'avait ramenée de Zarnoviec; alors le roi prit encore le dessein de se remarier pour la troisième fois, H il épousa, en 1357, Hedvige fille de Henri duc de Glogov. Soit que celte nouvelle femme eut captiver son cœur, soit que Tége ou la raison eussent amorti ses passions, Kazimir paraissait revenu de ses égarements, et menait une vie assez tranquille. {De Siylignac, Histoire de Pologne, Uv. 9. 10.)

libertés au peuple : mais il négligea la Pologne. Cependant lanation polonaise et particulièrementla noblesse lui doivent de grandes obligations sous certains rapports. Louis n'ayant pas d'enfants mâles, voulut assurer la succession à ses filles. Il convoqua dans cette intention, en 1374, la noblesse polonaise à Koszicé,oii il garantit par un privilège l'intégralité du pays, renouvela la promesse de ne point exiger arbitrairement les taxes et les impôts. Le même privilège détermina pour toujours un impôt fixe de 2 gros (1 franc 42 cent.) par an, qui devait être payé, même dans les années de la paix. Louis réussit, en 1381, àobtenir du clergé le consentement de payer les mêmes impôts que la noblesse et les kmetons. Dans les circonstances extraordinaires, ou plutôt pendant la guerre, la nation votait elle-même par Tintermédiaire d'une diète des impôts et des taxes plus élevés. Ces conditions et d'autres semblables établirent d'une manière certaine, les prérogatives de la noblesse, aplanirent les distinctions qui existaient encore dans cette classe, et assurèrent l'égalité dans la jouissance des privilèges. Cependant ï^uis indisposa les esprits de la nation et delà noblesse par. ce que non-seulement il ne réprimait pas les abus que ses employés commettaient, mais parce qu'encore il eut recours dans mainte occasion à l'intrigue et à la mauvaise foi. il se les aliéna davantage lorsqu'il entreprit de réunir à la Hongrie le duché de Halicz où il introduisit la force armée hongroise, violant ouvertement les serments quïl avait faits à Bude et à Koszic^.

9b. Interrègne. — Bedvige. — La Litvanle baptisée.

La reine-mère n'ayant laissé partir aucune de ses filles, l'interrègne trop longtemps prolongé causa une guerre civile de longue durée dans ja Grande-Pologne, entre lesNalèncz et les Grzimala, dont les noms servaient de mots de ralliement aux partis combattants (33). Cette guerre ne cessa qu'à

(33) VLADISLA.V-LE-BLÀNC. Il Serait Irés-long d'indiquer tous les motifs et tous les prétextes qui firent agiter la Pologne après la mort da Louis d'Anjou: cependant il est bien d'obsoryer que Louis occupa le trône

l'arrivée et au couronnement d'Hedvige, princesse accomplie, qui toute jeune encore et quoique éprise de Guillaume duc d'Autriche, avec lequel elle avait été élevée dès son enfance, accepta cependant, pour le bien de l'état, la main d'un homme de quarante ans nommé Jagello, grand-duc de Lit-

par an choii qui dérogea aas successeurs mâles, éloigna da sceptre tous les Piast et parliculiérement Yladislav-le-blanc, duc de Gnic?kov, de la lignée deKuiavie, neveu germain de Kaziralr-le-grand. Vladislav abandonna par dépll la Pologne, alla chercher une retraite en France, et fut mal accueilli à la cour où il se présenta. N'y trouvant point les ressources qu*il avait espérées, il se rendit à l'abbaye de cîtftaux où il fît profession, Tan 1366, en qualité de religieux convers. La régie aiislére de Tordre le rebuta, quelques mois après il passa dans Tordre de St-Benoit et fut placé dans l'abbaye de St-Benigne à Dijon. Du temps de Louis , plusieurs mécontents des procédés iniques de ce roi, engagèrent Yladislav-Ie-blanc à venir prendre possession du trône de Pologne qui lui avait été injustement enlevé. Il part furtivement, mars malgré les bonnes dispositions de ses partisans, il est contraint d'abandonner une seconde fois la Pologne. Louis devait faire un accommodement avec y ladislav, moyennant 10,000 florins et lui donner de plus une riche abbaye en Hongrie. Ce qui est cependant certain c'est que Yladislav revint k St-Benigue, en 1375, où depuis ce temps là il fut appelé roi Lancelot.

Après la mort de Louis , Sigismond de Luxembourg, mark-grare de Brandebourg, qu'il avait désigné pour son gendre entra en Pologne pour en prendre possession. Cependant il n'y avait rien de déterminé; laquelle des deux ûlles de Louis devait lui succéder en Pologne ? Tatnée Marie, fiancée à Sigismond, où la cadette Hedvige, fiancée à Guillaume duc d'Autriche? Lorsque le choix s'arrêta sur cette dernière, Sigismond se retira définitivement et le duc d'Autriche vit bientôt s'évanouir •es belles espérances. Un nouveau compétiteur à la couronne gagna un certain parti qui pensa réunir le droit suranné de Piast, avec le droit tout récent, évolusur une jeune fille. Ziémovit,duc de Mazovie, était ce compétiteur, issu de Kazimir-le-juste, le plus proche parent de Vladislav-le-blanc, qui à la mort de Yladislav entrait dans le droit d'héritier prétendant.

Au milieu de ce revirement, les amis de Vladislav-le-blanc lui écrivirent en l'assurant que pour cette fois le sceptre ne pouvait lui échapper. Yladislav, avant de partir, fit solliciter et obtint du pape Clément YII

vanie, regardé généralement comme un barbare (34). Jagello s'étant fait baptiser, accepta le nom de Vladislav et promit de réunir à la Pologne toute la Litvanie et de la convertir à sa nouvelle croyance. Hedvige qui aimait la langue polonaise, encouragea les étudesj elle aida son mari à introduire le cbristianisme en Litvanie, reconcilia les Grzimala avec les Nalèncz,cbassa elle-même les Hongrois du duché de Halicz. Une mort prématurée mit fin à son règne et plongea la nation dans le deuil. Jagello savait que la perte de sa femme lui faisait perdre son droit à la couronne de Pologne; mais les Polonais voyant un avantage réciproque dans la réunion avec les Litvaniens, et considérant Vladislav Jagello comme élu volontairement par eux, le maintinrent sur le trône.

UD brefda 6 Juillet 1389, qui lai ordonnait d'aller prendre possesiion du royaume qui lui était offert. Non content de cet ordre, il alla trourer lo pape qui lui fit expédier, le 13 septembre 1388, un bref de sécularisation. Muni de ces patentes, il fut reçu arec acclamation par ses partisans. Mais Tarrivée d*Hedrige en diminua le nombre , poursuirij il prit la fuite. Il paraît qne ne sachant que derenir il erra l'espace d'environ trois ans en Allemagne. Enfin , résolu de retourner en son monastère, il estarrétéà Strasburg, par une maladie qui le conduit au tombeau, Tan 1388. En mourant il fit un testament par lequel il ordonnait à ses serviteurs de reporter son corps à St-Benigne, et léguait 2,500 florins à ce monastère. On voit encore son tombeau dans la nef de St-Benigne. (Art de vérifier les dates, vol. Il, rectifié par des recherches ultérieures.)

(34) Pour le duc d'Autriche, les tendres souvenirs de sa jeunesse avaient autant de valeur que la couronne dont Hedvige venait d'être investie. Il entretenait avec elle une correspondance et prit la résolution de se rendre à Krakovie, où la reine elle-même le pressait de venir. Effectivement il arriva, mais Faccésdu château lui était interdit. Hedvige avertie, voulut le voir pour faire ses adieux , à ce qu'elle disait. Trouvant des empêchements insurmontables, une fois, elle courut impatientée vers la porte du château, et saisissant de sa main débile une hache, elle s'efforça de briser la porte. Ce n'est qu'avec grande peine, que les prières de plusieurs seigneurs et particulièrement du trésorier Demetre de Goraï réussirent à la calmer. Guillaume partit enfin, et la somme stipulée dans l'acte des fiançailles lui fut scrupuleusement

96. Jagello combat les cheTaliers teutoniques* — Privilège de Uorodlo.

Les chevaliers teutoniques et Tehipereur Sigismond virent d'un œil jaloux cette union de la Pologne avec la Litvanie. Les premiers déclarèrent la guerre, mais battus et taillés en pièces dans la mémorable bataille de Grunvald, en 1410 (35), après de nouveaux efforts dans le but de prolonger les hostilités, ils conclurent enfin sur le lac de Mielna, en 1422, un traité de paix par lequel ils furent maintenus dans leurs

payée. Jagello devint mari et roi ; mais après avoir surmonté diiïérects obstacles; il doutait mainte fois du sentiment delà vertueuse Iledvige. Jaloui et méGant, il prenait ombrage à chaque bruit. Une fois, en 1388, un vice-komornick deKrakovie, Gnievosz Dalevicz, connaissant le faible de ce prince et par des motifs qu*on ignore, lui fit entendre que le duc d'Autriche s'étant rendu secrètement k Krakovie et avait eu du" rant quelques jours de fréquents entretiens avec la reine. Jagelbn fit éclater son ressentiment, et l'aurait porté jusqu'au dernier excès, si quelques seigneurs n'avaient pris connaissance de celle affaire. Ils citèrent le délateur. Après l'audition des témoins, Jasko deXènczin, castelian de Yoïnicz , jura au nom de la reine qu'elle était innocente. A la .suite de cette déclaration y douzç citoyens demandèrent k venger la reine par un combat singulier. Mais la toi terrestre n'admettait point les combats ni le duel, elle réprouvait une semblable justice, par conséquent, les juges ordonnèrent à Gnievosz de porter parole pour défendre son accusation. 11 fut long-temps à se taire; enfin rompant le silence , il dit : « Je demande grâce et pardon. » Il devait donc se soumettre à la condamnation, qui le forçait à désaboyer , odszczekac ce qu'il a avancé, c'est-à-dire è demrnlir la colomnie. La sentence fut exécutée sur le champ dans le sénat. Gnievosz se coucha à terre sous la stalle de la reine, et prononça à haute voix, qu'en répaudant un tel bruit injurieux, il en avait menti comme un chien. Cette confession publique achevé» il imita à trois diverses fois Taboyement d'un chien.

(35) Dans la mêlée de la bataille, le roi aurait péri sous la hache de Dupohl, chevalier leutonique, si la valeur et la présence d*esprit de Zbigniev Olesnicki ne l'eût sauvé. Ce jeune homme n'avait alors pour toute arme qu'un tronçon de lance dont IL frappa si rudement l'agresseur, qu'il le jeta j^nr t^rre. Jagello en fut si tcuchô que sur lo champ il

possessions, renonçant à toute prétention sur la Samogitie. Vladislav-Jagello ne put mettre à exécution, comme il l'avait promis, Tunion de la Litvanie et de la Pologne, par égard pour ses cousins ^ il fut même obligé de nommer un grandduc comme prince-lieutenant de cette province. Son cousingermain Vitovd, fils de Kieistud, étant grand-duc, ne voyait pas avec plaisir les avantages que les Polonais pouvaient tirer de l'entière soumission des chevaliers, et refusa son assistance dans la guerre contre eux qui s'était prolongée comme nous l'avons dit. Afin de soutenir la guerre à forces réunies et de la terminer avec succès, Jagello s'adressa à la nation : il convoqua une diète des deux nations à Horodlo, en 1413, où il accorda aux Litvaniens du rite romain l'exemption de toute servitude et de tous devoirs féodaux envers leurs seigneurs et leurs suzerains qui leur étaient imposés depuis le règne de Gedimin; il leur accorda des libertés et des prérogatives semblables à celles dont jouissait la noblesse polonaise. Tous ces avantages causèrent une joie inexprimable dans l'assemblée de Horodlo. Les nobles litvaniens adoptèrent les armoiries de ceux de Pologne et s'unirent étroitement avec leurs frères; on s'y embrassa cordialement. Mais on ne prévoyait pas combien il restait encore de difficultés à surmonter; Vitovd et plusieurs grands seigneurs cousins de Jagello empêchèrent l'exécution du privilège^

voulut donner à Olcsnicki un baudrier militaire. Zligniev le refusa modestement, en disant, qu'il prétendait se dévouer au service de l'église. Il joua depuis un rôle important dans le pays et disposa de la destinée de la maison des Jagellons. Devenu dans la suite évéquc de Jirakovie, il Tut le plus fort soutien de cette maison. Il empêcha en 1429, k Luck, de drsunir l'état par un titre royal particulier pour la Litvanie, comme le désiriit le grand-duc Vitovd; il plaça sur le trône le jeune Yladisiav-Jagcllonidc. et sauva le sceptre àKazimir son frère. 11 acquit le duché de Sievierz et le réunissant à l'évéché de Krakovie, honora ses successeurs de ses revenus et de sou titre. Il fut le premier on Pologne qui fut décoré de la dignité du cardinalat, et éprouva que ect honneur étFonger ns s'accordait point avec les dignrté« de la république.

Page 1