‹ Histoire de Pologne (volume 2)Chapitre 118 sur 274 · Interrègne, confédération des dissidents · texte numérisé non relu

Interrègne, confédération des dissidents

L'interrègne suivant démontra bientôt combien il s'en fallait encore qu'on pût organiser la république. On n'avait pas de règlement pour les interrègnes. Ce n'est qu'à la première diète de l'interrègne actuel , qui prit le nom de la diète de convocation , qu'on statua que le primat-archevéque de Gnezne était en droit de convoquer les diètes pendant l'interrègne. En ce qui concerne le mode du choix, l'opinion de Jean-Zamoïski fut applaudie avec allégresse. Il se prononça en faveur du vote universel des citoyens, qui, ainsi que chaque noble , devaient avoir le droit de choisir le roi ; cette prérogativeétant considérée comme l'indice le plus certain de l'égalité de la noblesse ; par conséquent, outre les membres ordinaires de la diète chacun pouvait assister personnellement à la diète d'élection et donner son suffrage. On statua aussi que dans la diète de convocation on déterminerait l'époque de la diète d'élection. — En même temps, des symptômes dangereux pour la tranquillité publique se dévoilaient et on voyait que ce n'était que la sollicitude des Sigismondqui parvenait à les calmer et à les assoupir , sans pouvoir les amortir. C'étaient les dissidences, tant personnelles que religieuses, des seigneurs . Pendant le règne des deux Sigismonds, les sectes religieuses se multiplièrent en Litvanie et en Pologne : différentes doctrines des protestants, calvinistes, luthériens j celles des sociniens que l'an imosité des protestants voulut persécuter; grand nombre du rite grec méconnaissant la puissance du pape, adoptèrent les doctrines des protestants. Sigismond-Augusle assura également la liberté des cultes et sa protection à toutes les religions. C'est pourquoi , plusieurs évèques et même l'archevêque^-primat Uchanski étaient sur le point de rompre avec le pape ; le sénat avait dans son sein un grand nombre de protestants, et le pape craignit de voir lui échapper le roi et toute la république. Après la mort de Sigismond-Auguste , lorsqu'on proposa d'élire Ernst prince de la maison d'Autriche, ou Henri de Valois, duc d'Anjou, prince royal de France, les protestants ne voyant

POLOGNE FLORISSANTE

point de garanties certaines'.dans les deux princes, tous deux très-zélés catholiques, voulurent prévenir les conséquences et le malheur qui pouvaient résulter pour leur sécurité, et formèrent pendant l'interrègne, sous la direction de Firley, une confédération dont le but était d'assurer à tout dissident, c'est-à-dire à celui différant en matière de religion, le libre exercice de sa croyance. Le primat Uchanski, personnellement fâché contre Firley, en détacha plusieurs évèques, sénateurs et nonces qui avaient déjà signé l'acte, et il les décida à protester contre la confédération. Cette affaire suscita de grandes difficultés dans l'élection , ce qui faillit faire verser le sang et allumer la guerre civile.

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