‹ Histoire de Pologne (volume 2)Chapitre 43 sur 274 · Bolcslav III, bouche-lorsc, et Zbigniev · texte numérisé non relu

Bolcslav III, bouche-lorsc, et Zbigniev

Zbigniev fut vraiment malheureux! Plus âgé que Boleslav III, il régna sur la partie de la Pologne qui lui avait été désignée par sou père; mais il ne put elTacer la tache imprimée à sa naissance, et son cœur mal disposé en fut exaspéré. L'ambition le porta plusieurs fois à se liguer avec les ennemis de la patrie. Cette conduite attira sur la Pologne de nouveaux malheurs. — Boleslav III eut à combattre sans relâche les ennemis suscités par l'esprit turbulent de Zbigniev : lés Prussiens, les Poméraniens, les Bohèmes et les Allemands. La guerre qu'il eut à soutenir contre ces derniers fut la plus importante ; elle se termina ainsi : L'empereur avait placé son camp près de Vrotslav, lieu qui lui devint funeste. Il fut forcé de l'abandonner avec les restes de son armée affaiblie par la famine. Dans la suite, par mépris contre les Allemands, on le nomma lechampdes chiens (16). Un autre fait d'armes de Boleslav III fut la conquête de la Poméranie, pays situé entre la Vistule et l'Oder, et dont il convertit les habitants au christianisme. Les rois de Pologne l'avaient soumise plusieurs fois, mais Boleslav III, bouche-torse, la réunit définitivement à la Pologne. Entraîné par son caractère bellL queux, il poussa ses conquêtes jusqu'à l'Ile de llugcn et audelà des pays habités par les Lutices-Vilces. Mais elles ne furent point conservées par ses successeurs.

(16) P$ie polè en po'onais, Uunisfdd en allemand, aujourd'hui petit bourg, près do Brcalar.

POLOGNE CONQUÉRANTE

ft7. Assassinat de Zbignlcv.

Chaque victoire gagnée sur les ennemis était une nouvelle humiliation pour Zbigniev, et rendait plus évidentes ses coupables manœuvres et sa scélératesse. Souvent il conjura la perte de son frère, lorsque celui-ci, au contraire, l'ayant mainte fois à sa disposition, lui pardonnait généreusement. Enfin, dépouillé de cette paYtie de l'état qui lui fut désignée par son père et banni de sa patrie, il obtint de son frère la permission d'y rentrer. Revenu, il fit porter devant lui son glaive, comme insigne de la royauté et de la souveraineté. Ses vaines bravades et ses présomptueuses menaces indignèrent Boleslav au point qu'il lui échappa une fois de manifester le désir de s'en voir débarrassé, et des hommes serviles, toujours trop empressés de chercher les occasions de se rendre agréables à leur maître, se hâtèrent d'assassiner Zbigniev. Mais si cette mort délivra Boleslav d'un ennemi , elle lui en suscita un autre dans sa propre conscience qui lui reprochait d'avoir causé la mort de son frère. Son repentir et les actes expiatoires qu'il s'imposa publiquement, ne calmèrent point ses remords.

h%. Chagrins et affaiblissement.

Les tourments auxquels il était en proie, furent encore aggravés par les révoltes de plusieurs châtelains, ses principaux officiers, qu'il fut forcé de punir sévèrement. Dans la guerre civile de Hongrie, le parti au secours duquel il était venu le trahit et , par sa défection, lui fit essuyer une grande perte. Les Bohèmes pillèrent la Pologne et les Russiens, secondés par la trahison, l'envahirent plusieurs fois. Boleslav, ne pouvant plus réparer ses pertes ni venger ses outrages réitérés, en conçut une affliction qui détruisit sa santé et accéléra sa fin. Dans son agonie à Plock, en 1139, il partagea son royaume entre ses quatre fils Vladislav, Boleslav, Mieczislav et Henri -, le plus jeune, Kazimir, encore enfant, n'obtint rien.

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