‹ Histoire de Pologne (volume 2)Chapitre 160 sur 274 · Guerre avec Charles XII · texte numérisé non relu

Guerre avec Charles XII

Personne dans la Pologne et la Litvanic ne songeait à faire la guerre contre Charles XII. Auguste II l'avait seul entreprise avec ses Saxons, sans le consentement de la noblesse. Charles XII n'éprouva donc point une grande résistance. Il s'empara de Varsovie, et après avoir battu Auguste II près de Kliszov, il entra dans Krakovie. Des confédérations se formèrent dans la Pologne, à Sandomir, en faveur d'Auguste II, et dans la grande Pologne, une autre, en 1704, sous la conduite du primat Radzieiovski, en faveur de Charles XII, qui ordonna d'élire pour roi, Stanislav Leszczinski, palatin de Poznanie. Effectivement le choix eut lieu. Après avoir repoussé Auguste en Saxe, Charles XII, continua de l'y poursuivre jusqu'à ce qu'il l'eut forcé, par la paix d'Altranstadt, d'abdiquer la couronne et de reconnaître comme roi de Pologne Stanislav Lcszczinski. La guerre de Saxe étant terminée, il traversa toute la Pologne, marchant contre les Russes qui s'étaient avancés vers Grodno, et se retiraient à son approche. Sa défaite à Pultawa, en 1709, où les Russes mirent en déroute toutes ses forces, enhardit Auguste II à rentrer en Pologne, où, soutenu par les Russes, il repoussa les Suédois et soumit tous leurs partisans. Cependant les troubles recommencèrént bientôt. On demandait que Tannée saxonne évacuât la Pologne. Une confédération eut lieu à cet effet à Tarnogrod. La Russie voulut y apporter sa médiation. Enlin , la pacification fut conclue et ratifiée en 1717, par la diète dite muette. Elle était ainsi qualifiée, parce que pendant le court espace de sept heures

qu'elle dura, on y fit seulement la lecture de la pacification, sans que le silence y fut interrompu. Les Saxons évacuèrent la Pologne, et l'armée russe de Pierre-le-Grand n'en sortit qu'en 1720. Auguste H fit des traités de paix avec la Suède» en 1720 et 1723.

19 i. La Pologne accablée de désastres.

Ne prenez pas de mauvaise part, mes chers enfants, si je vous ai fait connaître tant d'événements désastreux, et quelles furent les funestes conséquences de tant de victoires remportées, au temps de Sigismond III, et si je vous ai a peine mentionné l'expédition brillante de Sobieski à Vienne, dont tous les avantages furent pour l'Autriche, mais dont la Pologne ne retira aucun profit, tandis que je n'ai pas négligé de vous signaler les troubles qui ont agité le règne de ce même Sobieski. Je devais, mes enfants, dans l'intérêt de la vérité et de votre propre instruction , vous indiquer ces tristes événements. Si j'ai attaché votre réfiexion particulièrement aux désastres qui, sous le règne de Jean- Kazimir.se succédèrent sans interruption, si j'ai parlé aussi de ceux qui suivirent, c'est qu'ils eurent une très grande influence sur le sort de la Pologne, déjà en décadence. Les vertus nationales avaient alors d'autant plus de droit a l'estime que dans ces temps de désolation les vices de la noblesse faisaient éprouver à la Pologne les plus terribles angoisses. Ces tristes calamités amenèrentdes conséquences plus déplorables encore. Voyez sur la carte n.° 11, les principales routes parcourues par les Suédois, les Kozaks et les autres agresseurs. Ils se répandaient dans toute la Pologne, portant avec eux le pillage et la dévastation. Non-seulement ils laissaient des traces de leurs excès sur la route principale qu'ils suivaient, mais ils portaient aussi la désolation sur les chemins vicinaux, à droite et à gauche des grandes routes. Les guerres civiles de la Pologne et de la Litvanie affectaient non moins le pays ruiné (60). Tel 8

(60) Voyez la note 348, au chap. 126 des considérations sur l'état polit, de Pol., dans laquelle on a plusieurs exemples de la dévastation

POLOGNE EN DÉCADENCE

lurent les événements qui se passèrent pendant un espace de soixante-dix ans seulement, depuis le commencement du règne de Jean-Kazimir , jusqu'à la diète muette : c'està-dire, de 1648 à 1717. Cet aperçu vous rappelle que l'état fut amoindri par plusieurs pertes considérables, dépeuplé, dévasté, la natiorî affaiblie et démoralisée par les fautes de la classe prédominante et particulièrement par les aristocrates.

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