Le* chevaliers teutoniques guerroyent
— Puissance des papes.
Svèntopelk, duc de Poméranie, sentit alors tout le danger dont les Allemands menaçaient son pays. Voulant détruire Tordre teutonique établi en Lécbie, il se lia avec les Prussiens subjugués et les Litvaniens encore païens , contre les chevaliers de cet ordre. Les chevaliers teutoniques, de leur coté, s'allièrent avec les chevaliers porte-glaive, aussi d'origine allemande, établis en Livonie, pour combattre le paganisme. Le pape appela toute l'Europe au secours des moines de ces deux ordres. De toute part, on voyait arriver des guerriers croisés pour soutenir Tordre teutonique. Ces croisades rendirent les guerres plus terribles dans les pays situes entre la Vistule et le Niémen. Cependant Svèntopelk, déployant un caractère et des talents rares, soutint la lutte avec une vigueur qui fatigua enfin ses ennemis. A cette époque, la puissance du pape était grande ; tous les pays chrétiens se soumettaient à ses ordres, on le regardait comme le chef suprême de la chrétienté, et les souverains respectaient son autorité. Il agissait en suzerain de tous les états chrétiens, parlait en leur nom, et traitait au nom de l'Europe, avec la horde d'or des Mongoux, qui dominaient en Asie. On avait une haute idée de la puissance du pape, et plusieurs souverains recherchèrent sa protection. Mindove, duc de Litvanie, la recherchait contre ses ennemis de l'intérieur, les chevaliers teutoniques, porte-glaive et les croisés; Daniel, duc russien de Halicz, pour obtenir des se-
SECONDE PÉRIODE , DE t!39 A 1333.
cours contre les Tatars; et les Polonais souffrant tant de tort de la part des chevaliers teutoniques, croyaient trouver auprès du pape, justice, aide et protection. Mais toute sa puissance fut rendue vaine par le désordre et l'indocilité de la chrétienté, et son intervention souvent resta sans succès.
71. Royaumes russicn et lltvanlcn. — Mort de Bolcslav V, le pudique.
Rappelez-vous que le duc russien, Daniel, était chrétien du rite grec, et le duc litvanien, Mindové, idolâtre. La domination de Daniel et son duché de Halicz s'étendaient depuis l'embouchure du Danube jusqu'au delà du Dnieper; il régna également sur Kiiov. Ayant promis au pape d'unir le rite grec dans ses états avec le latin, il fut couronné roi de Russie en 1216, avec le consentement du pape : alors il espérait obtenir les secours qu'on lui avait promis contre les infidèles Tatars. Mindové se fit baptiser en 1252, et fut couronné roi^de Litvanie : entré au sein de l'église romaine, il attendait avec impatience le moment où les chevaliers teuton iques et porte-glaives, obéissant au pape, cesseraient de l'inquiéter. Mais aucun secours n'arrivait, et les cheval iers continuaient leurs déprédations; alors, Daniel renonça à son alliance avec le pontife, et Mindové abjurant le christiauismc, excita les païens à déployer toute leur énergie et se rendit redoutable. La mort de Mindové en 1263, et celle de Daniel en 1266, donna occasion aux Polonais d'entreprendre la guerre. Ils détruisirent, en 1264, les Jadzingues déjà trèsaflaiblis par les Litvaniens, les llussicns et les chevaliers teutoniques; ils conquirent la Podlachie dépeuplée. Par la bataille de Piéta en 1266, ils se mirent à couvert du côté des Russiensoù ils affermirent leur influence. Cependant la Léchie se trouva continuellement dévastée parles invasions îles Tatars et des Litvaniens, et de plus en plus menacée du côté de l' Allemagne. Enfin, Bolcslav V, le pudique, sous le règne duquel eurent lieu tous ces événements, termina une existence trop prolongée, sans laisser de postérité. La monarchie passa aux descendants de Conrad, fils cadet de Kazimir-le-juste; ces descendants formaient deux branches de ducs, de Kuiavie et de Mazovie.