Traite avec Maxlmllicn; duché de Prusse
Maximilien, empereur de la maison d'Autriche, jaloux de ce que les Jagellons possédaient la Litvanie, la Pologne, la Bohème et la Hongrie, suscitait contre eux leurs ennemis, et particulièrement contre Sigismond de Pologne, les Moskovites et les chevaliers teutoniques; tandis que d'une autre part il recherchait des alliances avec leur famille. A cette intention, il invita, en 1513, les rois Jagellons de se rendre à Vienne, où, en apparence, il proposait une réconciliation, enapplanissantlesmésintelligences,etenfiançantsonpetit-fils avec Anne Jagellone, fille du roi de Bohème et de Hongrie, dans l'espérance de faire valoir un jour, parce mariage, les prétentions de sa maison à l'hérédité de la Bohème et de la Hongrie. Il ne se trompa point dans ses espérances, et il ne cessa d'intriguer eu dissuadant, en apparence, au grandmaltre des chevaliers teutoniques, Albert, de la famille des
margraves de Brandehourg,sa rupture avec la Pologne. Albert, suivant ses projets ambitieux et refusantde rendre hommage à Sigismond, son oncle; celui-ci fut obligé de prendre les armes pour l'y forcer. Une campagne suffit pour faire réfléchir Albert, qui, presséde tous côtés, implora sa grâce de son oncle. A cette époque, l'ordre teuton ique abjura presque en entier l'ancienne crovance, et adhéra à la doctrine des Luthériens. Albert suivit cet exemple. Considérant ce changement, Sigismond reprit la Prusse à Tordre et la confia comme un fief au même Albert, à titre de duché de Prusse, qui devait rester dans sa famille tant qu'il y aurait des descendantsmàles.Alhertenrendithommage publiquement à Krakovie en 1525. Depuis lors, l'ancienne Poméranie de Dantzick est nommée Prusse royale, et la Prusse proprement dite Prusse ducale. Le duc de Prusse était ordinairement appelé par les Polonais, duc de Kœnigsberg (42). A cette
(ii) Dans l'intervalle de cette contestation avec Albert, mourut Via disliv, roi de Hongrie et de Bohême; son fils, Louis, avait été mis sous la tutelle du roi Sigismond, son oncle. Peu de temps après mourut aussi l'empereur Maximilien , et les électeurs de l'empire se trouvaient les maîtres de donner pour chef à l'Allemagne celui des princes qu'ils jugcraieut le plus capable de la bien gouverner. Comme électeur de l'empire, le jeune Louis devait concourir au choix qu'on allait faire, li envoya à la diète de Frank fort, pour y tenir sa place, Lassa, seigneur de Sternberg. Le roi de Pologne ayant droit à l'administration de la Bohême, voulut aussi prendre part à l'élection, et il nomma deux ambassadeurs pour y assister en son nom: l'un était Raphaël Leszczinskl, évêque de Przemisl, l'autre, Mathias Drxevlcki, évéque de Vladlilav. François 1er, roi de France, qui espérait gagner les sulTrages pour luimême, envoya Jean de Langeac en Pologne demander pour la France la voix de la Bohême. Mais Langeac s'aperçut bientôt qu'il n'aurait point de succès. Sigismond ne lui déguisa point son attachement pour la maison d'Autriche; il dit que ni l'honneur, ni l'intérêt, ni la bienséance ne pouvaient permettre h son neveu de se déclarer contre Charles, roi d'Espagne, son beau-frère; que Louis n'avait rien tant à désirer que de voir ce prince sur le trône de l'empire; qu'il n'avait h espérer d'aucune autre puissance des secours plus certains contre les Turcs qui menaçaient la Hongrie. Le désintéressement du duc de Saie décida enfin le choix de Charles V, qui reconnut mal dans la suite
POLOGNE FLORISSANTE
époque en 1Î52G, par l'extinction des ducs de Mazovic de la maison de Piast, leduehédeMazovie fut réuni à la couronne de Pologne.
Sigismond mettait le plus grand zèle à établir et à assurer la paix de toutes parts. Une affaire des plus difficiles était de la consolider du côté des Turcs; parce qu'à cette époque de préjugés, les chrétiens et les mahométans ne concluaient que des trêves et ne se croyaient pas mutuellement obligés de garder leurs engagements. Sigismond réussit à détruire cette absurde prévention et à gagner la confiance des Turcs au point de les amener à conclure en 1533 une paix durable. Cette paix assura à la Pologne la navigation libre de la Mer noire, la souveraineté de la Moldavie et empêcha les irruptions des Tatarcs sur le territoire de Pologne. La Podolic et l'Ukraine rassurées de ce côté, augmentèrent en se peuplant la richesse, la force et la prospérité de la nation.
le service qu'il avait reçu de ce prince vertueux. Quant a Sigismond, il Tut bientôt désappointé dans ses espérances de trouver chez lui des secours efficaces contre les Turcs; la seule circonstance avantageuse pour la Pologne dans ses relations amicales avec Charles V, était que le grand-maître Albert n'avait pu engager cet empereur a seconder ses desseins hostiles contre Sigismond ; il ne trouva de secours qu'auprès de quelques princes de l'empire. Lorsque la sécularisation de la Prusse par l'hommage d'Albert, duc de Prusse, fut effectuée, l'empire ne fit que mettre le duc au ban de l'empire, et Charles V n'inquiéta point Sigismond. Certes, ce n'était pas un sentiment d'obligation et d'amitié, mais parce qu'il lui convenait de ne pas multiplier des embarras de ce cVtlé pour ses actes politiques. Le pape désapprouva vivement celle convention ; il la traita d'impie et de sacrilège. Par convenance , Sigismond envoya un député à Rome pour se laver des soupçons qu'on y avait de ses sentiments sur la religion; il parut cependant fâché que la cour de Rome fil éclater son zèle avec tant de chaleur dans un temps où l'on s'efforçait d'échapper à sa puissance. (Solignac, Hi»i. de Pologne; Robertson, Hisl. de Charles V.)