PLUSIEURS CHARGES REMPIiACÉES PAR D' AUTRES
Qu'on ne s'imagine pas qu'il y eut une amélioraliun du sort do peuple dans l'abrogation multipliée de la loi polonaise ou du service public , sur les possessions des propriétaires ecclésiastiques et laïques. Le service ne changeait que de direction, la loi et ses coutujnes tombaient dans des mains arbitraires (67). Les propriétaires devenaient les interprètes
n* 105) . ?(uUa est enim injuria si tune ut cunque saluti patrisB codsuUtur. (Vinc. Kadl. cap. 9; Baszko inter script. SU. Som. , t. II, p. 46 ; Dlugos.t. I,p. 542.)
(67) Les donations en Silésie le disent plus explicitement. Concedimus villammeam Kotovizi,cum omnibus eiusdem fructibus ville et utilitatibus, solutionibus , exactionibus, povoz,lesne, narzus et omnibus singulis solutionibus quibuscunque vocentur vocabulis, de jure vel etiam consuetudine , adinventis vel etiam adinveniendis (donatio a. 1208; apudSomm.,t. I, p. 823). Concedimus quicquid juris haberaus raonasterio, hoc est : in venatione ferarum, in captura castorum ; item in Stanitz et caeteris, stroza, prevod, povoz, poradlne, vectigal, tributum vel census, indicionem vel aliud quodcunque ordinarium vel extraordinariura servitium vel prestationem, et si quid aliud est, quod ad nostram convertere possemususum vel servitium aut utilitatom aliquam, haec omnia concedimus abbati ut ea convertat in usum etcommodum sui monasterii (donatio a. 1258, ducis Opoliensis ap. Sommersb, t, i, p. 880). Quelquefois les princes se réservaient de petites commodités pour leurs promenades : vaccam, quam in adventu nostro ratione prandii nostri dare tenebuntur (Bolesl. pudic. 1264, in miechovia Nakielscii) ; duas pernas, trigintapuUos, centum ova, dimidiara mensuram pisiet dimidiam mensuram milii ac salis terciam dare annis singulis débet , comme Leszek le noir, en 128G le prescrivit au castellan de Volborz.
de la loi et des usages , ils rendaient justice aux gens qui habitaient sur leurs terres» ils se faisaient justice eux-mêmes dans les contestations qui survenaient entre eux et les gens de leur domaine , ils devenaient arbitres de leur sort. On dit cependant qu'il vaut mieux avoir un seul mattre absolu qu'une multitude de petits despotes qui exploitent impunément les peuples sur tous les points avec une minutieuse assiduité. C'est ce qui est arrivé dans la Lécfaie. Tous les devoirs , considérés autrefois comme publics, échurent à des milliers de particuliers. Les exactions, octrois et péages locaux furent leur partage , et certes, ne diminuèrent point, mais plutôt augmentèrent. La vacuité des possessions d'agriculteurs n'était plus à la disposition des autorités du pays ou du prince, mais tombait en propriété au maître. La jouissance commune des pâturages, des terres incultes ou en friche, des forêts , n'était plus que l'usufruit permis à condition, ou toléré par des seigneurs. La loi sévit contre ceux qui pourraient chasser , pêcher, couper, faire paître, cultiver sans le consentement du propriétaire. Le nombre des ruches fut plus strictement déterminé , et le garde d'abeilles, bartnik , du seigneur veillait à ce que les soins des intelligents kmetons n'y prissent pas trop d'extension. La garde des châteaux se multipliait sous la forme de la garde des fermes et des cours , où l'on construisait les résidences seigneuriales , dtpor, qualifiées de castels , zamek, La garde cl la conservation des objets de vénerie servait aux réjouissances des seigneurs. La taille, les impositions en nature, toutes les prestations , dont le prince donateur privait l'état , pesèrent sur le peuple , changées en service et en corvée dûs au seigneur. Le progrès du pays et les changements arrivés par l'augmentation de la population , faisaient disparaître plusieurs charges. On ne demandait plus aux paysans des martres ou des écureuils lorsque la chasse leur était défendue. Dans beaucoup d'endroits, les bièvres, fuyant les hommes , se retiraient vers les lieux moins fréquentés; avec leur dispersion cessait, la garde et le service, bobrovéf (68). Les seigneurs substituaient d'autres charges à la
(68) Il y avait cependant au XIII' siècle des couches immenses de castors aux environs des rivières Nida et Narév. En l*îî9, le garde-