Campagne de Prusse ; Napotéon érige le duché de
Après la bataille d'ïéna , .Napoléon s'avança rapidement, et les débris des légionnaires polonais entrèrent sur le territoire national , avec Dombrovski. Dix ans s'étaient écoulés depuis la chute de la Pologne, et dans cet intervalle la plupart d'entre eux étaient morts ou vieillis; la nouvelle génération, pouvait à peine se rappeler l'ancienne Pologne et ses vieux patriotes qui revenaient cicatrisés et mu tilés : cependant rien ne pouvait se comparer à l'allégresse et à l'enthousiasme général avec lequel on reçut les Français et les vieux légionnaires polonais. A Poznan, à Varsovie, dans toutes les villes et villages, hommes et femmes, enfants et vieillards, se pressaient sur leur passage et se réjouissaient de voir arriver des libérateurs. Après dix années d'attente, le moment était enfin arrivé où les Po'onais pouvaient combattre sur leur sol natal pour l'indépendance de leur patrie ; chacun volait aux armes, et l'armée polonaise, créée comme par enchantement, courut affranchir la vieille Prusse et assiéger Dantzick. Les Russes allèrent au secoursdu roi dePrusse, et les Françaissebattirent de nouveau contre les deux spoliateurs delà Pologne, à Pultusk, à Eylau, à Friedland. Les Polonais croyaient que Napoléon passerait le Niémen et qu il entrerait en Litvanie, mais il en fut autrement. 11 eut une entrevue avec l'empereur Alexandre, à Tilsit, et le 7 juillet 1807, il signa avec lui un traité de paix. Tne partie considérable de la Pologne fut enlevée au roi de Prusse et érigée en duché de Varsovie; en outre, la ville de Dantzick devait former un état libre. Mais ce n'était plus cette liberté dont elle jouissait quand république ellemême, elle faisait partie de la république de Pologne. Ce qui parut aux Polonais plus étrange et plus douloureux, c'est que
Varsovie.
Napoléon, loin de reprendre au roi de Prusse tout ce que celui-ci avait acquis dans les trois partages successifs de la Pologne, en détacha une grande partie appelée le cercle de Bia!ystok,qu'il donna à la Russie. C'est ainsi que Napoléon disposait des terres de la Pologne au profit de la Russie ; c'était le quatrième pjrtage.
16. Le» Polonais chassent les Autrichiens de la Galicie. Napoléon augmente le duché de Varsovie.
On disait que Napoléon n'osait pas se hasarder au-delà du Niémen, de peur que l'Autriche ne tombât sur les derrières de son armée. Peu de temps après, il en vint aux mains avec cette puissance. Cette fois la Russie était Palliée de Napoléon. Les Polonais se trouvèrent dans leur petit pay«, n'ayant que quelques mille hommes de troupes et tout-àfait séparés de la grande armée. Pendant que Napoléon, remportant en Allemagne de brillantes victoires, se frayait le chemin de Vienne, l'archiduc Ferdinand marchait sur Varsovie avec une armée quatre fois plus nombreuse que celle des Polonais (*). Huit mille Polonais combattirent courageusement à Raszin, le 19 avril 1809, et restèrent maîtres du champ de bataille. Cette étonnante résistance engagea l'archiduc à accepter une convention en vertu de laquelle Varsovie lui fut livrée, à condition qu'il n'entreprendrait rien contre Praga.Dombrovski courut alors dans la grande Pologne, pour y lever à la hâte de nouvelles troupes, et le prince Joseph Poniatovski passa laVistule avec une partie de ses forces. Sa petite armée, gardant toute la rive droite du fleuve, détruisit le pont de Gora par où les Autrichiens tentaient de passer, et inonda la Galicie. Alors s'ouvrit une campagne dont on ne trouve que peu d exemples. Quelques milliers de guerriers polonais dispersaient sur tous les points les masses autrichiennes, occupaient plusieurs villes et une grande étendue de pays. Les Autrichiens fuyaient de tous côtés sans pouvoir opposer de résistance, ils étaient
(• ) Cette guerre de 1809 a trouvée lout récemment un écrivain dans la personne du général Sollik, qui en a publié l'histoire en français, à ParU en 1840.