‹ Histoire de Pologne (volume 2)Chapitre 52 sur 274 · Russie en partage · texte numérisé non relu

Russie en partage

Leszek-le-blanc était un prince bon et probe, l'amabilité et la douceur étaient le cachet particulier de son caractère. Les Russiens lui suscitèrent de nombreux embarras. Les

mer les contcslations, de lever les incertitudes; afin de l'accomplir, il lui faut entrer en possession de l'autorité suprême et de la capitale. R promet, sous l'anathème le plus solennel, à la mère, Hélène, d'adopter le petit Leszek pour Ois et de le nommer héritier présomptif. Iléléne se laisse tromper et Mieczislav-Ie-vieux fit, en 1200, son entrée à Krakovie.

« Leszek-le-blanc y revint bientôt parce que la mauvaise foi de l'oncle était reconnue, et il ne put prendre de mesures efficaces pour résister. Congédié pour la troisième fois, il recommence ses intrigues et sème la discorde entre Hélène et Nicolas. H se plaint devant elle, que le palatin l'empêcha de tenir sa parole ; il s'engage de nouveau de remplir sa promesse, si elle veut éloigner le vieux palatin. Elle se rend à ses suggestions, et se montre implacable dans sa colère contre Nicolas, ce qui décide une réconciliation du vieux prince avec le vieux palatin; Micczislav III est même invité par Nicolas de retourner de nouveau.

Micczislav III arrive à Krakovie prendre possession de la monarchie pour la quatrième fois. Leszek se retire à Sandomir. Ce fut la dernière reprise de l'autorité par Micczislav. Deux fois du temps de son frère Kazimir, deux fois du temps de son neveu, il s'empara du trône; il mourut en 1201, laissant aux aristocrates la question indécise. Leszek est d'abord invité après la mort de son oncle, mais le palatin offensé ne voulait y consentir qu'à condition que le palatin de Sandomir, Govorck, serait éloigné et exilé. Malgré les protestations trés-dévouées de Govorek, qui voulait se retirer, le jeune Leszek ne crut pas convenable d'acheter sa monarchie & celle condition humiliante, et consentit qu'elle fut offerte à Vladislav-aux-jambes-gréles, fds de Miec" zislav III.

descendants de Jaroslav-le-grand s'étant multipliés, devinrent beaucoup plus nombreux que ceux de Boleslav-bouchetorse. Pendant leurs discordes, il se forma un grand nombre de petits duchés dont les uns furent gouvernés par des ducs élus et les autres le furent par droit de succession, par certaines branches de la famille de Jaroslav : tels furent les duchés de Polock, Smolensk, Czerniecbov, Vlodimir sur la Klazma, Halicz dans la Russie-Rouge et beaucoup d'autres dont l'existence fut plus ou moins prolongée. Vlodimir sur la Klazma et ses environs n'étaient qu'une colonie de Russiens, ainsi que toutes les villes de ces contrées situées au-delà des forêts. Les princes de Vlodimir sur Klazma s'arrogèrent le titre de grands-ducs et humilièrent les grands-ducs de Kiiov. La Russie fut de cette manière très-divisée. La décadence de Kiiov, contribua à l'accroissement de Halicz. Mais les guerres civiles y amenèrent les Polonais et les Hongrois, et comme ils avaient chacun des partisans, ils s'y formèrent deux partis appelés polonais et hongrois, ce qui permit aux voisins d'envahir mainte fois cette principauté puissante et d'y conserver leur influence. Leszek-le-blanc , devait veiller aux changements qui y arrivaient.

G2. Halicz.

Les princes de la branche de Volodar, issus de Jaroslavle-grand exerçaient leur domination sur Halicz, lorsque ceux de la branche cadette kiiovienne d'Izaslav II, voulurent s'emparer de ce duché. Kazimir soutint Romain, prince de cette branche cadette, et le mit en possession du duché de Halicz ; mais Romain, farouche et cruel envers ses sujets, fit aussi preuve d'ingratitude en déclarant la guerre à Leszekle-blanc fils de son bienfaiteur, lorsqu'il n'avait encore sous sa domination que le Sandomir. Romain vaincu, périt dans une sanglante bataille, près de Zavichost, laissant son fils Daniel dans un âge très-tendre. Leszek le protégea et invita les Hongrois à lui prêter leur appui. Reconnaissant l'impossibilité de soutenir sa cause, il donna le trône de Halicz à sa fille Salomée et la maria à Koloman, fils du roi de Hongrie, qui fut couronné roi de Halicz : il crut par ce moyen

LÉCHIE EN PARTAGE.

concilier les intérêts des partis : mais l'esprit inquiet et remuant des grands dellalicz ne pouvait être satisfait, ni d'un descendant d'Izaslav II, ni d'un Lach (Léchite), pas plus que d'un Hongrois. Les Hongrois qui, par Koloman, avaient acquis une grande prépondérance, irritèrent les Russiensen persécutant le rite grec Leszek indigné de voir les Hongrois opprimer les Russiens, provoqua l'intervention de Mstislav- Mstivlavicz. C'était un de ces hommes rares, vertueux et désintéressés, disposés à se sacrifier pour le bien de ses compatriotes. Il était un des princes de Smolensk. Les villes et les ducs s'adressaient à lui dans leurs contestations. Arbitre de tous les différends russiens, il réconciliait ou châtiait les turbulents. Il régissait le gouvernement de Novogorod-lagrande, lorsque Leszek l'invita à veniràHalicz. Il se sépara donc des Novogorodiens, et courut à Halicz, d'où il chassa les Hongrois. Après avoir rétabli la tranquillité et l'ordre dans le duché, il le remit à Daniel, lorsque devenu plus âgé celui-ci eut acquis plus d'expérience.

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