CONTESTATIONS AVBG DANTZIK, GUBRRE, PACIFICATION
Le mécontentement éclata è Dantzik avec une violence fa» cheuse. Le peuple en 1525 se déclara luthérien , pilla les églises et les couvents , déposa les magistrats , en créa de nouveaux et en avertit le roi Sigismond , qui de son côté , cacha la réprobation de cette révolte ; lui-même rebelle en ce moment à Tordre établi dans le monde chrétien , il constituait la Prusse de Kônigsberg en duché luthérien. Sa justice ne manqua cependant pas d'atteindre les dantzikois : quatorze coupables eurent la tête tranchée. Cette sévérité exaspéra Tesprit de la ville déjà indisposée contre la république. La doctrine de Luther , propagée dans la langue allemande » s'établit cependant dans de grandes villes de la Prusse et échauffa les prérentions mercantiles des dantzikois. Les villes d'Elbing et de Thorn , avaient du temps des chevaliers tento* niques leur droit d*ètape (depuis 1351). Le traité de commerce en 1436 assura cependant la libre navigation &t le transport libre pour les denrées et marchandises de Pologne sur la y istule jusqu'à la mer, par conséquent, Thorn et Elbing ne pouvaient plus jouir de leur droit. La loi de 1496 et Tordon*nance de 1526, décidèrent Thorn, à ne plus mettre d'obstacle au passage. Les dantzikois , tout en applaudissant à ces mesures qui favorisaient la liberté du commerce , préten- , dirent bientôt avoir eux mêmes le droit d'étape. Cette prétention irrita les polonais et embarrassa le commerce pendant plusieurs années (1539 — 1546). Mais à peine cette question semblait elle être arrangée, qu'une autre surgit. La pacification de l'Allemagne en 1552, suggéra aux danlzikois l'idée de se donner à l'empereur qui assurait la liberté des cultes. Le moment était urgent. Sigismond- Auguste jugea à propos de prévenir la rnpture pernicieuse qui allait se déclarer. 11 se rend à Dantzik, et bravant le danger, il fait aux citoyens
ses remontrances , accompagnées d'expressions vives > lenr représentaqt, qu'ils ne pourraient en faisant partie de l'empire avoir les avantages qu'ils avaient , étant réunis à la Pologne ; qu'effectivement ils ont part à toutes les prérogatives des Polonais qui ne les regardent que comme leurs amis et leurs frères ; qu'ils sont libres , indépendants et presques souverains dans leur cité , qu'il ne dépend que d'eux de comprendre raison. Cette persuasion frauche eut son plein succès. Us reconnurent que l'autorité dont la république jouissaitsur eux » n'était qu'une protection utile , ils reçurent les reproches de Sigismond-Auguste , comme autant de marques d'affection, et ils se calmèrent. Mais les-démélés n'étaient point finis là ; et lorsque la Hanse , déchue par le concours des circonstances et la marche des relations commerciales , craignant que la Baltique ne lui échappât, tourna ses regards vers la. Pologne, et proposa à Sigismond-Auguste d'accepter le protectorat , alors Dantzik , une des quarante villes majeures de la Hanse , recommença avec plus d'amertume ses contestations. Parla réunion de la Livonie, la Pologne se trouva maîtresse des c^tes étendues de la Baltique , et de plosîeurs ports très commodes. Les hostilités avec la Suéde, ^ue l'occupation de la Livonic engendra, demandèrent des armements sur mer et quelques règlements concernant le commerce avec la Suède ; les câpres de Sigismond-Auguste croisaient et l'empêchaient. Dans ces conjonctures , les dantzikoi^ voulaient exercer leur souveraineté dans le port et sur la mer , ils se fâchaient de quelques droits , que le roi de Pologne prélevait et de sa marine qui prenait naissance. En même temps arriva la réorganisation de l'intérieur delà république. Un examen sévère d'abus et d'excès , la révision des chartes et privilèges , les règlements , prescrits et impo-, ses par une commission de la république de Pologne', dirigée par un sénateur évéque de Kniavie Earnkovski, dans une ville protestante , mercan tille et suivant la loi teutonique , augmenta les griefs , chagrina encore d'avantage les esprits si mal prédisposés et accrut l'orage. L'élection d'Etienne Batori , contrariée par une faction catholique servit de prétexte aux dantzikois protestants pour faire valoir leur mécontentement. Ils se déclarèrent pour l'empereur Maximilien II,