‹ Histoire de Pologne (volume 2)Chapitre 169 sur 274 · Reforme, concorde · texte numérisé non relu

Reforme, concorde

Les lois qui devaient réformer la république étant arrêtées par les états à la diète de convocation, sans la participation du roi, on les présenta avec différentes autres décisions à la diète du couronnement où elles furent ratifiées et où de nouveaux règlements furent décrétés. La républiqup, conformément à ces décrets, reconnut aux souverains de la Prus-e et de la Russie, les titres de roi et d'empereur qu'elle leur contestait ; elle borna le pouvoirdeshetmans et des maréchaux ; limita les effets du vélo, accorda au roi un pouvoir exécutif plus étendu. Dans la diète du couronnement, on donna le titre de prince à la famille royale. Bientôt après, le roi institua Tordre de Saint-Stanislav, et organisa sa cour d'une manière très-brillante j il établit l'école militaire des cadets et une fonderie de canons; il ouvrit l'hôtel des monnaies. Son règne commença sous les plus beaux auspices. Jean-Clément Branicki , revenu dans sa patrie, se retira dans sa résidence, à Bialystok, où il mena une vie retirée. Les autres personnages contraires à l'élection du roi, revinrent aussi et reconnurent son autorité. Mais ce calme et cet

POLOGNE EN DÉCADENCE

accord ne durèrent pas long- temps; et comme dans un beau jour on aperçoit les indices de l'orage, on vit se multiplier des causes de discorde qui ébranlèrent le trône de Stanislav-Auguste.

Les cours de Pétersbourg, de Berlin et d'autres puissances présentèrent des notes par lesquelles elles demandaient de réintégrer des dissidents dans leurs droits de citoyen qu'ils possédaient autrefois. L'ambassadeur de Russie, Repnin, exigea la dissolution de la confédération des princes Czartoryski et le rétablissement du vélo dans son ancienne vigueur. On se conforma à sa volonté. Quant aux dissidents, plusieurs d'entre eux, impatients de presser leurs affaires, cédaient aux suggestions des étrangers et commençaient à former des confédérations sous la protection des puissances voisines. Stanislav Brzostovski, les autres mécontents et adversaires du roi et des Czartoryski, formaient aussi des confédérations auxquelles la cour de Pétersbourg offrit son appui. Charles Badzivill se laissa séduire par les instances de Brzostovski, revint en Pologne et se joignit aux confédérés. Le prince Repnin tâcha, avec sa politique rusée, de rapprocher les esprits turbulents de tous les mécontents et réussit à réunir toutes les confédérations, quelles que fussent leurs opinions, dans une seule confédération dite de Radom, sous les chefs de Brzostovski et de Radzivill. Alors il agit impérieusement, imposa à cette confédération la garantie de l'impératrice Catherine II et obtint l'adhésion du roi ; par conséquent une réconciliation forcée des mécontents avec lui. Il soumit par ce moyen la confédération de Radom et le roi, qui désormais furent dociles à toutes ses volontés. Les confédérés convoquèrent une diète à Varsovie, pendant laquelle Repnin, éprouvant une opposition vigoureuse dans la question des dissidents, employa une violence extrême. Il lit arrêter quatre des plus ardents, ceux qui soulevaient des obstacles, particulièrement dans le sénat, savoir les trois sénateurs Soltik, évèquede Krakovie, Joseph-André Zaluski, évêque de Kiiov, Venceslav Rzevuski, palatin de

20/i. Confédération de Radom.

Krakovie, et son fils Sévérin, et ils furent, sous une forte escorte russe, transportés de Varsovie au fond de la Russie.

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