Dombrovski. Légions polonaises en Italie
Parmi les émigrés Polonais, le général Jean-Henri Dombrovski se trouva dans une position singulière. Il avait servi autrefois dans l'armée saxonne et parlait mieux allemand que polonais -, il unissait à l'amour des richesses, de grands talents militaires. Le roi de Prusse, croyait pouvoir rattacher à son service par l'appât de l'argent; de leur côté les patriotes polonais comptaient avec confiance , que fidèle à la voix de la patrie, il irait consacrer ses capacités à la cause des nations. Aussi Dombrovski rejeta-t-il les offres du roi de Prusse , et se rendit à Paris , où il proposa au directoire exécutif de former des légions polonaises. Il y avait alors en France une loi qui défendait aux étrangers d'entrer au service de la république, ce qui fit que ce projet n'eût point de suites. Mais , comme la France alors très-puissante , créait d'autres républiques , elle recommanda la formation des légions polonaises à la république Lombarde, qui était connue aussi sous le nom de Cisalpine. Or , le général Dombrovski , signa le 9 janvier 1797, à Milan une convention , en vertu de laquelle les Polonais qui entraient dans la légion , devenaient citoyens de la république Cisalpine, en conservant toutefois leur langue et leurs couleurs nationales ; la république s'engagea à fournir tout ce qui serait nécessaire pour la formation et l'entretien des légions. Ainsi les émigrés Polonais prenaient un service étranger, mais ils le faisaient mûs par un sentiment de fraternité, qui unit tous les peuples et pour défendre une bonne cause, comme l'annonçait la devise qu'ils mirent sur leurs drapeaux : « Les hommes libres sont frères. » (4)