CHUTE ET RÉFORME
DEPUIS 178a JfUSQUA 1792, QUATRE ANS,
TllL I^i^le cûDslilu$nle.
Le ««IliiMt de Pélersbourg fixant un œil avare sur la Tiir^vie, raveirail souvent au projet d'çxpulser les Turcs ée l'Europe, de déltvrer la Grèce et de rétablir fempire â^Oeieat,en bM eumettant à sa domiiiation. Si au renou- Telleinent des éifll^rettds et des guerres contre la Turquie , ii ne. eomppemït poiat publiquement ses idées ftivorites, néaonmnS' se» projets parurent acquérir plus de maturité, oisqa« Faliomktne dirigea les affaires de Tempire. Le dernier traité avec la Porte-Ottomane, conchi en 1774, à Ka'tnardji, gara^Nssait Findépendance de l^ Krimée; c'était soumettre cette province importante as protectoratde la Russie. Effectivement, en 1782, la Krimée se courba sous sa suprématie,, Qtjtniçutjôt, en 17^1 ?lte {«VoqciHgfcé? et «b^iigéèen u.lQ^(Q^^i^(^ia^Ht idvofPi^réf) k T^o^pire i^i^. La Tuth q|i;^^$iz^ içi^ qlHÂeée 4^ rafcifer cette r^a^ine, cedéinremàcemeiii 9f^(|a^» Eu- 17^ , Vimpéralrits^ Catherine li .alla visiter ce.tjùl QQUiVdÂQ ae^akiitioaet le 7 mai S^aïusMt-T^ Auguste 1» rmeuMittea àKaaiovf au. mois de juin l'empereur Jk)seph li, héffUiet de toutes les c<HM'oniies de Mari^Thé^èse sa mère, apr^.kidéoès cl&eelie^et,vint aus^ à cerendiez-voiis eiacoompêffMi Qatbepiiie II", jusqu'à Cbersen en Krifliée ; m«is son relent dans ses élate fut d'autant plus rapide, qu'une révolte en Belgique exigea sa présence et son attention la plus sérieuse. Il semblait que la réunion de ces trois tètes couronnées
DIÈTE COmirrUANTE. 115
a^raatfOiHfobfeilafdëcitrallQii de goerre contre I^Fôrte^Ottomane : cepesdant Isi déeisioft formelfe n'enr transptr» pas dans le pobfk; $ta«Ji$)cv*Aiig«st^, âe* refiom* , Mi seuTemeirt emptesséd'iâeîreràLaMenki, près deTarsevfeoà était sonr château dMté, wiiB statoe équestre de Jean Seèieskî ftyotaiti aitx piedslealurcs^el de don«er des^speclaoles analogoetr. Il ne poiryaat eneflélentrepfMydre la guerre avee la Tuf^ule, parceqiie les états de l^a république n'^aupaient jamaisr consenti à eombaAtveune puissance qurmaintenait religtessemetit tes traitésr à» paix ek d'amitié afrec eUe, et bientôt 1« Frusse* dissuada ta coiw de Varsovie, de prendre- aucutte participation à la guerre centre laForte-OttoMiane. Les deux antres puissances déclarèrent la guerre. !Dans la même année de 1797, au moisd'aoùt, la Russie commença ses bostilités contre les Turcs ; TAutriche suivit bientôt son exemple-. Mais si la première, victorieuse, triompfaaitsur renaemi, Tautre ne pouvait jouir de la môme foctune, ayant à redouter les événements qui se passaient en Belgique, où rinitatien, rinsurreetion et les révoltes étaient loin d'être assoupies.
as; La inteaiioe de la Hmsie faR ombrage a là Prusse et a l'Angleterre.
Cependant la guerre de la Turquie ne pouvait être indifférente »ttx intérèts^ et à la politique des autres cabinets. L'Angleterre et la Hollande craignaient que la Russie et- TAutriolie ne devinssent trop puissantes et ne déchirassent la Turquie. La Prusse regardait ces événements d'un œil inquieb. Après la mort d^ Frédériit H , son neveu, Frédéric- Gailbmm» H, lui succéda. Ce prince ne suivit pas longtemps la politûiue: de son oncle , si ce n'est son astuce et sa mauvaise foi. It se- Vît sous L'influence des partis français ou angtais; il prêta Toreille aux intrigues superstitieuses qui Fentbnvaient et le trompaient; il s'alitacha- au parti de l'Angletenre, (kmt le ministre Hert^berg était le cbef. Celui-ci possédant toute la canllance de son maître Frédéric-Guillaume il, traça un- nouveau plan , dont le but tendait si non à abaisser TAntriche, du moini^à l'a tenir dans des bornes resserrées- auësi Uen que la'lRussie son alHée; iFespérart que
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par cette intervention diplomatique, le royaume de Prusse pourrait à l'occasion favorable s'accroître extérieurement par quelques acquisitions. A cet effet une armée considérable fut réunie dans la Silésie pour observer les chances de la guerre des deux puissances impériales. £n même temps, le cabinet de Berlin, conjointement avec celui de la Grande-Bretagne, excitait la Suède et la Pologne, en leur faisant entrevoir comme prochain le moment favorable pour se délivrer de l'influence de la Rus»e. Le pétulant Gustave III, roi de Suède, après avoir introduit plusieurs améliorations dans son pays, déclara la guerre à la Russie. Quant à la Pologne, elle n'avait pas dans son roi un homme aussi entreprenant , mais , travaillée par la Grande-Bretagne et la Prusse qui se tenaient toutes deux prêtes à la guerre, s'il fallait la soutenir, elle se mit dans une attitude respectable, et voyant la Russie occupée de deux guerres différentes, elle commença d'un pas bardi et bien réfl^hi , une réforme intérieure qui devait la soustraire à la déplorable influence du cabinet de Pétersbourg.
SU' la di^te encouragée par la Prusse et l'àngleterre » 1 788.
Vers la même époque, approchait aussi le terme d'une diète ordinaire. Elle fut ouverte le 6 octobre 1788 et le jour suivant; dans le but d^assurer la inarcbe de ses travaux , on avait formé unanimement une confédération présidée par les maréchaux de la diète , dont l'un était Stanislav-Nalencz Malachovski, référendaire de la couronne et nonce dé Sieradz; l'autre, Kazi mi r-Nestor Sapiéha, général d'artillerie de Litvanie. Cette diète, à cause de sa longue durée, de ses grands travaux et. du nombre des nonces qui la composaient, double de ce qu'il était d'ordinaire, fut appelée diète de quatre ans, grande diète ou diète double, ou enfln diète constituante, parce qu'elle devait proclamer une nouvelle constitution; diète qui ne vit pas sa clôture, parce qu'après une durée de quatre ans, elle suspendit ses délibérations et ne les reprit pas depuis. Le 18 novembre 1788, le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume II, déclarait officiellement qu'aucune garantie russe, imposée à la constitution existante en Pplo^e, ne devait em-
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pécher les Polonais de changercelle-oî, ni mettre des entravés à la liberté nationale et à Tindëpendance de la répablique. Il recherchait l'alliance delà Pologne, en déclarant écarter toutes les difficultés qui pourraient Fentraver. Tantôt immédiatement par lui-même, tantôt par Torgane de ses ministres Buchholtz ou Luccbésinî, il ne cessait de soutenir les nonces et de les encourager à une activité sans relâche, Halles , ministre résident d*Angleterre appuyant les propositions du cabinet de Berlin , faisait entrevoir aux Polonais des espérances non moins brillantes pour ta cause de leur indépendance nationale. A la séance du 9 décembre t7S9 , on nomma et Ton envoya auprès des cours étrangères les ministres $ujvaBl& : Pierre Potocki, staroste de Szczirzec , en Turquie; Adam Rzevuski, en Danemark ; Georges Potocki, staroste de Tlomackie, en Suède; Michel Ctéophas Oginski porte- glaive de Litvanie, en Hollande; te prince Joseph Czartoryskl , pourvoyeur de la table (stolnilc) de Litvanie, à Berlin ; lean Nepomucène Malachovski, à Dresde ; Thad^e Morski , eu Espagne; François Bnkaty , à Londres; Stanislav-Kostka Potocki , en France; Félix .Potocki, général 4'artUlerie de la couronne y à Pétersbourg.
S5« Les partis, le roi se réunit a la nation.
Les opinions différentes des membres de la diète , influaient infiniment sur la formation des partis. Le plus puissant et le seul national, comme le temps le prouva, fut le parti qui dirigeait tes délibérations de la diète, appuyé sur Famitié du roi de Prusse, sans égard aux traités existants entre la Pologne et la Russie , traités dérogeant à Vittdépendance et à la Vtbre discussion. Les autres partis contraires au précédent étaient loin de vouloir ofif^nçer ta Russie, encore moins de rompre avec elle, et dédarareOt teur résolution de rester fidèles aux traités existants avec cette puissance. Cependant la diversité de leurs intérêts , enfonta la mésintelligence , et Ton oompta d'at>ord , trois partis russes, savoir: celui du roi , celui de Félix Potocki et celui de Patiomkine , à la tète duquel se plaça François- Xavier Branicki^ lictmandelattouronne, mariéà£ngelhardt,
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nièce de Patiomkme, feld-maréchal de Russie. En peu de temps , il Jie resta que ce dernier : le parti de Félix Potocki fut dissousj oelui du roi, affaibli pai* les intrigues de Brankki, se léunit au parti national qui 6)rmait 4e parti patriotique allié deia Prusse.CerbakQement, dans les votes delaehamW, cette réunion valait quelque chose : mais 4a J4»iiction du roi au parti patriote n'était qu'une cogyeaance peut-être oé- ^essaire^ mais désagr^ble^ fastidieuse , fictiTe, et fausse au fond. I^ positiOB de Sta^iislay-Auguste était triste et vraimeAt rebutante, il s'était aliéné l'aristocratie qui ne se rapprochait de lui qu'avec dédain. £ile dui reprochait qu'il s'antouxait de gens obscurs, qu'il se fiait à des favoris et à des avÊntufier3 de hasse extraction ($0). Qu'on ne pense pas qu^il s^it gagné par ce ohoix l'opinion populaire. Les comnftotions patriotiquesauxquelles il n'avait nullement participé,et coutre lesquelles il s'était déclaré; son élévation â la royauté par la Russie 9 qui le soutenait sur le trône ; (tant de manifestations nationales «coatre lui ^ «a servitude de vingt années , avaient avili sa pers<>aAe.Il aiîectaitdepr^t^er le talent, et les i^ens 4e caractère le .n)^ls«|eat, M be^coup d'iurnimes de talent supérieur évitaient jusqu'à ses i^wns littéraires. Dans l'ombre d'une gravité majestueuse, sa vie déréglée contribqait à ^a déconsidération. On comptait ses conseillers de confidence et de confiance dévoués à la Russie. Lui , jouet de leur politiqme^se consolait dasts ses iMiBûtés avec ses deux frères^ le primat Mid:iel-Georges et l'atné J^azHulr.Qil^l su£cès pouvait doue produire l'allianiçe des patriotes avec oe chef d'état J^u^Bi, ipa|^ la réunion du roi et des patmoles, une bonne harmonie et une certaine confîance n'aririrèrent «ntre eux que hien tard. Sans égard pour de i^b^x ajatécédei^ts , on se rappelait qu'à la diète même le roi 4vait parlé longtemps ^n faveur 4e l'alliance avec la Russie, de la bon^e volonté 4e l'impératrice, 4e sa magaanimité. H écputait avec calme et pat^enre^i les reproches sévère^, dç.^
( 60 ) ûp <epnH»Uiit F^rpi ses fayofis KocHABzexslLi , ^i^rtipelU 4^urM9daU, m^y^ ^aasdesvMssîMiB partiçifli^ipes et4iplûmaljgfiefi; 4riU)ld iBiys^evâU ^o ancien dooieslique; 4R^ jon Gdéle valet 4^ cbambre , eUi,
coNsnrigÀNTE. «19
tnUgo&iitefi i il était mmnteB ibis iinpoitM* ant orèièiihr plus emportés de ne f^ i«i faire Mitlf pubUqtnetneitt ^tte ses ancicarniefi liaisèns avec Calhei^ne ti ^ étaietii les ôàivses de tms les malhears du pèf%, 8a participation GOntimMUa è tontes les «apéinitlons delà dièle, som Itttftiiitd avec le oaliiAel de Berlin lorsqu'elles farevit ^s éprouvées , rapproeiièreiil enfin les esprits. On répétait avec contentement : «Le roi avec la nation et la nation aTto te roi. » La confiance mutuelle reparut enfin , Vinfluence et la coopération directe de Sta* Mslav^Avgvste eus travaux de ta 4ièta, en aiviiii^eAt la mareheet semblèrent on cbasottder les résultais.
99^ lâéÊMÊfB d^0k* «il ^Ml rttèe^
Au milieu de ceséténements, lefiatti de Branicki PatlNimkine , était le seul Implacable daiis ses résotnHons ; ftii^itl teujours valoir la nécessité de Tamitié-éela Aas«ie^ H é4h tedait ies itisilittttions ar«èliées sous sa proteelion et formai» l^eppositien la plus rusée «I la plus epinlàlre. fias traiiMiJc de la diète langaissatevt au «litlev des eÉvpècbemieiits qu'il suscitait €ette< opposition enveiiimslt des débats Intertni** ftables, absorîialt par des diseussions fatigusfntes «n temps précietti , proposait des questions minutieuseftet sans censéquenc») engageait 1 les etsiminer, peur entraver là mereiie des afitaires majeures et de pins haute importance. Autant ces a»is de la fcrturliatioii pseféraient de cris «t causaient de tumuKie eu persiftanit dans leurs résolutions ce«pables> autant lespa<«ietes paraissaient 'Caiines etpeiué^ vérams, pleins de ^nité et tuéliranlaèles. L'éleqnence d'OA grand Bombmd^oraleurs> dtgnaee et de Stanistav-Kostlca Potocki, de Pie Ricinski , de Julien Niemceyicz, de Weissenbof et de tant d'autres ^ renversait les argumentations du parti ennemi. Une tournure «droite, donnée aux débats de rassemblée, la bienveillasMt et la medération avec lesquelles les objections étaient écoutées avaient plus d'une fois écarté kj5 codAranétéfi. On cbèrcta les moyens de gagner les opposants» ilaaîs.ceà ééRlarches ceatèrelit sans résultats, trè&HSonvent ouhnes eiles devinrent nuisibles* On voulut tes cahner, c» tes isMîtant à paiftisiper i resécutioâ de ee