‹ Histoire de Pologne (volume 2)Chapitre 211 sur 274 · Mon de plusieurs Illustres citoyeus · texte numérisé non relu

Mon de plusieurs Illustres citoyeus

A peu près à la même époque, et dans le court espace de quelques années, la nation polonaise perdit d'autres citoyens qui avaient bien mérité de la patrie dans les derniers moments de la république. Hugues Kollontaï mourut en 1812, dans l'année de l'expédition de Napoléon contre la Russie, et il ne vit pas la chute de la puissance gigantesque

ROYAUME DE POLOGNE

sur laquelle il conseillait à ses compatriotes de compter. Un an après arriva la mort de Thadée Czacki , au moment où s'écroula la puissance de Napoléon. Nous avons parlé plus haut de la fin déplorable du prince Joseph Poniatovski, dont la mémoire sera toujours chère à ses compatriotes, par le dévoûment dont il a donné des preuves dans les dernières années de sa vie. La mort de Tliaddée Kosciuszko fut suivie de celle du cordonnier Jean Kilinski , conseiller municipal de Varsovie, avant la chute de la Pologne, colonel pendant l'insurrection de 1791, et qui avait rendu de grands services à sa patrie. Après son retour de la prison de Pétersbourg, il habitaVarsovie, entouréde la considération générale.Une foule de citoyens de toutes les classes suivirent son cercueil, en se rappelant le carnage de Praga et la chutede l'ancienne république. L'année suivante, 1818, on eut à déplorer la mort du général Jean-Iïenri Dombrovski, dont le nom sera toujours inséparable de l'histoire des légions polonaises et des armées nationales qu'il commandait aux jours de gloire et d'infortune, donnant partout des preuves de grands talents militaires. Sincèrement attaché à sa patrie , il gémissait sur son lit de mort, sur l'état passé et présent de la nation, et sur tant de sang inutilement répandu. Sa longue expérience lui faisait croire, que si Napoléon fût parvenu à planter ses aigles victorieuses sur les bords de la Vistule, il n'eût rien fait pour la liberté et l'indépendance de la Pologne. Alexandre, qui prenait le titre de restaurateur de la Pologne, offrait, dans son opinion, encore moins d'espérance. Dombrovski craignait que ce titre ne donnât naissance à des illusions dangereuses qui pourraient jeter dans la nation un germe de division. Il souhaitait que les polonais d'aujourd'hui ne s'appuiassent, à l'exemple de leurs ancêtres, que sur leurs propres forces, qu'écartant tout ce qui pourrait les désunir, ils cherchassent à reconquérir leur indépendance par eux-mêmes, et sans attendre des secours étrangers. Ces paroles retentirent dans tous les cœurs ; elles furent d'autant mieux comprises que le changement dans les vues d'Alexandre et sa fausseté, se faisaient sentir au pays d'une manière chaque jour plus sensible.

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