‹ Histoire de PologneChapitre 264 sur 369 · LA ROYAUTE TRACASSE LE PRINCIPE REPUBLICAIN · texte numérisé non relu

LA ROYAUTE TRACASSE LE PRINCIPE REPUBLICAIN

Le sage Sigismond-Auguste, plongé dans la dissolution des mœurs, se fiant avec crédulité à la sorcellerie, se conformant au principe de Tétat, jouit du titre monarchique , n'étant que , le chef, le président de la république ; il désavoua le droit dynastique, et lorsque la petite cabale exploitait dans sa retraite sa cassette et dilapidait son trésor particulier, la république n'avait rien à réclamer; il couronna le triomphe du progrès. Sigismond III, d'origine suédoise , de pays protestaotisé; par ses habitudes et ses affections, allemand et catholique, bigot, entouré d'exorcistes, de jésuites , de convertisseurs , d'Allemands, consumé d'un désir ardent de voir tout le monde converti, accroché au char ensanglanté des Habsbourg, qui se promenait sur des milliers de cadavres, victimes derintolérance,des persécutions et de leur sentiment civique: dirigeait clandestinement ses machinations étrangères , suivait son système dynastique , excitait la guerre de succession et de religion, désavouée par la république, exploitait les ressources de l'état, dilapidait le trésor à son avantage; etdepuis l'affaire de Guzov, rien ne l'arrête dans tous ces excès (326).

(396) Des plaintes seulement et des reproches se faisaient entendre dans les diètes, sans qu'ils eussent eu des suites, contre la guerre de Suède dans laquelle Sigismond ITI impliqua la république, faisant valoir son droit particulier d'hérédité contre les traités clandestinement con-

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roi de Pologne, disaient les Polonais , est comme celui j^oriches à miel : il n'a point d'aiguillon et ne peut faire de ^l^ses sujets, mais il peut faire beaucoup de bien , parce fiue 'es évéchés, les abbayes et toutes les dignités séculières , j05 palatins, sénateurs , chanceliers , starostes , généraux , les premières charges de la guerre, des finances, de la justice et de la police, sont à sa nomination, et qu'il y pourvoit selon sa volonté ( 327 ). Cette énumération décèle sous quel point de vue on considérait ce bien et qui en avait tout l'avantage. C'était Taristocratie seule, l'aristocratie factice qui en profitait. On croirait qu'elle a fait un pacte avec la royauté et qu'elle marchait d'accord , mais son égoïsme et sa turbulence, enfin , l'organisation populaire de la noblesse, empêchaient l'alliance intime ; toutefois, entre l'égoïsme royal et l'égoîsme aristocratique, existait un pacte contraire à l'esprit national, chacun tirait sa corde, se rapprochait ou s'éloignait , marchait d'accord ou guerroyait, exploitant sans cesse l'état, se servant du

dus, et contre les secours qu'il donnait à la maison d'Autriche ; contre les intrigues de cette maison qu'il protégeait; de ce qu'il a donné l'évêché de Yarmie à son fils qui n'avait que 9 ans ; qu'il a acheté pour son compte les starosties de Zy viec, disposa d'autres starosties en faveur de la reine. La proposition faite en 1626, de nommer de son vivant un successeur, révolta le sentiment de rassemblée législative.

(327) Laboureur, voyage deGuébriant en 1644, vol. II, p. 10.

ÏV. PERTURBATIONS. 219

peuple nobiliaire comme d'une machine qui ne fonctionnait pas toujours à leur aise, mais qui rendait des services émioents dans leurs yoes particulières. L'aristocratie des provinces nouvelles fraternisait enfin comme nous l'avons vu » avec l'égalité nobiliaire et semblait abjurer ses prérogatives, mais ses prétentions reparurent sous d'autres formes et ranimèrent le mouvement aristocratique dans toute la république. La réapparition de l'aristocratie plus active , part effectivement des nouvelles provinces. C'était, pour les aristocrates, se faire un honneur populaire que de prouver par des généalogies , par dos ouvrages héraldiques, qu'ils avaient abandonné les titres princiers ; mais on faisait remarquer qu'ils étaient en droit , par l'acte de l'union de Lublin , de les prendre (328). Les Radzivill et Ostrogsbi établirent en Lîtvanie et dans les terres russiennes desmajorats en i579 et 1618 (329). Les Radzivill étaient aussi, par l'acte de l'union, autorisés à jouir du titre de prince, qui était le titre de l'empire, un titre étranger (330), et Ils recherchaient des alliances avec les maisons réputées souveraines (331). L'ambition de l'aristocratie se porta à cette époque au -dehors du pays en y cherchant la domination et la fortune. Lesdeux ValachîesetMoskou furent envahies; là, elle s'aventurait et courait en désordre le champ de l'émulation. En Pologne, c'était aussi se faire honneur populaire que de refuser les titres étrangers. Cependant les ambitieux, particulièrement plusieurs des nouveaux parvenus , s'empressèrent de suivre les traces de leurs frères putnés : majorais , titres, mariages diplomatiques; reparurent dans la couronne,

(838) Les ouvrages héraldiques , particulièremeut celui d'Okolski (orbis polonus), ncMiunaieDt un nombre considérable de ces noms exprinciers : Koribut, Koriat, Koszerski, Korecki, Lubar, Lukomlski, Massalski, Pnmski» Prus, Zienievicz, Zbarazski.

(329) Le majorai ordinacia de Radzivill, fondé en 1579. était d'Olyka, de Niesviez, de Mir, de Kleck ; le majorât d'Ostrogski , en 1618; était d'Ostrog et de Dubno.

(330) Acqui en 1515 et 1518.

(331) Le prince Jean Radzivill de Birze, épousa, en 161â, Elisabeth Sophie, fille de Jean Georges, électeur de Brandeburg. Les Vîsnioviecki s'allièrent avec les Mohila, princes de Molda\ le ; Zamoïski avec Bafcori, prince do Transilvanip, rtc, olc.

nn • CONSIDÉRATIONS. 1607—1795.

Sigismond III désorganise impunément la république » suit une diplomatie inique , prépare, par ses propres démarches , des malheurs plus graves. Sou fils, Vladislav IV , phis raison* nable, plus tolérant, plus polonais, adoucit un instant le mal , et allait être entraîné dans de semblables détours , contraires à Tesprit national, lorsqu'il rencontra inopinément une résistance et fut forcé d'interrompre ses projets. La mort le délivra des reproches et des malédictions qui suivirent le glorieux règne de son père. La république, bien qu'elle montre peu de vigueurdans l'espace de ces quarante ans, réprouve cependant la conduite royale, et dévoile ce triste désaccord qui existait entre elle et son chef.

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