Rupture des diètes
Mais le succès des diètes devenait très-incertain. Dans cette époque funeste et fatale par tant de désastres, la rupture des diètes passait en habitude. Il ne fallait plus, comme autrefois, de séparation bruyante ou tumultueuse, occasionnée par une dissention générale des esprits; un seul des nonces criait veto, c'est-à-dire je m'y oppose, et la dissolution de la diète était décidée, ce cri n'empêchait pas seulement la continuation des délibérations, mais il détruisait et rendait nulles toutes les décisions déjà arrêtées par l'assemblée. La diète était considérée comme non avenue. Sous le règne de Jean-Kazimir, Sicinski, nonce d'Upita, fut le premier qui, à la diète de 16B2, cria vélo, je m'y
QUATRIÈME TÊRIODE, DE 1587 A 1795.
oppose, et annula toutes les opérations de l'assemblée, en rompant la diète Tous ses collègues s'emportèrent et se fâchèrent contre lui, mais ils reconnurent la légalité de la rupture. Dorénavant on va voir les ruptures de cette manière de plus eu plus fréquentes. La reine savait en profiter, car il n'était pas difficile de trouver quelqu'un de la multitude des nonces, assez disposé à se laisser persuader ou gagner, pour proférer le cri : je m'y oppose. La reine, qui était française, exerçait une grande influence surle roi, elle avait su captiver l'esprit du sénat qui lui était dévoué; mais elle ne put parvenir à gagner aussi adroitement la multitude et la noblesse.