PRUSSE
Nous avons signalé que les villes de Prusse avaient une population mélangée de deux races , on peut dire, jusqu'à un certain point, la môme chose de la noblesse de cete province. De nombreuses familles allemandes se naturalisèrent et inspirèrent à la classe civique des anciens kaszubes ou poméraniens , leur flegme qui donne le temps à la réflexion ; leur tempérament qui par la lenteur donne la constance et soulève quelquefois des passions plus ferventes ; mais en même temps elles y établirent un égoisme provincial qui sans s'imposer aux autres provinces, les repoussait etsoutenait l'isolement de la noblesse prussienne. Par l'organisation de la république, la Prusse, en apparence plus unie avec la couronne, s'en tenait plus détachée que la Litvanie. Ses institutions étaient bien en apparence moins aristocratiques que celles du reste de l'état, mais néanmoins Tordre équestre avait maintenu une distinction tranchée et impertinente entre lui et la bourgeoisie. L'antagonisme religieux y fut plus fortement déclaré, éclata prématurémenton des tumultes et envenima les tracasseries de deux partis.
%m CONSIDÉRATIONS, 1607—1795.
qui divisant le sentiment de la province, ne cessèrent de lutter avec Tesprit étranger. Toat s*y dessinait avec des couleurs plus graves et plus tranchantes. Toute fois le civisme prussien avec ses idées exclusives, ne se plaçant point à la hauteur que lui pouvait procurer dans les affaires de la république son instruction intellectuelle, et servant isolément par des individus , ne se retira jamais au désavantage de la chose publique , décela avec sa constance éprouvée raltachement au sort de Tétat , subit toutes ses chances , tous ses revers , tousses malheurs, avec un sentiment patriotique et dévoué.