‹ Histoire de Pologne (volume 2)Chapitre 11 sur 274 · Lech, Czech, Rus · texte numérisé non relu

Lech, Czech, Rus

On dit qu'il y avait un certain individu nomme Lech, qui arrivaavecses frères Czech et Rus du pays des Karvates, dans les contrées où se trouve actuellement la ville de Gniezno. Là, dans une forêt, il trouva l'aire d'un aigle (gniazdo), là aussi il commença à bâtir une ville, capitale du pays, et il adopta l'aigle pour symbole de sa puissance et pour les armoiriesde l'état. Ilenvoya ses frères dans les dire étions suivantes : le Czech à l'occident et le Rus à l'orient pour chercher à s'établir. De Czech et de Rus viennent les nations Bohême

(2) Les recherches que l'auteur a failes sur celle partie fabuleuse, se trouvent dans les remarques sur l'historien Mathieu, aux armoiries de Choléva. Wilna, 1811. Cet ouvrage a été traduit en allemand, par Lindc, et publié dans l'ouvrage, Vincenz Kadlubek, Ein Beitrag zur tlavischen Litteratur. Warschau, 182*.

(3) Circassiens.

CONTES FABULEUX

(Czeski ) et Russe; Lech donna à son peuple le nom de Lcchites, nom que les Russiens et les Russes donnent encore aujou rd'hui aux Polonais. Tout cela est une fablequel'on a inventée fort tard. Il y a eu plusieurs Lech au monde, mais on n'a pas entendu pendant bien des siècles parler d'un seul qui ait fait ces choses. Dans le temps où il doit avoir fixé son séjour imaginaire, il n'y avait pas encore d'armoiries, et nul état n'en possédait : les insignes héraldiques sont d'invention bien postérieure. Pareillement le nom des Russes, n'existait pas à l'époque où ces Lech et Rus, sont supposés avoir vécu. L'origine de cette fable date donc de l'époque où les Russes ont pris ou reçu ce nom. 11 est bien évident, mes amis, que d'après les noms des Léchites , des Czechiens ( Bohème ) , des Russiens et de Gniezno, on imagina les trois frères; on les appela Lech, Czech, Rus, et on inventa la fable de l'aire d'aigle, gniazdo orle. Partout on a inventé de semblables contes, dont aucun n'offre ni utilité ni instruction.

U. Dragon.

On dit que Krakus, prince polonais, transféra sa capitale dans la ville deKrakovie fondée par lui et à laquelle il donna ce nom, imité du croassement des corbeaux. Aux environs de cette ville apparut un dragon qui faisait de grands ravages. Il attaquait les villages, dévorait le bétail et les hommes. Pour le faire périr on lui jeta en pâture le corps d'unmouton rempli de soufre allumé. Ce soufre brûlant continuellement, fit unembrasementterribledans le ventre du monstreet le feu le consuma. D'autres disent que ce fut le filscadetde Krakus qui l'acheva dans son agonie, de quoi son frère atné fut si jaloux qu'il le fit périr par trahison, cepourquoi il fut chasséde la Pologne. Comme il ne se trouvait plusde fils de Krakus pour lui succéder, sa fille Vanda prit les rênes du gouvernement. Ne voulant point pour mari d'un allemand nommé Rittiger, elle lui fit la guerre, le vainquit et se noya ensuite volontairement dans la Vistule. Tous ces récits sont encore dépourvus de sens et d'imagination. Il n'a jamais existé nulle part de dragon comme celui dont il vient d'être question et tout ce qu'on en raconte n'est que mensonge. Ce qu'on dit de la manière dont on le fit périr n'estpas moins absurde, car le soufre

MSTOmE DE POLOGNE.

ne peut brûler privé du contact de l'air, dans le corps d'un mouton, et bien moins encore dans le ventre d'un dragon. Quant au fratricide, c'est une chose si abominable, que cette invention ne doit pas donner une haute idée de celui qui l'a conçue , quoiqu'il ait essayé de parodier l'histoire de Cain. Enfin le conte de llittiger a été tiré d'anciennes histoires d'autres nations et appliqué à Vanda. Donc , nous ne pouvons retirer aucun fruit de tels contes et mensonges.

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