‹ Histoire de PologneChapitre 235 sur 369 · III.DÉMOGRATIE NOBILIAIRE · texte numérisé non relu

III.DÉMOGRATIE NOBILIAIRE

* fois sans vouloir le pousser à bout ; il menaça la royauté parjure et rebelle. L'homme extraordinaire, qui dans la vigueur de son âge , inspirait au peuple nobiliaire les plus hautes idées démocratiques sur la souveraineté ; s'alliant avec Batorty et secondant ses vues monarchiques , voulut mettre un frein aux excès et ne créa qu'un ennemi à la république qu'il fallait dorénavant combattre; il l'éprouva lui même, favorisant le parjure Batori , il dut faire sentir sa colère au parjure Sigismond III. Dans son âge avancé, sans réfléchir combien de fois il avait donné un démenti à sa foi , il déplora l'avenir et descendant dans sa tombe , laissa une mèche allumée qui devait enflammer un grand embrasement. Le peuple mécontent de la mauvaise foi royale , habitué à avoir des chefs à sa tête, se fit conduire par des meneurs; Zebrzidovski, Jean Radzivill , Ostrorog , l'appellèrent , et la masse s'ébranla signant le fameux Rokosz de Sandomir. Les mânes de Zamoiski semblaient approuver le grand mouvement national , et le trône tremblait sur ses bases en entendant l'écho des menaces du chef défunt, mille fois répété par le peuple en colère. Zebrziëovziki se référant aux doctrines du grand Zamoïski , soutenait, que les tribuns du peuple réunis à la diète, ayant le droit d'imposer leur veto et la république ne pouvant statuer par l'unanimité rien d'utile dans les conjonctures actuelles : elle devait se constituer en rokosz, ou en confédérations, dans lesquelles la majorité peut décider (S97). Il négligea la diète et se montra rebelle âce corps souverain. De son côté le roi s'arma. On vint aux mains. Lq sang coula près de Guzov. Zebrzidovski et RadziviU , sont battus , le roi est vainqueur : avec lui la faction autrichienne et jésuitique , le parti catholique , remportent une victoire décisive et triomphent ; l'aristocratie en tire un avantage immense pour son compte. Si l'on remarque , que depuis que les dissensions personnelles des chefs commencent à diriger et diviser le peuple, les plus actifs parmi les agitateurs et meneurs des partis ennemis sont les dissidents hérétiques ou schismatiques : Firlei, Zborovski , Gorka, Jean RadziviU, Ostrorog et beaucoup d'autres , il faut absolument convenir, qu'en dernier lieu, les chefs ne

[297] Czacki sur la legisl. litvaa., note 1168, 1. 1, p. 278,

sont qu'humiliés et les dissidents sont avec le peuple réelk' ment ?aincus (298). Le seul principe de la confédération, de la rébellion légale , resta debout et nécessaire, car le rainqueur n'étant pas assez fort pour assujétir la république , pardonna généreusement aux adversaires , s'enveloppa dans des forraes/épublicaines et se cramponna aux éléments contraires à leur esprit, menaçant continuellement la liberté.

Page 1