‹ Histoire de Pologne (volume 2)Chapitre 153 sur 274 · Ecoles · texte numérisé non relu

Ecoles

La plus grande partie des anciennes écoles n'existait plus. La Pologne était déchue de cette renommée qu'elle s'était acquise par ses lumières et son goût pour les sciences. Le

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mauvais style et les goûts dépravés s'emparèrent de toutes les publications, et il n'y eut plus d'ouvrage de quelque importance. Les écoles des protestants furent renversées à l'exception d'un très-petit nombre où l'instruction était meilleure. Quaut aux écoles catholiques, celles que dirigeaient les jésuites étaient les mieux dotées, les plus nombreuses et les plus fréquentées ; elles jouissaient de la plus brillante renommée. On voyait aussi naître les collèges des piaristes. Dans un pays en décadence, où la lumière était presque éteinte, l'instruction pouvait difficilement avoir une bonne direction. On ne travaillait pas dans les écoles à former un bon citoyen, mais on consumait le temps de la jeunesse à l'étude d'un mauvais latin. Un jeune homme à grosses moustaches, sortait à peine des basses classes des collèges, qu'on appelait infima ou les classes de la grammaire, où il apprenait par cœur les règles grammaticales; et passait à la rhétorique ou à des classes d'éloquence, où l'on enseignait à pérorer d'une manière ampoulée; dans la philosophie, enfin, où l'on apprenait à discuter par des jeuxde mots ou dessophismesqui prouvaient aussi bien le faux que le vrai. Les sciences utiles furent presque entièrement négligées. Un jeune homme passait rarement par toutes les classes jusqu'à la philosophie. Dès qu'il avait retenu, comme un perroquet, la grammaire et la rhétorique, il faisait son entrée dans le monde, ignorant bien discipliné, habitué aux rixes et aux voies de fait, exercé dans l'escrime du bâton. Les étudiants, animés par la haine des collèges, se faisaient mutuellement la guerre, bataillaient entre eux, insultaient et battaient les dissidents, lorsque la moindre occasion se présentait favorable à leur agression. Le jeune homme avait ordinairement plus de 30 ans lorsqu'il quittait les études. Il entrait entre les praticiens du barreau, qu'on nommait palestre, ou dans quelque chancellerie, ou enfin à la cour d'un seigneur où il allait prendre son instruction civique. Sachant qu'il était noble, avant d'être informé qu'il avait une patrie, il ne comprenait pas ce qui était utile pour le pays. A cette époque, apparut l'honneur chez les nobles, imitation baroque de l'honneur français inconnu à la langue nationale. Cet honneur, envenimait les rixes sanglantes qu'on appelait improprement

QUATRIÈME PÉRIODE, DE 1587 A t795. m

duels. Mais il était avéré, qu'un tel, querelleur, duelliste, sabreur, qui se présentait audacieuscment devant son adversaire, était le premier à lâcher le pied devant l'ennemi, au champ de bataille. Cet honneur mal entendu, menait à des complots, à des intrigues avec les étrangers qui parvenaient à s'immiscer de plus en plus dans les affaires de la république. Elle était dérangée, tombait en décadence , et personne ne se trouvait capable de la relever ni de la réformer. Jean - Kazimir sentait toute la grandeur du malheur et pouvait prédire sa chute prochaine.

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