Cou vocation
Les deux partis contraires se rendirent en armes à la diète de convocation. La salle de la chambre des nonces était pleine d'hommes armés. D'après les anciennes règles , le maréchal de la dernière diète ouvrait la diète suivante. Le vieux maréchal, Adam Malachovski, devait remplir cette fonction. Un petit nombre de nonces rassemblés attendait depuis longtemps son arrivée. Pendantce temps, Mokranovski, nonce de Bielsk , prépara au nom des absents un acte de protestation et de rupture de la diète. Enfin, le vieux Malachovski, si impatiemment attendu, entre et s'avance au milieu de la chambre, tenant son bâton de présidence baissé. Aucune menace ne l'effraie, ne peut ébranler sa fermeté. Sans le relever, il déclare s'opposer à toutes mesures indignement préparées, il annonce qu'il va emporter le bâton de président, puisque les lois sont sans force et la liberté insultée par la violence et les troupes étrangères. Aussitôt il s'éloigne de la chambre précédé de Mokranovski , et se frayant un passage à travers la foule, il sort de l'enceinte du château. Ainsi la diète fut rompue, et toutes les formes de la rupture observées. Cependant le parti le plus fort resta dans la salle, proclamant pour maréchal le prince Adam Czartoryski fils d'Auguste; et forma une confédération qui devait continuer la diète, diriger l'élection du roi et exécuter les réformes. Jean -Clément Branicki, hetman , Charles
POLOGNE EN DÉCADENCE
RadzivîU et les autres membres de l'opposition poursuivis, s'apercevant qu'il leur était impossible de lutter contre des forces supérieures , se retirèrent du pays et laissèrent aux adversaires le cbamp libre pour continuer leurs plans sans obstacles.
Les états s'assemblèrent pour l'élection, comme à l'ordinaire, entre les villes de Varsovie et Vola, sur le champ destiné à cette cérémonie. Au centre du champ, un hangar fut construit, où le sénat se plaça dans Tordre prescrit. A roté, une place plus spacieuse fut destinée aux nonces terreslres, dont l'assemblée portait le nom de cercle, kolo. Le terrain occupé par les membres des deux chambres fut enceint d'un fossé et d'un rempart carré oblong, ayant trois portes, l'une à l'ouest pour la grande Pologne, l'autre au midi pour la petite Pologne, la troisième, à l'e*t pour la Litvanie. Aux alentours du rempart , des tentes fuient dressées pour la noblesse et les députés de sept villes principales, qui s'y réunissaient dans l'ordre des palatinats, relativement aux trois portes des trois provinces. Après la messe du matin, célébrée dans l'église paroissiale de St-Jean, à Varsovie, le primat, comme chef de l'état, l'inter-roi, remplaçant la haute autorité royale, se rend au champ d'élection dansun carrosse à six chevaux, précédé de sa cour, de son crucifix, c'est-àdire, d'un prélat à cheval, tenant la croix primatiale, et de son maréchal, dont les fonctions étaient toujours remplies par un sénateur castellan. Les sénateurs, les nonces et l'état équestre le suivent, déployant le faste accoutumé à une semblable occasion. Tout le cortège arrivé sur lelieu, chacun se rend à sa place, tant dans l'enceinte du rempart que sous les tentes palatinales. Personne n'ignorait que la cour de Pétersbourg et celle de Berlin proposaient pour roi Stanislav- Auguste Poniatovski, écnyer de la table (stolnik) du grand duché de Litvanie. L'amitié de son père avec le roi Lcszczinski, ses liens de parenté avec la famille de Czarloryski, StanislaY - Auguste étant fils de la sœur de Michel et d'Auguste Czartoryski ; et surtout les faveurs de limpéra-