IV. PERTURBATIONS. 3ïl
vJDces romaines; la féodalité, en y péDétrani, ne pouvait ja* mais s*y établir avec toutes ses conséquences ; leur participation à des croisades variées, éprouvait des modifications loca* les qui produisaient d'autres résultats; ils avaient chez eux une liberté primitive que la civilisation ancienne n*a pu détruire avant Tintroduction du christianisme ; leur génie agricole ou commercial était loin de partager Tindustrie trop rafinée ; leur royauté devenait élective , et les villes se constituaient pour la plupart comme étrangères à la nation. C'étaient des colonies qui apportaient aux bourgeois des pénates ennemies, et les plaçaient au sein des états qui leur donnaient rhospitalité. En un mot, tous ces états composant un tout autre système politique que ceux d'occident, pour les juger et comparer, il convient mieux de chercher la différence que la ressemblance, la vérité y gagnerait plus. La Pologne surtout se distingue par la répugnance pour les croisades et le féodalisme ; par son génie agricole (432); par son caractère republicain, où le roi n*est qu'un magistrat, qu'un chef élu, et le principe d'égalité civique, le nerf de l'organisation politique. Il est plus prudent de la comparer à des républiques de Rome et d'Athènes (433). Y a-t-oo proposé un tiers-état comme chose utile aux plébéiens ou aox esclaves? «t moi je ne sais ce qu'aurait fait chez eux un tiers-état. Lorsque la lutte s'engage un à un, le tiers n'a rien à faire. Déplorons qu'une lutte semblable ne se soit pas engagée en Pologne avec quelque consistance. Celle qui éclatait momentanément , malheureusement, n'avait pas de forces égales, la force matérielle pouvait se mesurer de part et d'autre, mais la force morale ne s'était pas formée, manquait d'organe assez puissant, ne s'est pas élevée
(432) Etablissez les manufactures de première nécessité ; multipliez sans cesse vos bleds et vos hommes, sans vous mettre en souci du reste. (J.-J. Rousseau, Considérations wr le gomierMment de Pologne, chapitre XI ) .
(433) « Je reviens, » dit J.-J. T.ousseau, après avoir caract^isé l'esprit des aocienoes républiques, « je reviens avec plaisir à celui de tous les peuples d'aujourd'hui qui m'éloigne le moins de ceux dOnt je viens de parler (Considéra^ons sur le gowemement de Pologne, cha* pitre II ) .
dignement d*aucun c6té. La force brutale épuisait les deux partis» sans ^tre appuyée par le but. Privée de l'idée , de la force morale , elle ne pouvait se prolonger et marcher graduellement. C'est la foudre, dont l'éclat instantané ne laisse aux deux partis qu'épouvante et désolation. On pourrait dire, d'après les idées monarchiques, que le roi devait agir en faveur des classes non-nobles, former un tiers-parti, combattre l'égoTsme de Tordre équestre. Il avait certainement des ressources à sa disposition. S'il ne pouvait se servir des trésors de la république des kozaks , de l'armée. Il avait assez de revenu et était riche, il était maître des villes royales , par conséquent des villes les plus importantes, des cités et capitales des provinces. A Rome , aucun consul , aucun magistrat n'aurait agi contre Tordre établi, contre la loi de son propre chef, au risque d'être précipité du haut de la roche tarpeîenne. Aussi je ne sais pas quel sort pouvait attendre en Pologne celui des rois qui aurait entrepris quelque usurpation par Tentremise de la bourgeoisie, qui aurait tenté d*armer celle-ci, de la préparer à un engagement avec l'état. Aucun n'y a pensé. Tant de tergiversations royales ont occasionné de grands malheurs, cette autre ne pouvait produire que des résultats extrêmes. Mais puisque la Pologne réellement avait la bourgeoisie , et pouvait avoir un tiers-état possédant les villes commerçantes, industrielles et fortifiées? Admettons un moment une puissance active de ce tiers-état, quel effet pouvait-il en résulter? Afin de résoudre cette question, ne consultons pas les histoires de Toccident, mais la marche des événements du lieu , qui sont à même de nous révéler quelque probabilité plausible. Eh bien! il est notoire qu'avec la prépondérance des villes et de la bourgeoisie, la loi et les droits allemands menaçaient les principes et l'esprit de la république, la nationalité et Texistence de la Pologne. En donnant le gain à la prépondérance de ces autres éléments, elle aurait inévitablement succombé. Il est notoire que les parties de Tancienne Pologne, limitrophes de l'Allemagne ont subi ce destin. C'est en grande partie Taction du tiersétat tel qu'il pouvait se former dans la Pologne entière , et qui, dans ces parties imputées effectivement» était assez puissant. Et onse demande ce qu'y a gagné la classe laborieuse des agri-