III. DÉMOCRATIE NOBILIAIRE
geaot ses maiimes qui avaient tant d'appas pour les classes des citoyens , agissait sur tous les points intellectuellement , et par sa prospérité, sa population croissante et ses relations eommerciales, agissait matériellement. Les villes russiennes jusqu'au delà du Dnieper se peuplaient de la population po* lonaise , elles se remplissaient d'hommes de métier arrivés de la Pologne d'origine allemande ou polonaise; ceux-ci s'y établissaient avec leur loi teatonique de Magdeburg. Une masse énorme de juifs polonisés inondait ces villes et toutes les provinces. Il n'y a pas de doute qu'un grand nombre de kmetons et d'autres paysans n'y allât aussi chercher fortune. Mais ce nombre ne pouvait être que modique comparativement au nombre des autres classes d'habitants. La condition du peuple laborieux delà spacieuse Litvanie , n'avait aucun attrait pour les kmetons de Pologne qui jouissaient encore de leurs anciens droits. Ceux là seulement d'entre eux pouvaient hasarder de s'y rendre qui savaient se faire bourgeois , ou entrer dans la classe nobiliaire. Mais les vastes régions litvanorussiennes offraient de nombreux avantages au peuple polonais et surtout à sa noblesse; le commerce du blé et du bétail y attirait les spéculateurs ; les marchands de cochons, de chevaux, de bœufs , allaient s'y établir ; comme les gardeabeilles, les intendants des fermes, les cultivateurs, les domestiques et courtisans qui s'attachaient aux grands seigneurs dont le grand duché comptait un nombre très considérable. Après les ravages des mongoux et des croisés , qui foulèrent sous leurs pieds de fer, l'humanité payenne; il y avait beaucoup de cantons dépeuplés. Ce n'était pas la Pologne qui avait besoin d'être à cette époque repeuplée par des bourgeois de la race allemande , comme on le croit ordinairement, mais la Podolie, rUkraîne, la Poldasie alors désertes, et la Litvanie infiniment boisée. C'est dans ces pays que la noblesse polonaise allait se domicilier. La petite Pologne peupla particulièrement la Podolie. Mais la grande et petite Pologne auraient, peut être échoué dans l'immense opération qni dénationalisa tant de pays sans le concours des Mazoviens. Les deuxPolognes ne manquaient pas de cette petite noblesse très remuante, connue dans les événements de ce temps , mais rien ne peut être mis en comparaison, avec la multitude de la petite no-
1 04 COI^IDÉRATIONS , 1374— 1 607.
blesse de Mazovie. It est probable qae te tiers de la population de cette province ; avant la réunion à la couronne , était composé de petite noblesse ; et lorsque celle des deux Polognes 9 travaillait à organiser une république , à établir une démocratie nobiliaire ; celle de Mazovie peuplait les cantons qui devaient se transformer en provinces de la république.