‹ Histoire de Pologne (volume 2)Chapitre 227 sur 274 · Dictature confirmée par la diète · texte numérisé non relu

Dictature confirmée par la diète

L'ouverture de la diète produisit sur Chlopicki une impression des plus pénibles. Il déposa dans la nuit même la dictature et il devait le faire. Mais ceux qui avaient imaginé ce pouvoir monstrueux pour arrêter et étouffer l'insurrection > surent donner le change à l'opinion publique en répandant les alarmes, et les bruits les plus absurdes. Ils ne cessèrent de crier qu'un grand danger menaçait la patrie, que l'ennemi était déjà aux portes de la ville, qu'à tout moment, i| pouvait envahir la capitale, et que l'armée était sans chef; et l'on répétait lamentablement:» l'armée est sans chef !D es esprits légers ou séduits se déclaraient prêts à défendre les armes à la main la cause de la dictature et de Chloprki. Le maréchal de la diète, Vladislav Ostrovski, voulant réparer l'échec qui avait déconcerté les plans des contre-révolutionnaires, alla trouver dans la nuit Chlopicki, rédiga avec lui un projet de loi sur la dictature, et sans réfléchir qu'il allait satisfaire les plans du parti russe, il convoqua inopinément

RÉVOLUTION

la séance pour le 20 décembre et introduisit par force sou projet de loi. La chambre surprise et induite en erreur par Ostrovski, qui jouissait d'un immense crédit, oubliant le pays, la nation, se mit à délibérer sur la dictature. Il n'y eut que Théophile Moravski qui vota contre. Lelevel déclara qu'en de pareilles délibérations, il regardait le scrutin comme nul. Ainsi le général Chlopicki fut autorisé à reprendre la dictature, au grand regret de ceux mêmes qui avaient voté pour lui. D'après cette décision , la séance fixée au 21 décembre n'eut pas lieu et la diète se sépara sans avoir eiaminé l'état des affaires , ni déclaré par un acte quelconque sa manière d'envisager la révolution et la cause nationale. Elle nomma seulement deux commissions , l'une pour rédiger un manifeste, l'autre pour l'approuver et le publier, ainsi que pour surveiller le dictateur , et lui ôter le pouvoir en cas de besoin.

Quoique les commissions nommées par la diète pour rédiger et publier le manifeste possédassent de pleins pouvoirs , ces pouvoirs étaient en réalité inférieurs à celui de la diète elle-même, et très-passifs. N'ayant ni la souveraineté ni l'autorité législative de la diète, elles se trouvaient en face de la dictature constituée par la diète, dont les vues politiques étaient opposées ; la diète ayant proclamé l'insurrection des deux nations, et la dictature respectant la domination de l'empereur Nicolas, et ne connaissant d'autre Pologne que celle du congrès de Vienne. La commission du manifeste se vit obligée de le rédiger de manière à ménager la chèvre et le chou. Dans le document qu'elle prépara, et qui d'ailleurs n'était pas sans mérite, on produisit les droits imprescriptibles de la nation polonaise et les violences qui la firent succomber; on déclara que la nation ne s'était soumise aux décisions impérieuses du congrès de Vienne que dans l'espoir de trouver dans sa soumission un soulagement momentané à ses malheurs, bien qu'elle eût prévu que l'harmonie n'existerait pas longtemps entre le tzar despotique et le roi constitutionnel. Ce document donna aux Russes l'assurance

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