Stackelberg; sânatos^onsolte
Stackelberg avait obtenu de sa souveraine la permission de rendre à leur pays les sénateurs détenus à Kaluga ; et il demandait en même temps le rassemblement de la dièt« pour ratifier le démembrement. Le roi accéda à ce désir et convoqua d'abord le sénat pour avoir son opinion et l'autorisation de réunir unediète extraordinaire. A peine vingt-sept sénateurs se réunirent-ils à Varsovie , que ceux-ci déclarèrent d'abord qu'étant en si petit nombre ils ne pouvaient répondre aux trois cours dans une question si importante et si difficile, cependant ils se sentaient suffisamment autorisés à ordonner aux instigateurs-procurateurs de poursuivre en toute rigueur ceux qui avaient reconnu le démembrement de leur patrie et qui avaient osé rendre aux puissances co-partageantes leurs hommages de fidélité. Dans l'espérance de réunir plus de sénateurs , le roi les avait de rechef convoqués pour le 8 février 1773 , mais cette fois-ci encore, à peine se trouvèrent-ils au nombre de trente. Le roi de Prusse et à son exemple l'Autriche et la Russie ne voulurent plus permettre aux sénateurs des provinces envahies d'aller rejoindre leurs collègues. Alor§ le sénat perdit de sa première vigueur; non-seulement il indiqua le jour de l'ouverture de
la diète, mais il institnade plus la haute cour quiderait juger ceux qui avaient tenté de s*emparer de la personne du roi (31) ; il décréta en même temps une adresse de remer*
(31) On prolongea , on snspendil fenquéte , et quinze mois après, le 7 Juin 1773, on recommença intempeslivement le procès an moment où il n*7 avait plus de confédérés de Dar sous les armes , afin de ternir plasîeurs noms célèbres par leur patriotisme. Le roi lui-même parla devant le tribunal en faveur des accusés et parlleuliérefnent de Kuzma, auquel il dit devoir la vie. En parlant ensuite de Lukaski qui était tombé dans les mains delà justice, il dit formellement que relui-cl n*en voulait point à sa vie, qu*il voulait seulement se saisir de sa personne ; il appelait éei événement son accident ; il émut avec beaucoup d'art tout ]'auditoire. Maisles mesures russes étaient prises et le roi devait s'y confirmer. Lukaski démontra avec avantage , pendant toqje rinstructirn , que les ordres quMl avait reçus se bornaient à enlever le roi. Son avocat avait travaillé sur ce plan, mais il ne put prononcer la défense qu*il avait composée. Le roi avait fait décider parla commission que tous les plaidoyers lui seraient préalablement communiqués, et lui-même, il ne voulut jamais consentir à ce que celui de Lukaski fut prononcé. Aussi la commission, dans tout le cours du procès, parla toujours du dessein de commettre un régicide. Cest ce que la sentence reconnut. Kuzroa et la femme de Lukaski, Eve Medenska, devaient assister è rexécutionde Lukaski ; celte dernière parce que son mari avait plaisanté à ce sujet devant elle. Elle ne survécut pas à ce spectacle déchirant, elle succomba trois jours après. Lukaski et Cybulski , qui étalent entre les mains de la justice russe, eurent la tête Irancbée ; ils montrèrent tous deux un calme et un courage imperturbables. Les contumaces, y compris Pulaski furent condamnés à la même peine. Kuzma obtint quelque argent et une petite pension et alla séjourner à l'étranger. •» Lukaski laissa un testament du 3 septembre 1773, diffus mais remarquable par son contenu, par sa simplicité et sa netteté d'expressions , ses argumentations, sa force et sa conviction.O*esl un manifeste'd'on confédéré contre Stanislav-Auguste Poniatovski, roi-intrus, qui tira son origine d*un nom sans aveu, fit Tenir les Moskovites, se plaça sur le trône et livra la république aux oppresseurs étrangers ; parjure aux pacta eonventa, il ne fut pour la confédération qu'un soutien de l'ennemi, de l'injustice et de la tyrannie, digne de mort, bommes bors de la loi. Lukaski protesta devant tout le monde n*avolr rien fait que par zèle et amour pour sa foi sainte et sa chère patrie ; il était heureux de mourir comme martyr. Cependant se trouvant en face de l'éternité, il confesse qu'il mérite justement la mort et
78 DIÉTB EXTRÀORBINAIRE
ciements à rimpëratrice de Russie pour la âélivrance de sénateurs de leur violente et longue détention à Kaluga.
Dans ce temps, l'évèque de Krakovie Soltik, revenait dans ses foyers. Animé du sentiment qui le distinguait toujours, il rencontrait partout Testimeet Tadmiraiion qui redoublaient. Son esprit patriotique pénétra dans les lieux les plus éloignés de la Pologne et ranima tous les sentiments. Les diétioes préparatoires, déployèrent le plus vif enthousiasme pour la cause de Tindépendanee nationale. De tous c6tés et particulièrement dans les palatinats de Kiiovie, de Volynie et de Krakovie on présentait des protestations contre le démembrement et contre la convocation de la diète forcée el irrégulière. Plusieurs diétines ne se réunirent point. Il y en eût trente-deux qui furent rompues , et dans beaucoup d'autres on se sépara sans vouloir élire les nonces de la diète destinée à Tobéissance et à la soumission. La Prusse polonaise n'envoya plus de nonces. En Litvanie à peine les districts de Grodno, de Kovno, de Minsk et de Novogrodek envoyèrentils les leurs. Les terres de Zakroczim et de Vyszogrod, le district d'Opatov et beaucoup d'autres tinrent la même conduite et refusèrent d'y avoir leurs représentants. La convocation réitérée des diétines par les seconds universaux n'eut pas non plus de succès (32). Mais s'il faut admirer
quMl s*y comdamne lui-même , se reconnaissant trés-crimiuel, parce qu*ii avait laissé vivre TintrusPonialovski, car il considère qne c'était par lui seul que la république avait péri el que lant de milliers d*hommes avaient été massacrés qu'il y aurait encore tant de malheureui; que les lois avaient été annulées et la liberté changée en servitude et en esclavage. {3i) Sans être instruit des affaires de Pologne, je parierais tout au monde qu'il y a plus de lumières dans la diète et plus de vertu dans les diétines (J.J.Rousseau, dugouv. de Pol. chap. 7). — Je suis convaincu que Ijs nobles polonais n'ont été si supérieurs par leur courage et par leur énergie à tous ceux de l'Europe, que parce qu'ils se rassemblaient plus souvent en public. C'est dans les diétines et dans les diètes, dans les confédérations enfin des districts, des palatinats et de la nation, queTesprit public s*est montré dans toute sa vigueur (Garrande Goulon, recherches polit, sur rétald6 la Pol. IV, 7).
DE DgLÉOATK»^. 70
cette répugnance à coopérer à la honte et à rhuniiiiation de la patrie , il faut déplorer qu'il n'y ait pas eu dans un temps opportun plus de force à résister et à combattre. EnOn , au milieu de tant de tergiversations , la diète extraordinaire s'assembla le l\l avril 1773, très-incomplète.
5S» neilen; Gonréd^raUcii de Poninak.!» 1773.
On qualifia du nom de diète cette réunion peu nombreuse ; mais on n'espérait guère avancer beaucoup sans y proclamer une confédération. Adam Lodzia Poninski , maître d'bôtel de la couronne, nonce de Liv, déclara qu'il en serait maréchal pour la couronne et que Michel Radzivill porteglaive de LLtvanie, serait maréchal pour sa province. Au moment où ils entraient, en voulant lever les bâtons de leur dignité usurpée , Thaddée Reiten et Samuel Korsak ^ nonces deNovogrodek, Vilezcvski, nonce de Yilna, Stanislav Bohuszevicz, nonce de Minsk et plusieurs autres Litvaniens protestèrent contre des procédés dérogeant à la loi , à la liberté et contre l'usurpation arbitraire de la dignité de maréchal , démarche inouïe et sans exemple. Leur résistance était opiniâtre au dernier point. Nuit et jour ils siégèrent , ils couchèrent dans la chambre , fulminant leurs imprécations » conjurant leurs collègues de ne point céder et soutenant leur opposition malgré la formation de la confédération dans le domicile particulier de Poninski» le 20 avril, et du tribunal de la diète confédérée, malgré l'envahissement par des soldats et les menaces les plus terribles. L'inflexible Reiten fut particulièrement secondé par Rorsak, qui déclara à Stackelberg, qu'en livrant à l'avidité des ennemis tout ce qu'il possédait et sachant qu'ils pouvaient disposer de sa vie, il ne connaissait point de souverain assez riche pour le corrompre , ni assez puissant pour l'effrayer. Plusieurs jours se passèrent avant que Poninski avec ses adhérents réussit à s'emparer de la salle défendue par la voix de ces ardents représentants. Cependant le tribunal de la confédération condamna et éloigna de la délibération Reiten et ses trois autres collègues; et le 23 avril les confédérés occupèrent définitivement les chambres des débats. Les