Succès vacillant. Des dissidents agitent les esprits
Près de Szczekociny, Kosciuszko essuya une perte où il apprit qu'il avait à combattre, non-seulement les Russes, mais aussi les Prussiens; Krakovic tomba dans les mains des ennemis et fut occupée par eux. L'action commença à se renfermer aux environs de Varsovie, assiégée par les Russes et les Prussiens. La capitale se trouvait à la veille d'une disette, lorsque le soulèvement opéré dans la grande Pologne par Mnievski et soutenu par Jean-Henri Dombrovski et Madalinski, fit une diversion salutaire qui décida le roi de Prusse à se retirer avec toute son armée des murs de Varsovie. En même temps des renforts très-considérables arrivèrent aux Russes, une nouvelle armée se rapprochait et menaçait d'un autre côté. Dans ces conjonctures difficiles, les inquiétudes et l'animosité agitaient les esprits, les opinions et les partis se divisaient. Une fermentation pénible se faisait sentir à Vilno, mais beaucoup plus à Varsovie. Le peuple de Varsovie, excité contre les détenus politiques, fit pendre ceux dont la sentence était prononcée, et plusieurs autres sans même attendre leur jugement. Ceux qu'on accusait d'avoir poussé le peuple aux excès, appartenaient au parti qu'on jugeait être porté à la violence et qu'on appelait hugoniste , parce qu'il avait pour chef Hugues Kollontay, un des membres du conseil suprême, dont le caractère remuant semblait favoriser la violence. Kosciuszko cherchait à calmer et à réprimer l'exaspération. Il éprouva beaucoup de chagrin en cette occasion.
i*G POLOGNE EN DÉCADENCE