III. DÉMOCRATIE NOBILIAIRE. 10"î
avec celle de Mazovie, dans toutes les possessious de la république. La Lîlyanie se distinguait aussi par le grand nombre de la petite noblesse, dans la masse de laquelle les nouveaux colons s'immergeaient sans jouir de prérogatives encore inadmissibles suivant le statut de Tépoque. Mais c'était le pays entre la Vistule et les sources duNarev qui alimentait le peuple noble par excellence : peuple mazovien. On y voyait toujours le sol rayonnant de sillons prolongés et partagé entre une foule de petits propriétaires qui divisaient à Tinfîni leurs possessions mêmes; et lorsque le sillon exténué refusait le partage ultérieur à la famille laborieuse , ils se dispersaient et couraient les provinces pour trouver un établissement commode (141). Mazovie est le vrai berceau de la plus grande partie de la noblesse polonaise. Il est rare de trouver une famille qui ne tire son origine de Mazovie , qui n'y trouve son nom, ses armoiries et il est presqu'impossible de voir une famille en Mazovie qui n'ait pas de rejetons de sa souche dans plusieurs provinces de Pologne. Dans ce débordement de la population mazovienne sur toute la surface de la république , la Pologne trouvait un puissant renfort pour la propagande et rétablissement de sa nationalité. L'union tardive de la Mazovie y soutenait cette province dans une position neutre et indifférente à l'égard des contestations qui existaient entre les polonais et les litvaniens. Aussi en 1569, au moment de l'union , ces deux nations tournèrent leurs regards vers elle , convinrent de la choisir pour la terre intermédiaire où les diètes générales devaient s'assembler et tenir leur séance dans Varsovie. La Mazovie fut gouvernée maintes fois assez arbitrairement , par une cour dépravée , pleine de sales intri gués , où les derniers rejetons de Piast de la branche de Kazfmir le juste, périrent par le poison. L'esprit civique cherchait à mettre dans ce pays un frein à l'absolutisme , mais avec moins de succès qu'en Pologne , pourtant les obtacles qu'il éprouva , l'endurcirent et lui inspirèrent un caractère
(141) Duo, très vel quatuor nobiles pauperesunum laneum colentes (statut, 4552. vol. leg. Il, p. 601). Sunt familiaB quaedam nobiles apud nos intantuni proseminatîe ut «egrse ordinem suura tueantnr : nequeexpeditionibusproptcrpaupcrtatem prodignitatesufliciant(Modrzev., p. 168).
d'obstination. Aussi , à l'époque de l'incorporation du duché à la couronne, délivré de la contrainte locale» il fit cause commune avec l'ordre équestre de Pologne , dont la force d'action fut plus que doublée, la démocratie nobiliaire ne pouvait que prendre de la consistance jusqu'à un certain point, par cette masse de petit peuple nobiliaire , qui entra sur le vaste champ politique. Les diètes de deux nations te* nues à Varsovie , les élections du chef de l'état opérées sou» lesmur^ de cette ville placée dans le centre du peuple.citoyen, remirent à ses soins la république. Désormais la Mazovie va avoir une influence incalculable sur la destinée de la Pologne. Elle savait que sa ville principale était désignée pour la cen^ trallsation de la république; elle ne pouvait prévoir que cette ville deviendrait la capitale de la royauté.