‹ Histoire de Pologne (volume 2)Chapitre 150 sur 274 · Coutumes des nobles de la classe moyenne · texte numérisé non relu

Coutumes des nobles de la classe moyenne

Les anciennes coutumes subirent de grandes modifications chez les nobles de la moyenne classe. Leurs maisons étaient ordinairement en bois, mais décorées des produits industriels fournis par la Hollande. On y voyait sur la tenture de la muraille, les portraits de leurs ancêtres, attachés suivant l'ordre généalogique. On plaçaitdans les chambres des poêles énormes

en carreaux de faïence coloriée pour échauffer la maison , et des foyers sous les cheminées , où l'on entretenait un grand feu. Des tables et des chaises travaillées avec simplicité. De nombreuses vaisselles en étain, en verre, en faïence, étalées avec symétrie sur les buffets et armoires, formaient réchansonnerie et meublaient les pièces destinées aux repas. L'argenterie se trouvait pour les jours de fêtes ; dans plusieurs maisons on voyait des commodes et des tables élégantes , incrustées en bois de différentes couleurs, en nacre ou en feuilles d'un métal luisant. L'argenterie ne surchargeait plus les tables comme autrefois, on ne portait plus aussi généralement des chaînes , on ne suspendait plus autant d'armes aux murailles, mais on continuait à servir les repas avec profusion. L'on y prodiguait le vin de Hongrie, l'hydromel et l'eau-de-vie. On commençait à allier le goût français à celui du pays. A l'exemple des riches seigneurs qui faisaient venir des cuisiniers d'Espagne , d'Italie et surtout de France , la noblesse moyenne assaisonnait moins ses plats, mais elle les adoucissait , se servant de pâtés , de gelées à la française. Cependant on conserva toujours l'ancienne cuisine nationale. On servait tous les mets sur des plats séparés qu'on cessait de placer sur la table; on les faisait porter à l'en tour , par des domestiques, pour les présenter aux convives. Pour ce service, des laquais devenaient nécessaires. On renvoya les domestiques de l'ancienne façon , dans les fermes fczeladzj; il ne restait que les haïduks, auxquels on réunit pour le sercice de la cour les kozaks et la livrée, et le nombre en était considérable. L'ivrognerie devenait une preuve d'hospitalité. Les nobles se réunissaient aux fêtes de famille , aux assises des tribunaux et de la justice terrestre, aux diétines, aux foires, aux kermesses, aux grandes fêtes de l'église. Ils se conviaient mutuellement, en bonne harmonie, et quelquefois se disputaient, en venaient aux mains et se servaient de leurs armes.

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