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Kazlmir-le-grand, recherche la paix

Ce petit royaume qui échut à Kazimir après son père, prouve que la richesse d'un état ne dépend pas de l'étendue du territoire, il suffit d'y établir une sage administration et le bon ordre. Kazimir-le-grand fut le plus riche des rois de l'Europe ses contemporains, aussi habile que son père à gouverner, il économisa les dépenses; ses règlements furent même plus perfectionnés. Pour remplir son but il s'efforça d'affermir la paix et d'éviter la guerre. Cependant il fut trop confiant dans le roi de Bohème et dans le roi de Hongrie ses voisins, qui le trompaient et ils intervinrent avec leur mauvaise foi dans tous les traités que Kazimir conclut au détriment de l'état. Le traité de Kalisz en 1343, lui rendit la Ruiavie et la terre de Dobrzin, mais il renonça à la riche province de la Poméranie dantzikoise, qui restant dans la possession des chevaliers teutoniques, depuis lors fit partie et prit le nom de la Prusse (30). Pour obtenir du roi de

(30) Diplomatie db Kasimir-le-gbaxd. — Lokélék, dans les iris - (ruclions qu'il donna sur le lit de mort à son fils, ne lui recommanda rien si expressément que d'employer tous ses efforts pour recouvrer la Poméranie et toutes les terres envahies parles chevaliers teutoniques. « Si vous aimez votre gloire, lui dit-il, gardez-vous de leur rien céder, et prenez plutôt le parti de vous ensevelir sous les débris de votre trône, que de leur abandonner ces portions de votre héritage qu'ils possèdent et que vous devez a vos peuples et à vos enfants. Ne laissez point à vos successeurs un exemple de lâcheté capable de ternir vos vertus et tout l'éclat de votre règne. Punissez les perfides, et plus heureux que votre père, chassez-les, s'il se peut, du royaume : asile respectable que la pilié leur avait ouvert el qu'ils n'ont pas craint de profaner par la plus noire ingratitude. (Dlugosz chez Solignac, liv. ix.)

Mais le nouveau roi estimait plus la paix que des victoires; sa seule ambition fut de se la procurer, au hasard même de l'acheter. Avec ces dispositions très-contraires â l'instruction de son père, Kazimir se trouva entre les deux maisons émules en acquisition et domination. La maison d'Anjou, outre ce qu'elle possédait en France, occupa la couronnedes Deux-Siciles, s'empara delà couronne de la Hongrie, el alliée à la famille de Lokéték pensait à convoiter la possession de la Pologne. La maison de Luxembourg, outre les comtés el les duchés qu'elle aval

POLOGNE FLORISSANTE

Bohème une renonciation à la Mazovie et an titre de roi de Pologne, il renonça de son côté à la Silésie possédée par le roi de Bohème. Elle fut ainsi détachée pour toujours de la Pologne et fit partie de la Bohème. Il assura la succession du trône de Pologne à son neveu Louis de Hongrie. Cependant le prince de Kuiavie Vladislav-le-blanc et les autres princes de Mazovie de la famille de Piast, de la branche de

au-delà du Rhin, avait été honorée de la couronne impériale et nourrissait une expectative indubitable de la ressaisir bientôt ; elle jouissait de la couronne de Bohême, tenait sous sa domination une partie de la Pologne, c'est-à-dire la Silésie, et prenait le litre de roi de Pologne, disposant en suzerain des terres qui n'étaient point en sa possession. Kasimir fils de Lokélék, succédant a son père, se vit placé au milieu de l'amitié hypocrite et perfide du roi Jean de Luxembourg, et de l'amitié intéressée et avide de la cour d'Anjou. Ces deux cours convenaient entre elles d'avance des traités, auxquels Kazimir adhérait avec une facilité scandaleuse. (Lelewel dan* l'Histoire de Pologne de Vaga,

Les deux cours , dans un congrès tenu à Vissegrad en 1335, convinrent que les chevaliers rendraient à Kazimir la Kuiavie et le district de Dobrzin, en lui payant 10.000 florins pour les dommages causés à la Pologne, et que d'un autre côté , Kazimir renoncerait pour lui et pour ses successeurs à la Poméranie et la céderait purement et simplement aux chevaliers. Quant à l'affaire avec la Bohême, ils stipulèrent que pour la renonciation du litre de roi de Pologne, que prenait Jean roi de Bohême, Kazimir payerait a celui-ci 20,000 marcs et renoncerait & ses droits à la Silésie possédée par Jean, et à la Mazovie qui reconnaissait Jean pour suzerain. Kazimir délégua d'abord ses plénipolentiers, Spytek castellan de Krakovie, Zbigniev chancelier de la province de Krakovie, Pierre castellan de Sandomir, Thomas de Zaïoncz- - kovo et Niemira, avec un plein pouvoir. Bs étaient choyés et salariés par le roi de Hongrie et ils acceptèrent toutes les conditions sans réserve. A la fin arriva Kazimir lui-même pour partager les festins monarchiques, et qui sans hésiter souscrivit à toutes ces conditions. La facilité avec laquelle Kazimir acceptait la cession de la Poméranie étonna les chevaliers : ils lui firent signifier qu'il eût auparavant à faire approuver cette convention par tous les ordres du royaume.

B convoqua en 1337 une diète générale et y proposa la ratification du traité. Tous 6es efforts furent inutiles; on rejeta les conditions qu'il

Kazimir-le-juste étaient ses héritiers les plus proches. Kazimir-le-grand, ayant convoqué une diète à Krakovic, en 1339, soumit à sa décision la question de Louis qu'il désignait pour son successeur : elle y fut acceptée et ratifiée. Un peu plus tard, en 1355, à Bude, Louis, roi de Hongrie et

avait acceptées, et l'on résolut qu'en attendant qu'on put prendre les armes contrôles chevaliers, on implorerait encore l'autorité du pape pour les mettre à la raison.

Jean Grot de Slupcza, évoque de Krakovic, fut choisi pour aller à Avignon représenter à Benoit XII les Injustices des chevaliers; il y trouva tous les esprits disposés à écouler ses plaintes et à venger le saint-siège si souvent outragé par ces religieux. Les commissaires nommés pour in fermer de leur conduite furent, Gothard , prévôt do Tul'c et Pierre Gervais, chanoine du Puy on Yalay .Leurs pleins pouvoirs étaient extrêmement étendus. Ils surent en faire usage. Arrivés en Pologne, ils établirent leur tribunal à Varsovie et après un mûr examen de lous les chefs de l'accusation formée contre les chevaliers, sans égard à leurs subterfuges et à leurs protestations , ils les condamnèrent à restituer aux Polouais la Poméranic. la province de Culm, le territoire de Michalov, la Kuiavic, le district de Brzesc et celui de Dobrzin. ils leur enjoignirent en même temps de rétablir au plus tôt. à leurs frais, les églises et les monastères de ces provinces qu'ils avaient pillés et détruits, et de payer à Kazimir, pour dommages et intérêts, 104,500 marcs de Pologne et 1,600 pour les dépens du procès.

L'excommunication suivit de prés celte sentence. Les chevaliers n'en furent ni étonnés, ni abattus; méprisant les décrets du pape, ils lui opposèreut un rescrit de l'empereur Louis de Bavière, par lequel celui-ci défendait sous de graves peines, à Thierry d'Altemburg, leur grand-maltre, de se dessaisir des biens de l'ordre sans son consentement; il lui ordonnait de tenir comme frivoles et non avenus les jugements de quelque puissance que ce pût être, qui voudrait s'arroger It droit d'en disposer.

La chose en resta la. Quelques années après, Kasimir résolut définitivement de leur accorder la paix aux conditions dont les rois de Hongrie et de Bohême étaient convenus au congres de Vissegrad. Les chevaliers surent à peine ses intentions qu'ils envoyèrent en 1343 des députés à Kalisz, où il fut décidé que le roi leur céderait la province de Culm , le district de Michalov et la Poméranie , s'engagerait à ne plus prendre les titres, ni les armoiries de ce duché, et que d'une

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successeur présomptif de la couronne de Pologne, promit à la nation polonaise que, de son gré, jamais elle ne serait chargée d'impôts. Depuis lors on a regardé la couronne de Pologne, comme élective

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