‹ Histoire de PologneChapitre 140 sur 369 · H. ARISTOCRATIE · texte numérisé non relu

H. ARISTOCRATIE

bien-être du pays. Les privilèges qu'elle accordait , répètent constamment qu'ils donnent la liberté , qu'ils délivrent des charges oppressives de la loi polonaise. La loi étrangère devait donc offrir un avantage matériel au peuple, quoiqu'elle n'offrit que le fer et la servitude à qui entrait sous la domination des Allemands. Effectivement , le bien*être se manifestait sous son régime en Pologne; les villes , particulièrementy florissaient, et les populations se. montraient trèsportées à cette nouvelle organisation. La raison en est que la Pologne , en acceptant cette influence étrangère, choisit la loi des communes, mais n'admit point le système féodal des dominateurs qui déchirait l'empire et asservissait la population soumise. Cependant , malgré l'avantage évident qui résultait de l'organisation étrangère , le peuple des campagnes semblait , en général , être animé d'un autre sentiment; il était toujours attaché à sa nationalité. Peut-être qu'il aimait mieux sacrifier l'avantage matériel à l'amour de l'indépendance de son pays ; peut-être qu'il n'y gagnait pas autant que les bourgeois. Délivré des anciennes prestations , il devait contribuer au besoin de l'état, de sa commune ou de sa localité ; changeant de loi , il entrait sous une législation ( wille'kûhr] dispersée dans mille endroits, offrant des modifications nombreuses , empiétant sur la loi polonaise, subissant de son côté des atteintes réciproques et offrant des conflits fâcheux, dont les petites communes rurales ne pouvaient se préserver (82). Cependant, pour faire revivre la loi polonaise et lui rendre sa force , il fallait mettre en vigueur tout ce qui pouvait assurer la liberté et la sécurité des habitants , riches et pauvres, de la noblesse et des kmetons. Vladislav lokétek, placé à la tête du parti national , au milieu des agitations les plus orageuses, posa les bases de cette œuvre. Déplorant le sort d'une

— Voici un conseil en 1352 : Nunc itaque vocatis ad praesentiam nostram propter hoc specialiter : cracoviensi episcopo, suo capitulo ac palatinis, castellanis, consuiibus quoque civitatis nostrœ cracov. habuimus cum ipsis ministerium consilii (in Raczyn. cod. dipl. Maj. Pol., xciv, p. 110.)

(8-2) Stat. Minor. Pol. art. 52-55 ; Vislic, édit. Laski et Konarski, art. 66, 68, 69.

capitale, Daatzik, qui fut victime de la faction allemande ; forcé de sévir contre les deux autres , contre Posen et Krakovie, il sanctionna pour la jouissance d'une partie de la population y la loi teutonique ou municipale ; mais, ressuscitant la loi nationale , il soumit également ces deux lois aux mêmes règlements d'unité et d'indépendance qui devaient désormais régir l'état. Son fils , Kazimir-Ie-grand , dans les années de calme , suivant l'exemple de son père , mérita le titre de roi législateur.

Page 1