Aisance dont Jouissent les habitante
La Pologne, malgré la situation fâcheuse où elle se trouvait, n'était cependant pas au fond tout-à-fait pauvre et malheureuse; il lui manquait seulement l'ordre et l'activité que Lokéték faisait renaître. La population augmentait d'une manière visible; le nombre des villes et des villages devenait plus grand. Les Polonais allaient tenter la fortune dans les pays russiens et litvaniens et s'y établissaient. Les capitales des nombreuses principautés en s'agrandissant devenaient plus opulentes et contribuaient au bien-être des autres villes et bourgs. On élevait en maçonnerie les églises, les couvents et même les maisons dans les villes. Dans les maisons mieux bâties tant des villes que des campagnes, on avait, non -seulement un poêle, mais aussi des foyers larges et commodes avec des cheminées qui s'élevaient au-dessus des toits pour donner une issue plus facile à la fumée. Les habitations étaient aussi moins embarrassées, plus propres et plus salubres. Les fenêtres, quoique petites étaient vitrées. L'usage de la verrerie se répandait; à côté des vieux gobelets, des coupes et vases en bois ou en argile, on voyait des verres et des bouteilles. La poterie se perfectionnant devenait plus répandue; l'usage des tapis de plus en plus général; le drap meilleur, les étoffes en soie recherchées des bourgeois comme des nobles plus opulents. Il était évident que l'or et l'argent n'étaient plus comme au temps de Boleslav-le-grand, seuls indices de l'aisance et de la richesse; il y avait d'autres articles d'industrie, autrefois considérés comme objets de luxe, qui devenaient d'une nécessité plus générale, et il était chaque
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jour plus facile de se les procurer. Le progrès de l'aisance, malgré sa lenteur, se faisait remarquer. Il était plus évident chez les grands qui, non-seulement se distinguaient par les privilèges dont ils jouissaient, mais aussi par les mœurs, les habitudes et les besoins. Leurs repas et leurs banquets furent plus somptueux. A l'exemple des prélats, ils plaçaient sur leur table, à côté de l'hydromel et du pain de seigle, le vin, le pain de froment et les pâtisseries. On épiçait les assaisonnements ; bien qu'il fût encore d'usage d'avoir peu de plats, ils offraient cependant de la variété. On mettait sur le même plat l'oie rôtie, du chevreuil et du porc; sur un autre, le chou et les pois (25).